Le tour de Mawazine 2025 : Vingt ans d’alchimie musicale, de rencontres vibrantes et d’héritages partagés

Le tour de Mawazine 2025 : Vingt ans d’alchimie musicale, de rencontres vibrantes et d’héritages partagés

Tout a commencé par une explosion de décibels à l’OLM Souissi. Le Néerlandais Afrojack a ouvert le bal en mettant le feu avec un set où l’EDM rencontrait le gnawa

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Du 20 au 28 juin, Rabat et Salé vibrent au rythme de la vingtième édition du Festival Mawazine‑Rythmes du Monde. Neuf jours où l’art s’érige en passerelle universelle, où la diversité des styles – du rap à la k‑pop, du chaâbi à l’opéra oriental, du reggae à la pop arabe – a célébré la richesse de la scène musicale mondiale. Une aventure où la mémoire des sons devient un lieu de rencontres, de métissages et d’émotions partagées. Tour guidé des différentes scènes.

Le réveil des géants du rap international

Tout a commencé par une explosion de décibels à l’OLM Souissi. Le Néerlandais Afrojack a ouvert le bal en mettant le feu avec un set où l’EDM rencontrait le gnawa. Le DJ, collaborateur de David Guetta, Pitbull ou encore Beyoncé, a enchaîné ses classiques tels que Take Over Control, Ten Feet Tall, ou Shockwave, avant d’offrir une version inédite du tube marocain LM3ALLEM de Saad Lamjarred. L’alchimie était totale : un jeu de lumière magistral, des basses profondes et des refrains scandés à l’unisson.

Plus tard dans la soirée, la scène accueillait l’incontournable 50 Cent. Avec des classiques tels que In Da Club, 21 Questions, Candy Shop ou Just A Lil Bit, le New‑Yorkais a rappelé à des milliers de spectateurs l’âge d’or du hip‑hop des années 2000. Survolté, le public a chanté, dansé, levé les bras, porté des pancartes à l’effigie du rappeur. Un voyage dans le temps où les souvenirs des années G‑Unit renaissaient, tels des fragments du passé que la nuit de Rabat venait raviver.

Les divas du monde arabe à la conquête du Théâtre Mohammed V

Pendant que la scène de l’OLM Souissi vibrait au son du rap, celle du Théâtre Mohammed V accueillait des trésors du patrimoine musical arabe. Wael Jassar a ouvert le bal, livrant un concert où l’émotion se faisait palpable à chaque refrain. Avec des classiques tels que Gharib El Nas, Koli Waâd ou Betewhacheiny, le chanteur libanais a envoûté l’assistance, tandis que des youyous et des ovations emplissaient la salle. L’artiste a conclu la soirée par des extraits intemporels du répertoire arabe, tels que Alfi Lila W Lila d’Oum Kalthoum et Wa Hayatak Ya Habibi de Sayed Mekkawi, célébrant ainsi le lien profond entre le passé et le présent.

C’est la délicate Carmen Suleiman qui avait ouvert la scène du théâtre avec un concert où la grâce du classique rencontrait le rythme des musiques contemporaines. Drapée d’un caftan marocain, elle a interprété des morceaux tels que Ya Gamalak, Habayt El Raqs ainsi que des classiques du patrimoine marocain, comme Hiya Hiya de Hajja El Hamdaouia. Accompagnée du jeune artiste marocain Sami Chrayti, elle a symbolisé le dialogue naturel entre générations musicales.

Les icônes du raï, du chaâbi et de la chanson populaire marocaine

À Salé, la scène du festival s’est transformée en un lieu où la mémoire du chaâbi marocain s’est réveillée avec intensité. Hamza Senhaji, Adil El Medkouri et Hajib ont offert plus de trois heures de concert où l’héritage musical marocain s’est mis à dialoguer avec le présent. Depuis l’hommage émouvant de Hamza à son père, le légendaire Saïd Senhaji, jusqu’au jeu virtuose du violon d’Adil El Medkouri et à la force vocale de Hajib, chaque moment a été salué par des spectateurs en liesse, reprenant à l’unisson des classiques tels que Aïcha, Chérie ou Aml Hbibi Ma Jach. Ce concert a été un manifeste vivant du lien indestructible entre la scène du chaâbi et le peuple marocain.

Le reggae de Burning Spear enflamme le Bouregreg

Sur la rive gauche du Bouregreg, le public s’est laissé emporter par le flow profond du légendaire Burning Spear. L’icône du reggae jamaïcain a envoûté l’audience avec des classiques tels que Columbus, Jah Nuh Dead ou Marcus Children Suffer, tandis que le son profond du tambour rouge s’alliait à des jeux de lumière spectaculaires. Le charisme du vétéran du reggae a transformé la scène du Bouregreg en un lieu de spiritualité où la parole du peuple, l’héritage africain et la mémoire du rastafarisme prenaient vie.

Le glamour de Ruby illumine la scène Nahda

Dans le même temps, du côté de la scène Nahda, Ruby, la sensation du pop arabe, a séduit le public de Rabat avec une prestation où l’énergie scénique et la richesse vocale ont illustré tout le poids de la scène arabe moderne. Depuis Albi Plastique à Leh Bydary Keda, en passant par Ya Rmouch et Ya Layali, elle a enflammé la nuit marocaine. Clôturant son concert drapée du drapeau marocain, elle a immortalisé un moment où l’intensité du spectacle est venue épouser la chaleur du peuple.

Mawazine, vingt ans d’alchimie universelle

Vingt ans après sa création, Mawazine‑Rythmes du Monde reste ce lieu où toutes les frontières tombent, où la musique devient langage commun, où l’héritage du passé dialogue avec l’audace du présent. Avec plus de deux millions de festivaliers pour chacune de ses éditions, cet événement majeur s’ancre aujourd'hui parmi les plus grands festivals du monde. Et du 20 au 28 juin 2025, Rabat et Salé auront été plus que jamais le carrefour où se rencontrent toutes les musiques, toutes les sensibilités, toutes les émotions.

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