Masse monétaire : un accroissement annuel de 8,3% en août 2025, selon Bank Al-Maghrib

Masse monétaire : un accroissement annuel de 8,3% en août 2025, selon Bank Al-Maghrib

La hausse de la masse monétaire est surtout portée par l’augmentation de la monnaie fiduciaire (+9,6%) et la progression des placements en titres d’OPCVM monétaires (+18,7%).

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La masse monétaire au Maroc a enregistré une croissance soutenue de 8,3% en août 2025, atteignant près de 1.980,4 milliards de dirhams. Bank Al-Maghrib (BAM) explique cette progression par la combinaison d’une hausse des réserves officielles, d’une accélération des créances sur l’État et d’une dynamique différenciée des dépôts et instruments financiers.

Une masse monétaire en progression continue

Selon le bulletin mensuel de BAM, la croissance de l’agrégat M3 s’explique par l’accélération des créances nettes des institutions de dépôt sur l’Administration centrale, en hausse de 1,6%, ainsi que par l’augmentation notable des avoirs officiels de réserve, passés de 11% à 13,1%. En revanche, le crédit bancaire destiné au secteur non financier a maintenu une croissance modérée de 3,4%.

Dynamique des instruments monétaires

La hausse de la masse monétaire est surtout portée par l’augmentation de la monnaie fiduciaire (+9,6%) et la progression des placements en titres d’OPCVM monétaires (+18,7%). Les dépôts à vue auprès des banques, qui constituent une composante essentielle, ont légèrement ralenti, passant de 11,2% à 10,7%. Parallèlement, les comptes à terme n’ont progressé que de 1,9%, tandis que les dépôts d’épargne des ménages affichent une croissance stable de 1,9%.

Les ménages et les entreprises en mutation

Par secteur institutionnel, les sociétés non financières privées ont vu leurs actifs monétaires croître de manière significative (+14,4%), portés par une forte hausse de leurs dépôts à vue (+16,2%) mais accompagnés d’une baisse marquée de leurs comptes à terme (-25,8%). Chez les ménages, la progression des actifs monétaires s’est fixée à 6,6%, avec une stabilisation des dépôts à vue (+9,1%) et un recul plus modéré des comptes à terme (-3,4%).

Crédit bancaire : croissance limitée mais stable

Le crédit bancaire au secteur non financier reste modéré avec une croissance de 3,4%. Les prêts au secteur privé ont ralenti, affichant une progression de seulement 3%. Les crédits aux sociétés non financières privées n’ont augmenté que de 1%, tandis que ceux destinés aux ménages se sont maintenus à 3%. En revanche, les concours au secteur public ont enregistré une nette accélération (+6,7%), notamment grâce à la hausse des prêts aux entreprises publiques (+8,6%).

Par objet économique, la situation révèle des contrastes : la croissance des crédits à l’équipement s’est stabilisée à 15,2%, celle des crédits immobiliers à 3,3% et des prêts à la consommation à 3,9%. Les facilités de trésorerie, elles, ont poursuivi leur baisse, passant de -5% à -5,2%.

Des créances en souffrance toujours en hausse

Les créances en souffrance ont progressé de 5,6% en août après une hausse de 5,4% en juillet, portant leur ratio au crédit à 8,8%. Cette tendance souligne une vulnérabilité persistante du secteur bancaire face aux risques de non-remboursement, malgré une croissance monétaire globale solide.

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