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Listes électorales : l’enjeu décisif de la transparence avant les législatives de 2026
Le nombre provisoire des citoyens inscrits sur les listes électorales générales s’élève à près de 16,5 millions à l’échelle nationale. La répartition par genre fait apparaître un taux de 54 % d’hommes et de 46 % de femmes, tandis que la ventilation territoriale montre une prédominance du milieu urbain, qui concentre 55 % des inscrits, contre 45 % pour le milieu rural. (Abdelouafi Laftit)
À l’horizon des élections législatives de 2026, la fiabilité des listes électorales s’impose comme un pilier central de la crédibilité du processus démocratique. Devant la Chambre des conseillers, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a défendu une approche fondée sur l’assainissement rigoureux du corps électoral, l’élargissement de l’inscription des citoyens, notamment des jeunes, et une mobilisation institutionnelle et médiatique d’envergure. Objectif affiché : garantir des élections transparentes, représentatives et capables de susciter une participation citoyenne à la hauteur des enjeux politiques à venir.
Des listes électorales fidèles à la réalité sociale
Pour le ministre de l’Intérieur, la qualité du scrutin commence bien avant le jour du vote. Elle repose d’abord sur l’existence de listes électorales reflétant fidèlement la réalité du corps électoral national. Abdelouafi Laftit a souligné que disposer de listes à jour, débarrassées des anomalies et conformes aux conditions légales d’inscription, constitue un préalable incontournable à des élections saines et crédibles. Cette exigence, a-t-il rappelé, a été largement partagée lors des concertations politiques ayant accompagné l’élaboration du dispositif législatif encadrant les élections de 2026, menées avec les partis politiques conformément aux directives royales.
Ces concertations ont mis en évidence deux impératifs majeurs : assainir les listes électorales existantes et réussir l’opération d’inscription des nouveaux électeurs. Selon le ministre, ces deux chantiers sont indissociables de la réussite du scrutin et de la consolidation de la confiance des citoyens dans les institutions élues.
Un vaste travail d’épuration des listes
Le ministère de l’Intérieur s’est ainsi engagé dans un travail de fond visant à épurer les listes électorales locales, aussi bien dans le cadre de la révision annuelle en cours que lors de la révision exceptionnelle précédant le scrutin. Les services compétents ont procédé à un traitement informatique approfondi des données, en s’appuyant sur le système d’information central et en croisant les listes électorales avec d’autres bases de données administratives.
Ce travail a permis d’identifier plusieurs catégories de dysfonctionnements. La majorité concerne des citoyens ayant changé de lieu de résidence effective, que ce soit d’une commune à une autre ou d’un arrondissement à un autre, sans toujours avoir actualisé leur situation électorale. Ces cas sont étroitement liés à la mobilité résidentielle croissante, aux programmes de relogement des habitants des bidonvilles, à la restructuration urbaine de certains quartiers et à l’émergence de nouveaux ensembles résidentiels dans différentes régions du Royaume.
D’autres anomalies ont également été relevées, notamment des erreurs matérielles dans les noms, les données de la carte nationale d’identité ou d’autres informations personnelles, ainsi que des cas de décès non signalés en temps opportun aux commissions administratives chargées de la radiation. À cela s’ajoutent des situations de double inscription et des cas d’inéligibilité résultant de dispositions légales ou judiciaires.
Le principe central de la résidence effective
Face à ces constats, Abdelouafi Laftit a insisté sur le rôle des autorités administratives locales, appelées à procéder à un examen minutieux des listes relevant de leur ressort territorial. Ce travail repose sur l’application stricte du principe de l’inscription sur la base de la résidence effective, pierre angulaire du système électoral marocain.
Le ministre a toutefois tenu à souligner que cette exigence s’accompagne de garanties fortes pour la protection des droits des électeurs. Aucune radiation ne peut être décidée du seul fait de l’absence temporaire d’un électeur de sa commune ou de son arrondissement, sauf après vérification du départ effectif et définitif de l’intéressé. Des exceptions prévues par la loi sont également prises en compte, notamment pour les Marocains résidant à l’étranger et pour les populations relevant de communes situées dans des zones de transhumance habituelle.
Dans ce processus, les commissions administratives, présidées par des magistrats, jouent un rôle central. Leur action, menée à l’échelle de l’ensemble des communes et arrondissements du Royaume, a été saluée par le ministre, qui a insisté sur le fait que l’opération d’assainissement des listes s’est déroulée en dehors de toute pression liée au calendrier électoral.
Un corps électoral provisoire de 16,5 millions d’inscrits
Les premiers résultats de cette opération de révision annuelle témoignent de son ampleur. Le nombre provisoire des citoyens inscrits sur les listes électorales générales s’élève à près de 16,5 millions à l’échelle nationale. La répartition par genre fait apparaître un taux de 54 % d’hommes et de 46 % de femmes, tandis que la ventilation territoriale montre une prédominance du milieu urbain, qui concentre 55 % des inscrits, contre 45 % pour le milieu rural.
Au cours de cette phase, 382.170 nouveaux électeurs ont été inscrits. Parmi eux, plus de 254.000 ont utilisé la plateforme électronique dédiée aux listes électorales, confirmant l’essor progressif des démarches numériques, tandis que 127.430 citoyens ont déposé leurs demandes d’inscription auprès des bureaux administratifs. En parallèle, l’opération de mise à jour a conduit à la radiation de près de 1,4 million de cas pour des motifs légaux, notamment la perte de la condition de résidence, la double inscription, le décès ou la perte de l’éligibilité électorale. Pour le ministère, ces radiations constituent un gage de conformité accrue des listes avec la réalité du corps électoral.
La révision exceptionnelle, étape clé avant le scrutin
Au-delà de la révision annuelle, l’attention est désormais tournée vers la révision exceptionnelle qui précédera les élections législatives. Abdelouafi Laftit a indiqué que cette étape vise avant tout à créer des conditions favorables à l’inscription du plus grand nombre possible de citoyens non encore inscrits, avec un accent particulier sur les jeunes, hommes et femmes.
Cette opération se déroulera selon un calendrier fixé par arrêté ministériel, qui sera publié au Bulletin officiel suffisamment à l’avance. Cet arrêté précisera les périodes de dépôt des demandes d’inscription, que ce soit auprès des bureaux administratifs ou via le site électronique, la loi fixant cette durée à trente jours. Il définira également les dates de réunion des commissions administratives, les délais et modalités de recours devant les juridictions compétentes, ainsi que la date d’arrêt définitif des listes électorales qui serviront de base au scrutin.
Une campagne nationale pour mobiliser les citoyens
La réussite de cette révision exceptionnelle ne pouvant reposer sur l’administration seule, le ministère de l’Intérieur prévoit le lancement d’une vaste campagne médiatique et de communication. Celle-ci sera déployée sur l’ensemble des supports, publics et privés, dans les jours précédant l’ouverture de la période d’inscription et se poursuivra tout au long de celle-ci.
Cette campagne, a expliqué le ministre, revêt une dimension nationale particulière. Elle vise à sensibiliser les citoyens à l’importance de l’inscription sur les listes électorales et à relever le défi de l’augmentation du nombre d’inscrits, condition essentielle au renforcement de la participation électorale. Abdelouafi Laftit a appelé à une mobilisation collective associant les partis politiques, tant au niveau central que territorial, les médias, la société civile et l’ensemble des acteurs concernés.
Vers un scrutin plus représentatif
À travers ces différentes mesures, le ministère de l’Intérieur affiche une ambition claire : faire des listes électorales un outil fiable, inclusif et représentatif, capable de refléter les mutations démographiques et sociales du pays. Pour Abdelouafi Laftit, la transparence du scrutin de 2026 dépendra largement de cette phase préparatoire, souvent moins visible mais décisive pour la crédibilité du processus démocratique.
En renforçant l’assainissement des listes, en facilitant l’inscription des citoyens et en misant sur une large mobilisation nationale, les autorités entendent poser les bases d’élections à la hauteur des attentes, où la participation ne serait plus un défi structurel mais l’expression d’une confiance renouvelée entre les citoyens et les institutions.