Les paradoxes du Maroc hub académique dans la région MENA en pleine croissance Vs un enseignement en crise

Les paradoxes du Maroc hub académique dans la région MENA en pleine croissance Vs un enseignement en crise

Selon l’UNESCO, le Maroc a accueilli près de 22 000 étudiants étrangers en 2022, se plaçant au 5ᵉ rang après l’Arabie Saoudite, la Jordanie, l’Égypte et l’Iran

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Le nouveau rapport de Campus France révèle que le Maroc figure parmi les principales destinations d’études dans la région MENA, avec 22 000 étudiants internationaux accueillis en 2022. Une reconnaissance stratégique pour le royaume, qui capitalise sur son potentiel éducatif et culturel pour se positionner comme plateforme universitaire influente. Pourtant c’est ce même Maroc qui souffre d’un enseignement à réformer.

Une mobilité étudiante en pleine expansion

Selon l’UNESCO, le Maroc a accueilli près de 22 000 étudiants étrangers en 2022, se plaçant au 5ᵉ rang après l’Arabie Saoudite, la Jordanie, l’Égypte et l’Iran. Ces chiffres soulignent la montée en puissance du Royaume comme destination académique de référence dans le monde arabe. Parallèlement, le pays reste un grand exportateur de savoir : en 2023-2024, 43 354 Marocains étudiaient en France, représentant 10 % de la population étrangère dans les universités françaises.

Excellence marocaine dans l’enseignement supérieur à l’étranger

Le Maroc est également largement présent dans les filières phares : 13 % des étudiants étrangers en écoles de commerce en France sont marocains (8 403 étudiants), juste derrière la Chine ([Morocco World News][1]). Dans les écoles d’ingénieurs, le Maroc est encore plus emblématique : un étudiant étranger sur cinq est marocain*, soit 6 035 inscrits, plaçant le royaume en tête. Plus encore, les doctorants marocains sont parmi les plus représentés à l’étranger, occupant la 4ᵉ place (1 229 étudiants).

Le Maroc, moteur de la mobilité africaine

Sur le plan continental, le Maroc comptait 74 289 étudiants à l’étranger en 2022, se hissant à la 18ᵉ place mondiale, contre la 21ᵉ en 2017. Il se positionne ainsi juste derrière le Nigeria et devant l’Égypte, illustrant son rôle de locomotive africaine. Ce dynamisme témoigne d’une stratégie plus ample : favoriser l’ouverture, attirer les talents et renforcer les réseaux académiques.

Au même moment au même Maroc

C’est ce même Maroc qui rencontre d’énorme difficultés à résoudre la crise de son enseignement résultant d’un cumul de déficits structurels : infrastructures insuffisantes, inégalités territoriales criantes, méthodes pédagogiques dépassées et formation lacunaire des enseignants. Malgré les réformes successives, les résultats peinent à suivre, freinés par une bureaucratie lourde, un manque de coordination et des résistances au changement. Les programmes manquent souvent d’adaptation aux besoins réels du marché de l’emploi, alimentant chômage et décrochage scolaire. Les défis sont autant qualitatifs que quantitatifs : garantir l’accès universel à un enseignement de qualité pour tous, tout en modernisant son contenu et sa gouvernance reste un chantier complexe, nécessitant volonté politique et moyens conséquents.

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