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Ouzoud, le cinéma prend de la hauteur
« Montagne, élévation et paix » résume la philosophie de cette manifestation. La montagne n’y est pas considérée uniquement comme un territoire géographique. Elle incarne également la résilience, la dignité et une mémoire humaine, culturelle et environnementale dont les histoires méritent d’être portées à l’écran ( Bahija Simou)
La 4e édition du Festival international du cinéma de montagne s’est ouverte mercredi soir à Ouzoud, dans la province d’Azilal, sous le thème « Montagne, élévation et paix ». Jusqu’au 6 septembre, cinéastes, artistes, chercheurs et critiques venus de plusieurs continents se retrouvent autour d’une programmation mêlant compétitions, projections, débats, formations et célébration du patrimoine local.
Ouzoud, carrefour du cinéma de montagne
Au pied des célèbres cascades, Ouzoud a renoué mercredi soir avec le grand écran. La cérémonie d’ouverture du Festival international du cinéma de montagne a réuni plusieurs ambassadeurs accrédités au Maroc, des représentants des autorités locales ainsi que de nombreuses personnalités du monde des arts et de la culture.
Cette quatrième édition confirme l’ambition internationale d’un rendez-vous lancé en 2023 et qui entend faire de la montagne un espace de création, de rencontre et de dialogue.
La soirée inaugurale a été marquée par plusieurs hommages. Le réalisateur marocain Daoud Aoulad-Syad, le réalisateur et acteur gabonais Jean-Claude M’Paka et l’acteur marocain Saad Mouaffak ont été distingués. Un hommage posthume a également été rendu à Mostafa Derkaoui, figure majeure du cinéma marocain, dont la distinction a été reçue par le réalisateur Saâd Chraïbi.
La montagne comme territoire de récits
Pour Bahija Simou, présidente du festival et de la Fondation « Voix de la montagne pour le patrimoine et le développement durable », le rendez-vous d’Ouzoud est devenu un espace de dialogue et une passerelle entre les cultures.
Le thème « Montagne, élévation et paix » résume, selon elle, la philosophie de cette manifestation. La montagne n’y est pas considérée uniquement comme un territoire géographique. Elle incarne également la résilience, la dignité et une mémoire humaine, culturelle et environnementale dont les histoires méritent d’être portées à l’écran.
La responsable souligne également les retombées du festival sur Ouzoud. Depuis sa première édition, la manifestation a contribué à dynamiser l’activité touristique et économique et à mieux faire connaître la région auprès des professionnels du cinéma. Près de quatre films y ont déjà été tournés.
Cette dynamique doit être renforcée par la construction de la première salle de cinéma d’Ouzoud, un projet dont les travaux progressent.
Une compétition aux couleurs internationales
La compétition officielle rassemble cette année des longs métrages de fiction venus de Turquie, d’Italie, du Togo, d’Ouzbékistan, de Tunisie, de Suisse, d’Allemagne et du Maroc.
Le jury international est présidé par le penseur et critique marocain Mohamed Noureddine Afaya. Il compte également l’acteur égyptien Ahmed Wafik, l’actrice afghane Marina Golbahari et le réalisateur kazakh Rustem Abdrashev.
En marge de la compétition, des films marocains sont projetés en plein air dans le cadre de la section « Panorama », offrant au public local une expérience cinématographique au cœur même de la région.
Débats, ateliers et patrimoine local
Le festival ne se limite pas aux projections. Une rencontre avec le Médiateur du Royaume, Hassan Tariq, est consacrée au thème « Cinéma et identité nationale ».
Une conférence sur « Le thème de la montagne dans le récit marocain » est également programmée sous la modération de l’écrivain et ancien ministre de la Culture Mohamed Achaari. Une autre rencontre doit examiner la contribution de l’industrie cinématographique au développement territorial intégré.
Les jeunes occupent une place importante dans le programme, avec des ateliers consacrés au jeu d’acteur face à la caméra et à la photographie.
Chaque journée est également ponctuée de manifestations artistiques et folkloriques mettant en valeur les traditions locales.
Le cinéma comme levier de développement
À travers cette programmation, les organisateurs entendent dépasser la seule dimension culturelle. Le Festival international du cinéma de montagne veut utiliser le septième art pour promouvoir les territoires de montagne, valoriser leurs richesses naturelles et culturelles et renforcer leur attractivité.
En quatre éditions, Ouzoud cherche ainsi à construire une identité singulière, à la croisée de la nature, du patrimoine et de la création cinématographique.