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Le système financier marocain gagne en solidité et confirme la confiance des ménages, selon Bank Al Maghrib, l’ACAPS et l’AMMC
En 2024, le système financier national a confirmé sa robustesse. Selon le dernier rapport sur la stabilité financière, publié conjointement par Bank Al-Maghrib, l’ACAPS et l’AMMC, le secteur a atteint une taille globale de 3.441 milliards de dirhams, soit une hausse de 9,8 % par rapport à 2023
Le 12e rapport annuel sur la stabilité financière dresse un tableau encourageant de la résilience du système financier marocain en 2024. Tandis que les banques, les assurances et les marchés de capitaux consolident leurs fondamentaux, les ménages affichent une confiance renforcée, traduite par une hausse notable de leur patrimoine financier, dépassant les 1.100 milliards de dirhams.
Des fondamentaux solides dans un contexte économique difficile
En 2024, le système financier national a confirmé sa robustesse. Selon le dernier rapport sur la stabilité financière, publié conjointement par Bank Al-Maghrib, l’ACAPS et l’AMMC, le secteur a atteint une taille globale de 3.441 milliards de dirhams, soit une hausse de 9,8 % par rapport à 2023. Ce volume représente 216 % du PIB national, illustrant le poids considérable de la finance dans l’économie du pays.
Le secteur bancaire, en particulier, conserve sa place centrale avec près de 61 % des actifs totaux du système. Malgré un contexte macroéconomique contraint, les banques ont maintenu des indicateurs robustes en matière d’activité, de rentabilité, de liquidité et de fonds propres. Les tests de résistance menés sur les principales institutions bancaires, à partir des données arrêtées fin 2024, ont conforté cette solidité.
Du côté de la Bourse, la part du secteur financier dans la capitalisation a légèrement fléchi, passant à 39,86 %, contre 40,58 % en 2023. Cette présence reste toutefois significative, portée par sept banques, cinq compagnies d’assurance et quatre sociétés de financement.
Les assurances poursuivent leur croissance équilibrée
Le secteur des assurances affiche une progression régulière. Le chiffre d’affaires global a atteint 58,8 milliards de dirhams en 2024, en hausse de 5,1 %. Cette croissance est équilibrée entre les branches non-vie (+5,2 %) et vie (+5 %). La branche vie, notamment, a repris un rythme soutenu après un ralentissement marqué en 2023, avec seulement 1,8 % de croissance cette année-là.
Les ménages renforcent leur patrimoine financier
Parallèlement à la santé des institutions financières, les ménages marocains ont vu leur patrimoine financier s’accroître de manière significative. Il s’élève à 1.109 milliards de dirhams, soit une hausse de 8,1 % par rapport à 2023. Ce dynamisme est principalement dû à l’augmentation des dépôts bancaires, notamment les dépôts à vue qui ont bondi de 10,1 %, atteignant 618 milliards de dirhams. Ces derniers représentent désormais 69 % des dépôts totaux des ménages, contre 67 % en 2023 et 61 % en moyenne sur les dix dernières années.
Cette évolution traduit une nette préférence pour la liquidité, les ménages optant pour des placements facilement mobilisables, dans un environnement marqué par des rendements faibles et une aversion au risque plus prononcée.
Les placements évoluent : entre prudence et diversification
Les comptes d’épargne continuent leur progression à un rythme modéré (+2,9 %), atteignant 185 milliards de dirhams. En revanche, les dépôts à terme poursuivent leur déclin, avec une baisse de 1,1 % pour s’établir à 82 milliards de dirhams. Ils ne représentent plus que 9 % des dépôts, contre plus de 18 % dix ans auparavant.
À noter cependant l’essor des banques participatives, dont les dépôts d’investissement ont bondi de près de 16 %, atteignant 2,5 milliards de dirhams. Cette dynamique illustre l’émergence progressive de nouveaux acteurs dans le paysage bancaire marocain.
En parallèle, les contrats d’assurance-vie détenus par les ménages ont progressé de 8,2 %, maintenant leur part autour de 11 %. Cette stabilité traduit une confiance continue dans les produits d’épargne à long terme.
Autre fait marquant : les placements en valeurs mobilières ont grimpé de 15,5 % en 2024, après déjà 11,4 % en 2023. Ces investissements s’élèvent désormais à 81,5 milliards de dirhams. La grande majorité (95 %) de ces actifs est constituée de titres de propriété, tels que des actions et parts d’OPCVM, qui ont augmenté de 22 % sur un an.
En revanche, les titres de créance privée – obligations et certificats de dépôt – ont reculé de 34 %, pour tomber à 3,4 milliards de dirhams. Quant aux titres souverains, ils ont fortement diminué, passant de 1,7 milliard en 2023 à seulement 400 millions de dirhams en 2024.
Une confiance renforcée dans le système financier
Dans l’ensemble, le rapport témoigne d’une stabilité accrue du système financier marocain. Il révèle une confiance croissante des ménages dans les institutions bancaires et les instruments financiers. Malgré un contexte international incertain, le Maroc semble avoir posé les jalons d’un environnement financier plus solide, diversifié et adapté aux nouveaux défis économiques.