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L’égalité homme-femme dans l’administration : un impératif constitutionnel et un défi collectif
« L’égalité administrative n’est pas une option, mais une obligation qui interpelle directement le législateur et les responsables publics » (Hassan Tariq)
Rabat – L’égalité homme-femme dans l’administration marocaine ne peut plus être un simple principe inscrit dans la Constitution. Elle doit devenir une réalité vécue au quotidien. C’est le message que le Médiateur du Royaume, Hassan Tariq, a adressé mercredi à Rabat en ouvrant un atelier interactif consacré à "L’administration marocaine et les enjeux de l’égalité Homme-femme".
Une exigence de vigilance et de cohérence législative
Pour Hassan Tariq, l’égalité administrative n’est pas une option, mais une obligation qui interpelle directement le législateur et les responsables publics. « L’administration doit s’imprégner d’un référentiel de valeurs moderne », a-t-il déclaré, appelant à une observation stricte des dispositions constitutionnelles qui consacrent l’égalité et la non-discrimination.
Cette exigence, a-t-il poursuivi, doit être accompagnée d’une justice capable de protéger efficacement les droits et d’institutions engagées dans la promotion des valeurs universelles. Si des avancées significatives ont été enregistrées – notamment en matière de représentation féminine au Parlement et dans les collectivités territoriales – l’enjeu reste de faire de l’égalité administrative un réflexe systémique et non une simple revendication conjoncturelle.
Des réformes, mais un enjeu encore sous-estimé
Le Médiateur a salué la dynamique enclenchée par les réformes administratives récentes qui ont permis de structurer un "tissu institutionnel" de soutien et d’autonomisation des femmes. Toutefois, il a souligné que les questions liées à l’égalité administrative demeurent encore à la marge des débats politiques, souvent réduites à des considérations techniques plutôt qu’à des engagements politiques forts.
« L’égalité administrative est intrinsèquement liée à la loi », a-t-il insisté, plaidant pour un effort concerté de mise en œuvre, d’évaluation et de plaidoyer.
Un programme pour mesurer et ancrer l’égalité
Le programme "Vers une administration de l’égalité", lancé par l’Institution du Médiateur, se veut une plateforme de réflexion collective et de dialogue. Il vise notamment à élaborer un indicateur national sur l’égalité administrative, permettant de mesurer concrètement les progrès réalisés, et à ouvrir un débat public sur la cohérence entre les textes normatifs et les pratiques réelles.
L’objectif : favoriser l’appropriation collective de la valeur de l’égalité et son intégration dans les politiques publiques et le fonctionnement des administrations.
L’appui d’ONU Femmes et de la société civile
Présente à l’atelier, Zineb Chebihi, représentante d’ONU Femmes Maroc, a salué l’ambition de cette initiative, qu’elle considère en parfaite adéquation avec les engagements internationaux du Maroc, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).
ONU Femmes s’engage à soutenir cette dynamique par le renforcement des capacités institutionnelles, la production de données genrées pour mieux identifier les inégalités et le soutien aux efforts de plaidoyer pour une administration plus inclusive.
Autonomisation et accès aux droits au cœur des débats
Les travaux se sont articulés autour de deux sessions complémentaires. La première a exploré le lien entre politiques sociales et égalité, mettant en avant le droit des femmes à bénéficier des programmes de protection sociale et de relogement.
La seconde a abordé l’autonomisation administrative, politique et économique des femmes : accès aux documents administratifs, promotion aux postes de responsabilité, et amélioration des conditions d’autonomisation des femmes soulaliyates, longtemps privées de leurs droits fonciers.
Une administration qui se réinvente
En inscrivant la thématique "Vers une administration de l’égalité 2025-2026" au cœur de son agenda, l’Institution du Médiateur entend faire de l’égalité et de la non-discrimination une règle cardinale de la relation entre citoyens et administration. Ce programme s’appuie sur les prérogatives de l’institution en matière de gouvernance administrative et de détection des dysfonctionnements, tout en ouvrant la porte à une coopération étroite avec les partenaires gouvernementaux, les instances constitutionnelles, les universités et la société civile.