L’inclusion scolaire en recul : l’OMEI met en doute les chiffres du ministère de l’Éducation

L’inclusion scolaire en recul : l’OMEI met en doute les chiffres du ministère de l’Éducation

Selon ses données, issues des statistiques du ministère lui-même, indique l’OMEI, le nombre d’élèves concernés est passé de 95 000 en 2021 à 65 000 en 2025 — soit une baisse de 30 %.

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Selon l’Observatoire marocain de l’éducation inclusive (OMEI), le ministre de l’Éducation nationale, Saad Berrada, a présenté devant la Chambre des représentants des chiffres inexactes et contradictoires sur la scolarisation des enfants en situation de handicap. Les données officielles révèlent au contraire, indique l’OMEI, une baisse de 30 % de l’offre éducative inclusive depuis quatre ans, signe d’un recul préoccupant des politiques d’équité et d’accessibilité scolaire.

Des chiffres officiels remis en cause

Le 12 octobre 2025, Saad Berrada a affirmé que 70 000 enfants en situation de handicap étaient scolarisés et que 7 416 établissements accueillaient ces élèves. L’OMEI conteste ces chiffres que ses services lui ont fourni, soulignant l’absence de référentiel clair permettant de mesurer le degré d’inclusion dans les écoles. Selon ses données, issues des statistiques du ministère lui-même, le nombre d’élèves concernés est passé de 95 000 en 2021 à 65 000 en 2025 — soit une baisse de 30 %. Cette chute traduit, selon l’Observatoire, une politique d’exclusion silencieuse et l’incapacité du ministère à mettre en œuvre une stratégie durable d’éducation inclusive.

Une accessibilité limitée et une réglementation discriminatoire

Le constat est tout aussi préoccupant sur le plan des infrastructures. Seuls 3 300 établissements sur 13 000 disposent d’installations sanitaires adaptées, soit un taux de couverture inférieur à 25 %. Par ailleurs, à peine un établissement sur deux accueille des enfants présentant un handicap léger. Cette situation découle directement de l’arrêté ministériel n°47.19 sur l’éducation inclusive, publié en 2019, qui impose aux familles de signer un engagement écrit de paiement pour les services d’accompagnement scolaire. Une mesure jugée discriminatoire, contraire au principe de gratuité de l’enseignement et en violation des droits fondamentaux de l’enfant.

Une absence de volonté politique

L’OMEI regrette enfin l’immobilisme du ministère, qui refuse de réviser le cadre réglementaire existant ou de publier le décret d’application de l’article 13 de la loi-cadre 51.17. Cet article prévoit qu’un pourcentage d’élèves en situation de handicap bénéficie de la gratuité dans les écoles privées. En négligeant cette obligation, le ministère prive des milliers d’enfants d’un accès équitable à l’éducation et contribue à renforcer les inégalités sociales.

L’Observatoire appelle à une refonte urgente de la politique éducative, fondée sur la transparence des données, la révision des textes discriminatoires et l’investissement dans des infrastructures accessibles. L’école inclusive, conclut-il, ne peut être une promesse rhétorique : elle doit devenir une réalité vécue pour chaque enfant.

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