PLF 2026 : un tournant décisif dans la consolidation de la trajectoire budgétaire à moyen terme

PLF 2026 : un tournant décisif dans la consolidation de la trajectoire budgétaire à moyen terme

La ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui,

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Le Projet de loi de finances 2026 se veut une étape charnière pour le Maroc. Présenté comme un instrument de stabilisation et de réforme, son ambition affichée est de consolider la trajectoire budgétaire du Royaume tout en préparant le terrain d’un nouveau cycle de confiance économique. Derrière les chiffres, se dessine la volonté d’un État stratège : maîtriser le déficit, contenir la dette, moderniser la fiscalité et renforcer la cohésion sociale.

Une logique de rééquilibrage progressif des finances publiques

Le gouvernement fait du PLF 2026 un jalon essentiel dans la consolidation de la trajectoire budgétaire à moyen terme. Selon la note de présentation publiée par le ministère de l’Économie et des Finances, l’objectif est double : renforcer la crédibilité de la politique budgétaire et préserver la capacité de l’État à financer ses priorités économiques et sociales.

Ce projet s’inscrit dans une logique de rééquilibrage progressif des finances publiques, fondée sur trois leviers : l’optimisation des dépenses, l’élargissement de l’assiette fiscale et la rationalisation du recours à l’endettement. Cette orientation, saluée par les institutions financières internationales, illustre la confiance renouvelée des partenaires extérieurs dans la solidité macroéconomique du Maroc.

Malgré un contexte international instable, l’économie nationale a fait preuve d’une résilience notable. Le déficit budgétaire, qui s’établissait à 3,8 % du PIB en 2024, devrait être ramené à 3,5 % en 2025. Cette réduction témoigne d’une discipline budgétaire accrue et d’une meilleure gestion des dépenses, notamment grâce à la rationalisation des crédits et à un contrôle plus rigoureux de la dette publique.

 Amélioration de sa notation souveraine à l’appui

La stabilité financière du Maroc se traduit désormais par une amélioration de sa notation souveraine. En septembre 2025, l’agence Standard & Poor’s a relevé la note du Royaume à BBB-/A-3, rétablissant son statut d’Investment Grade, avec une perspective stable. Fitch Ratings a, de son côté, confirmé la note BB+, soulignant la robustesse des fondamentaux macroéconomiques et la pertinence des réformes structurelles engagées.

Ces reconnaissances internationales reflètent la crédibilité des politiques publiques, mais aussi la qualité de la gouvernance financière du pays. Après les turbulences de la pandémie et les tensions inflationnistes mondiales, le Maroc a réussi à maintenir un équilibre entre prudence budgétaire et soutien à la croissance, en intervenant notamment pour soutenir les établissements publics et honorer les engagements issus du dialogue social.

Réformes fiscales : élargir l’assiette et renforcer la justice

Le PLF 2026 veut se distinguer par un volet fiscal, structuré autour de quatre axes. Le premier porte sur l’intégration du secteur informel à travers l’élargissement de la retenue à la source pour l’impôt sur les sociétés (IS) et la TVA, et l’application de cette retenue aux revenus locatifs. L’objectif est de formaliser davantage d’activités économiques et d’assurer une meilleure équité devant l’impôt.

Le deuxième axe concerne l’amélioration de l’environnement des affaires. Il prévoit l’exonération de la TVA sur les matières fertilisantes, des incitations pour les sociétés sportives et l’application d’un taux adapté pour les institutions de microfinance. Ces mesures visent à stimuler l’investissement, soutenir la compétitivité et encourager l’innovation entrepreneuriale.

Le troisième axe vise à adapter et harmoniser le système fiscal à travers la dématérialisation, la simplification des procédures comptables électroniques et la clarification du régime des droits d’enregistrement. Quant au quatrième axe, il porte sur la cohésion sociale, avec la prorogation de la contribution de solidarité sur les bénéfices et revenus, destinée à renforcer le financement des politiques sociales.

 Une innovation majeure : la blockchain au service du dédouanement

Parmi les mesures phares de ce PLF, figure une innovation technologique inédite : l’intégration de la blockchain dans le processus de dédouanement. L’objectif est d’améliorer la transparence des transactions commerciales et la traçabilité des marchandises, tout en garantissant l’authenticité des documents commerciaux.

Concrètement, la blockchain permettra un échange automatisé et sécurisé entre les fournisseurs étrangers et l’Administration des douanes (ADII). Les opérateurs volontaires bénéficieront d’une procédure accélérée de traitement des déclarations, grâce à la vérification instantanée des documents et à la fiabilité des données. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de numérisation de l’économie et de modernisation de la gouvernance publique, deux leviers essentiels de la compétitivité nationale.

NDLR : La blockchain est une technologie de stockage et d’échange d’informations décentralisée, sécurisée et transparente. Elle enregistre les données dans des blocs reliés entre eux, qui rendrait toute falsification quasi impossible. Sans intermédiaire, elle garantit la traçabilité et l’authenticité des transactions. Au Maroc, son intégration dans le dédouanement vise à renforcer la transparence, accélérer les procédures et lutter efficacement contre la fraude commerciale.

Vers une trajectoire de confiance et de réforme durable

Le PLF 2026 est voulu comme une étape charnière : il ne s’agit plus seulement d’équilibrer les comptes, mais de consolider la confiance entre l’État, les citoyens et les acteurs économiques. En maîtrisant le déficit et en innovant sur le plan fiscal et technologique, le Maroc exprime sa volonté d’entrer dans une phase de stabilité structurelle.

Cette rigueur ne se limiterait pas à la comptabilité publique : elle reflète une culture de gouvernance renouvelée, fondée sur la transparence, la responsabilité et la performance. Si les réformes annoncées trouvent leur pleine application, le PLF 2026 pourrait bien devenir le point de départ d’une nouvelle ère budgétaire où la prudence financière rime enfin avec ambition sociale.

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