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Maroc-Panama : Une alliance stratégique en construction
Le ministre panaméen des Relations extérieures, Javier Eduardo Martinez-Acha Vasquez, lors de ses entretiens à Rabat avec son homologue marocain Nasser Bourita
La visite officielle à Rabat du ministre panaméen des Relations extérieures, Javier Eduardo Martinez-Acha Vasquez, porteur d’un message au Roi Mohammed VI, marque une étape majeure dans le renforcement des liens bilatéraux entre le Royaume du Maroc et la République du Panama. Une décision emblématique a précédé cette visite : la rupture par le Panama de ses relations avec la "rasd", confirmant ainsi son soutien à l'intégrité territoriale du Maroc et son adhésion au plan d'autonomie comme solution au différend du Sahara.
Une nouvelle dynamique diplomatique
Le 21 novembre 2024, le Panama suspend officiellement ses relations diplomatiques avec l'entité séparatiste, par une déclaration claire de son ministère des Affaires étrangères. Cet acte, d'une forte portée symbolique, est salué par le Roi Mohammed VI qui, dans un message adressé au président panaméen José Raul Mulino, exprime sa gratitude et son souhait de voir s'ouvrir une nouvelle ère dans les relations bilatérales. Une visioconférence entre Nasser Bourita et son homologue panaméen renforce cet élan diplomatique.
Cette rupture marque un tournant géopolitique : le Panama, premier pays d'Amérique latine à avoir reconnu la pseudo "rasd" en 1978, revient sur sa position. Cette évolution s'inscrit dans une tendance régionale plus large, amorcée par d'autres pays d'Amérique latine comme l'Équateur, qui reconnaissent de plus en plus la pertinence du plan d'autonomie marocain. La posture du Panama prend une dimension stratégique alors que ce pays s'apprête à siéger au Conseil de sécurité de l'ONU à partir du 1er janvier 2025.
L’initiative d’autonomie : socle d’un consensus
Dans le communiqué conjoint à l’issue de la rencontre Bourita-Martinez-Acha, le Panama qualifie l’initiative d’autonomie de 2007 de "base la plus sérieuse, crédible et réaliste" pour régler le conflit autour du Sahara marocain. Le ministre panaméen a réitèré devant la presse que cette initiative constitue "l'unique solution à l'avenir".
Ce positionnement est renforcé par la remise d’un message écrit du président panaméen à SM le Roi Mohammed VI, et traduit la volonté de porter les relations à des niveaux nouveaux de coopération et de convergence diplomatique.
Un partenariat stratégique en construction
Les deux ministres ont souligné la convergence des valeurs entre Rabat et Panama City. La volonté d’avancer ensemble se concrétise par la signature de trois accords portant sur une feuille de route sectorielle, l’octroi de visas diplomatiques, et une déclaration commune.
Les secteurs clés de la coopération se précisent : ports, engrais, tourisme, sécurité alimentaire, mais aussi échanges commerciaux. Le Panama, avec son canal stratégique, et le Maroc, en bonne position sur le du Détroit de Gibraltar, partagent une position géostratégique unique, favorisant un axe de coopération logistique et maritime.
Hydraulique, énergie, commerce : des ponts sectoriels prometteurs
Le ministre panaméen s’est par ailleurs entretenu avec Nizar Baraka, ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, pour explorer les modèles marocains en matière de gestion des ressources hydriques. Le modèle marocain sur les autoroutes de l'eau et les stations de dessalement a suscité l’intérêt de la partie panaméenne. Une coopération technique est en cours de structuration.
Sur le plan économique, Javier Martinez-Acha et Omar Hejira, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, ont exprimé la volonté commune de hausser le niveau des relations commerciales. Des rencontres sont prévues pour renforcer les partenariats entre les secteurs privés des deux pays dans les domaines du ferroviaire, de l’énergie, des infrastructures hospitalières et de l’interconnexion électrique.
Les deux parties ont conclu que leurs liens d’amitié étaient "sincères et solides", et peuvent servir d’exemple pour un monde plus équilibré et plus pacifique. Le dialogue politique sera intensifié avec la tenue prochaine de la Commission de concertation bilatérale.