Maroc–Mauritanie : Cap commun sur une pêche durable et partagée

Maroc–Mauritanie : Cap commun sur une pêche durable et partagée

Face aux pressions sur les stocks halieutiques, les participants ont convenu de la création d’un Comité conjoint COMAIP–FNP.

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À Dakhla, les professionnels marocains et mauritaniens de la pêche pélagique ont réaffirmé leur engagement à gérer de manière responsable les stocks halieutiques partagés, dans une démarche exemplaire de coopération régionale fondée sur la science et la durabilité.

Une alliance stratégique au service de l’écosystème halieutique

Réunis lundi à Dakhla, la Confédération marocaine des armateurs industriels de la pêche pélagique (COMAIP) et la Fédération nationale de la pêche (FNP) de Mauritanie ont renouvelé leur engagement en faveur d’une gestion durable des petits pélagiques, une ressource stratégique pour les deux pays.

Placée sous le thème « Agir ensemble pour demain : l’engagement professionnel pour une gestion durable », cette rencontre de deux jours prolonge la Déclaration d’intention signée à Agadir en février dernier, tout en renforçant l’Accord de coopération en matière de pêche liant le Maroc et la Mauritanie.

Les échanges ont mis en avant le rôle vital de ces ressources pour la sécurité alimentaire, l’emploi, et l’équilibre environnemental dans l’espace atlantique partagé. Une gestion concertée et fondée sur la science a été unanimement saluée comme pilier d’une durabilité à long terme.

Le président de la FNP, Yahefdhou Elbechir, a souligné le caractère stratégique de la pêche pour les économies du Maroc et de la Mauritanie, exprimant le souhait de bâtir une coopération solide, nourrie par l’expertise reconnue du Maroc dans ce secteur.

Vers une gouvernance scientifique et responsable des ressources

Insistant sur la nécessité d’une gestion fondée sur les meilleures données disponibles, les deux organisations ont rappelé leur adhésion aux principes de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) et au Code de conduite pour une pêche responsable de la FAO.

Le président de la COMAIP, Mohamed Lamine Hormatallah, a affirmé que cette dynamique de dialogue vise à consolider un partenariat durable, appelant à une mobilisation commune de tous les acteurs professionnels.

De son côté, le Secrétaire général de la FNP, Mohamed Mahmoud Sadegh, a mis en avant l’importance d’une telle plateforme pour élaborer des politiques rationnelles face aux défis actuels de la pêche.

L’expert Amadou Tall a, quant à lui, salué cette initiative comme un prolongement naturel d’une coopération institutionnelle exemplaire, désormais enrichie d’un engagement fort des professionnels. Pour lui, la gouvernance bleue ne peut réussir sans l’implication directe des opérateurs du secteur.

Enfin, Mohammed Zebdi, vice-président de la COMAIP, a alerté sur les menaces environnementales et climatiques qui pèsent sur les écosystèmes marins, plaidant pour une prise de conscience partagée face à une réalité de plus en plus précaire.

Un Comité conjoint pour structurer l’avenir

Face aux pressions sur les stocks halieutiques, les participants ont convenu de la création d’un Comité conjoint COMAIP–FNP. Cette nouvelle structure aura pour mission :

- D’organiser l’échange d’informations scientifiques, techniques et économiques ;

- De proposer des mesures de gestion harmonisées entre les deux pays ;

- De promouvoir des pratiques de pêche responsable et traçable ;

- D’émettre des avis professionnels contribuant aux politiques nationales et internationales.

Les deux parties entendent également renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence tout au long de la chaîne de valeur, en mettant en avant le potentiel de cette coopération sud-sud pour peser sur les orientations stratégiques en matière de gestion maritime durable.

Cette initiative, née d’une volonté partagée de conjuguer ambition économique et conscience écologique, pourrait servir de modèle à d’autres régions confrontées aux mêmes enjeux de rareté et de surexploitation.

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