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Maroc–Royaume-Uni : un partenariat économique en pleine accélération
La rencontre a permis aux deux parties de faire le point sur les avancées enregistrées au cours de l’année écoulée et d’identifier les leviers susceptibles d’accélérer davantage la dynamique des échanges et des investissements.
Réunis à Rabat à l’occasion de la quatrième session du Conseil d’association Maroc–Royaume-Uni et du Forum d’affaires maroco-britannique, responsables gouvernementaux et acteurs économiques des deux pays ont affiché leur volonté de renforcer leur coopération. Les deux partenaires ambitionnent de doubler leurs échanges commerciaux dans les prochaines années en s’appuyant sur les grands chantiers de transformation du Royaume et les perspectives liées à l’organisation de la Coupe du monde 2030.
Une nouvelle étape dans les relations économiques bilatérales
Le Maroc et le Royaume-Uni entendent donner une nouvelle impulsion à leur partenariat économique. Cette ambition a été réaffirmée lors de la quatrième session du Conseil d’association Maroc–Royaume-Uni, tenue mardi à Rabat sous la coprésidence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, et du ministre d’État britannique au Commerce international, Chris Bryant.
Cette rencontre a permis aux deux parties de faire le point sur les avancées enregistrées au cours de l’année écoulée et d’identifier les leviers susceptibles d’accélérer davantage la dynamique des échanges et des investissements.
Au cœur des discussions figure un objectif clair : doubler le volume des échanges commerciaux entre les deux pays dans les cinq à sept prochaines années. Aujourd’hui évalués à près de 4,5 milliards de livres sterling, ces échanges devraient connaître une progression significative grâce à l’élargissement des domaines de coopération et à la multiplication des opportunités d’affaires.
Pour Ryad Mezzour, cette nouvelle étape doit permettre de consolider les acquis tout en levant les obstacles qui continuent de freiner certains flux commerciaux. Le ministre a notamment évoqué la nécessité de poursuivre les efforts visant à harmoniser les normes techniques, simplifier les procédures et améliorer l’accès réciproque aux marchés.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté commune de fluidifier les échanges et de créer un environnement plus favorable aux investissements. Les autorités marocaines souhaitent notamment encourager l’installation d’entreprises britanniques au sein du tissu productif national afin de contribuer à la création d’emplois qualifiés et au renforcement des chaînes de valeur industrielles.
Les responsables britanniques partagent cette lecture. Pour Chris Bryant, les relations entre les deux Royaumes reposent sur des bases solides et disposent encore d’un important potentiel de développement. Le responsable britannique considère que le Maroc traverse actuellement une phase particulièrement favorable, marquée par une forte dynamique de modernisation économique et territoriale.
Le Maroc, carrefour entre l’Europe et l’Afrique
Au cours de sa visite officielle, Chris Bryant a multiplié les déclarations soulignant l’importance croissante du Maroc dans les échanges internationaux.
Selon lui, le Royaume s’affirme désormais comme une plateforme stratégique reliant l’Europe et l’Afrique, capable d’attirer les investissements internationaux grâce à sa stabilité, à ses infrastructures et à son positionnement géographique.
Dans cette configuration, Londres estime pouvoir jouer un rôle complémentaire en facilitant l’ouverture vers d’autres marchés mondiaux. Cette complémentarité constitue l’un des fondements du partenariat que les deux pays souhaitent approfondir.
Les ambitions britanniques ne se limitent pas aux secteurs traditionnels du commerce. Les responsables du Royaume-Uni souhaitent développer les échanges dans des domaines à forte valeur ajoutée tels que les services financiers, l’architecture, l’ingénierie, le marketing ou encore les industries créatives.
L’intérêt croissant des entreprises britanniques pour le marché marocain s’est d’ailleurs matérialisé par la présence d’une importante délégation composée de représentants gouvernementaux, d’investisseurs et de chefs d’entreprise.
Au-delà des opportunités commerciales immédiates, les entreprises britanniques voient dans le Maroc un partenaire stratégique susceptible d’offrir des perspectives durables dans plusieurs secteurs émergents.
Le tourisme constitue également un domaine de coopération privilégié. Chris Bryant s’est félicité de la popularité croissante du Maroc auprès des voyageurs britanniques. Chaque année, environ 1,5 million de touristes du Royaume-Uni visitent le Royaume.
Le ministre britannique a exprimé le souhait de voir cette dynamique s’équilibrer davantage grâce à une augmentation du nombre de touristes marocains choisissant le Royaume-Uni comme destination.
Les discussions ont également porté sur l’aéronautique, secteur dans lequel Londres espère renforcer sa présence à travers une coopération accrue avec les acteurs marocains.
Intertitre 3 : Le Mondial 2030 comme accélérateur de coopération
Parmi les sujets ayant occupé une place centrale dans les échanges figure naturellement la préparation de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.
Pour les responsables britanniques, cet événement représente bien davantage qu’une compétition sportive. Il constitue un puissant levier de transformation économique et territoriale capable d’accélérer le développement des infrastructures et de renforcer l’attractivité internationale du Royaume.
Chris Bryant a souligné que plusieurs entreprises britanniques disposent d’une expertise reconnue dans l’organisation de grands événements sportifs internationaux. Cette expérience pourrait être mobilisée afin d’accompagner le Maroc dans les différentes phases de préparation du tournoi.
Les domaines identifiés sont nombreux : gestion des grands événements, mobilité, sécurité, infrastructures, accueil des visiteurs, services aux supporters ou encore conception de stratégies d’héritage post-compétition.
La délégation britannique présente au Maroc comprend ainsi près d’une cinquantaine d’entreprises spécialisées dans ces secteurs.
Pour Ryad Mezzour, la Coupe du monde doit être considérée comme un catalyseur au service d’un projet de développement beaucoup plus large. Les investissements engagés ne concernent pas uniquement les villes appelées à accueillir les rencontres, mais s’inscrivent dans une vision globale de transformation du territoire.
Les projets concernent notamment les infrastructures de transport, les équipements publics, les services de santé et les aménagements destinés à améliorer durablement la qualité de vie des citoyens.
Le ministre a insisté sur le fait que les préparatifs du Mondial s’intègrent dans un programme de développement national déployé sur plusieurs années. Les retombées attendues dépassent largement le cadre sportif et visent à renforcer la compétitivité économique du Royaume.
Dans cette perspective, le Maroc cherche à établir des partenariats qui ne se limitent pas à de simples transferts de technologies. L’objectif est de favoriser l’investissement, l’innovation et la montée en gamme industrielle à travers des coopérations durables et mutuellement bénéfiques.
Un forum d’affaires tourné vers les projets de long terme
Cette volonté de donner une dimension concrète au partenariat s’est traduite par la tenue du Forum d’affaires Maroc–Royaume-Uni organisé à Rabat et Casablanca les 2 et 3 juin.
Initiée conjointement par le gouvernement marocain, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le ministère britannique du Commerce et des Affaires, cette rencontre vise à renforcer les passerelles entre les acteurs économiques des deux pays.
Le forum rassemble des représentants institutionnels, des investisseurs et des entreprises intervenant dans des secteurs variés tels que les transports, les infrastructures, la sécurité, l’ingénierie, la conception et les services professionnels.
L’objectif est de créer un cadre de dialogue permettant d’identifier des projets communs et de favoriser la mise en relation entre partenaires potentiels.
Selon Ben Coleman, envoyé commercial du Premier ministre britannique pour le Maroc et l’Afrique de l’Ouest, le principal enjeu consiste à rapprocher les besoins du Royaume des compétences disponibles au sein du tissu économique britannique.
Pour les entreprises présentes, comprendre les priorités marocaines est devenu une condition essentielle pour construire des partenariats efficaces. À l’inverse, les autorités marocaines cherchent à identifier les expertises susceptibles d’accompagner les ambitions du Royaume dans les domaines stratégiques.
Les discussions ont porté aussi bien sur les besoins immédiats liés aux grands événements que sur les défis structurels à plus long terme. La mobilité, la sécurité, l’ingénierie, l’innovation et les services aux citoyens figurent parmi les principaux axes de coopération évoqués.
Le forum comprend des séances plénières, des rencontres sectorielles et des ateliers spécialisés destinés à favoriser l’échange d’expériences et la construction de projets communs.
Au-delà des chiffres et des déclarations d’intention, cette mobilisation témoigne d’une volonté partagée de faire évoluer la relation maroco-britannique vers un partenariat économique plus dense et plus diversifié. Pour les deux pays, l’enjeu consiste désormais à transformer cette convergence stratégique en réalisations concrètes, capables de soutenir la croissance, l’investissement et l’innovation au cours de la prochaine décennie.