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Léger recul des prix à la production manufacturière : entre repli sectoriel et signaux contrastés
L’analyse détaillée du HCP révèle que le recul de 0,2 % de l’indice global est principalement dû à la baisse de 0,9 % dans les industries alimentaires
En avril 2025, l’indice des prix à la production des industries manufacturières, hors raffinage de pétrole, a enregistré une baisse modeste de 0,2 % par rapport au mois précédent, selon les dernières données du Haut-Commissariat au Plan (HCP). Derrière cette variation globale se dessinent des dynamiques sectorielles divergentes, reflétant les tensions et ajustements du tissu productif marocain.
Industries alimentaires en baisse, habillement en hausse
L’analyse détaillée du HCP révèle que le recul de 0,2 % de l’indice global est principalement dû à la baisse de 0,9 % dans les industries alimentaires – un secteur historiquement volatile en raison des variations des prix des matières premières et des chaînes d’approvisionnement. Cette contraction peut également s’expliquer par des ajustements saisonniers ou une demande intérieure moins dynamique.
Dans le même temps, l’industrie de l’habillement se démarque par une hausse notable de 1 %, confirmant un regain d’activité probablement stimulé par les commandes d’exportation ou les besoins de réassort des marchés locaux. D’autres branches affichent également des frémissements de reprise, à l’image de la fabrication d’équipements électriques (+0,2 %) ou de produits métalliques (+0,1 %), suggérant une possible vitalité industrielle, notamment dans les filières techniques et semi-transformées.
Stagnation dans les secteurs extractifs et énergétiques
L’absence de variation dans les indices des industries extractives, de la production et distribution d’électricité et d’eau traduit une relative inertie dans ces secteurs clés, souvent corrélée à des cadres tarifaires réglementés ou à des niveaux de production constants.
Les indices liés à l’extraction d’hydrocarbures, de minerais métalliques ou d'autres ressources minières demeurent inchangés, signalant une stabilité dans l’offre comme dans la demande, mais aussi l'absence d’investissements massifs ou de chocs de marché récents. Cette stagnation pourrait cependant masquer une vulnérabilité à moyen terme, dans un contexte mondial où la transition énergétique remet en question les modèles extractifs classiques.
Un environnement économique prudent
La baisse légère de l’indice global masque des réalités contrastées. Tandis que certaines filières tirent leur épingle du jeu, d’autres subissent les effets combinés d’une consommation prudente, de marges comprimées et d’un environnement international toujours instable.
Le tableau sectoriel montre aussi la persistance d’un noyau dur d’activités peu dynamiques (textile, papier, cuir, industries chimiques), souvent peu innovantes ou faiblement intégrées dans les chaînes de valeur internationales. À l’inverse, des hausses ciblées dans des branches plus agiles laissent entrevoir des opportunités à saisir, notamment dans le cadre de la relocalisation industrielle ou de la montée en gamme productive.