Actu
Rabat accueille le débat sur l’avenir de la mobilité durable en Afrique
La mobilité durable n’est plus uniquement un objectif environnemental, mais devient progressivement un facteur majeur de compétitivité industrielle et de développement territorial. L’évolution vers les véhicules électriques, les batteries de nouvelle génération et les systèmes de mobilité connectée modifie en profondeur l’organisation mondiale de l’industrie automobile
Le Policy Center for the New South (PCNS) a accueilli à Rabat la conférence “RSK CONNECT AUTO”, organisée en partenariat avec le Centre régional d’investissement de Rabat-Salé-Kénitra. Cette rencontre a réuni responsables publics, industriels, investisseurs et experts autour des enjeux liés à l’industrie automobile et à la mobilité durable. Les échanges ont porté sur les mutations du secteur automobile mondial, les opportunités d’investissement, l’électrification des mobilités et le positionnement du Maroc dans les nouvelles chaînes de valeur industrielles.
Une industrie automobile en pleine transformation
L’industrie automobile traverse une phase de transformation accélérée sous l’effet de la transition énergétique, des innovations technologiques et des nouvelles exigences environnementales. Ces mutations étaient au centre des discussions organisées lors de la conférence “RSK CONNECT AUTO”, tenue sur le campus de l’Université Mohammed VI Polytechnique de Rabat.
Initiée par le Centre régional d’investissement de Rabat-Salé-Kénitra en partenariat avec le Policy Center for the New South, cette rencontre de haut niveau a rassemblé des représentants des secteurs public et privé, des investisseurs nationaux et internationaux ainsi que des experts de l’industrie automobile.
Les intervenants ont souligné que la mobilité durable n’est plus uniquement un objectif environnemental, mais devient progressivement un facteur majeur de compétitivité industrielle et de développement territorial. L’évolution vers les véhicules électriques, les batteries de nouvelle génération et les systèmes de mobilité connectée modifie en profondeur l’organisation mondiale de l’industrie automobile.
Face à ces évolutions, plusieurs pays cherchent à renforcer leur attractivité afin de capter les investissements liés aux nouvelles filières industrielles de la mobilité.
Le Maroc veut renforcer son positionnement industriel
À l’ouverture de la conférence, le secrétaire général du ministère de l’Investissement, Brahim Benmoussa, a indiqué que le Maroc ambitionne d’accompagner la transition vers des mobilités plus durables, innovantes et à forte valeur ajoutée.
Il a rappelé que le Royaume s’est progressivement imposé comme le premier hub automobile du continent africain grâce au développement d’infrastructures industrielles, logistiques et portuaires, ainsi qu’à la montée en compétence de son capital humain.
Selon lui, la stratégie industrielle marocaine repose désormais sur l’anticipation des mutations du secteur automobile mondial, notamment à travers le développement des filières liées aux batteries électriques et aux énergies renouvelables.
L’implantation à Kénitra de la Gigafactory portée par Gotion Power Morocco a été présentée comme l’un des exemples de cette nouvelle orientation industrielle. Ce projet illustre la volonté du Royaume de se positionner sur les segments liés aux mobilités du futur et aux industries technologiques à forte valeur ajoutée.
Brahim Benmoussa a également souligné que le contexte international actuel, marqué par l’accélération de la transition énergétique, impose aux États et aux entreprises d’adapter leurs stratégies industrielles afin de répondre aux nouveaux standards du marché mondial.
Rabat-Salé-Kénitra mise sur ses atouts territoriaux
La conférence a aussi permis de mettre en avant les potentialités de la région Rabat-Salé-Kénitra dans le domaine industriel. Le directeur du Centre régional d’investissement, Mohcine Benjelloun, a estimé que la mobilité durable constitue une opportunité importante pour les territoires capables d’anticiper les transformations du secteur automobile.
Il a indiqué que la région dispose de plusieurs atouts, notamment une position géostratégique, une connectivité multimodale, des infrastructures modernes et un capital humain qualifié.
Selon lui, Rabat-Salé-Kénitra fait partie des pôles économiques les plus dynamiques du Royaume et cherche à attirer davantage d’investissements industriels liés aux nouvelles technologies de mobilité.
Mohcine Benjelloun a souligné que l’évolution du secteur automobile vers des modèles plus durables repose désormais sur plusieurs facteurs combinés : électrification des véhicules, innovation technologique, exigences environnementales et évolution des attentes des consommateurs.
Dans ce contexte, la région ambitionne de renforcer son intégration dans les nouvelles chaînes de valeur internationales liées à l’automobile et aux technologies de mobilité durable.
Dialogue économique et coopération industrielle
Les organisateurs ont présenté “RSK CONNECT AUTO” comme une plateforme de dialogue entre acteurs publics et privés destinée à favoriser les partenariats et à stimuler les investissements industriels.
Au programme figuraient plusieurs panels consacrés à la compétitivité industrielle, à l’innovation technologique et aux perspectives de la mobilité du futur. Des sessions B2B ont également été organisées afin de permettre des échanges directs entre investisseurs potentiels et acteurs de l’écosystème régional.
Pour Mohammed Loulichki, senior fellow au Policy Center for the New South, cette rencontre devait permettre d’engager une réflexion collective sur l’avenir de l’industrie automobile dans un environnement international en mutation rapide.
Il a estimé que les discussions autour des meilleures pratiques, de l’innovation et des mécanismes de coopération restent essentielles pour accompagner la transformation du secteur.
La conférence intervient dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à développer leurs capacités industrielles et à attirer des investissements liés aux nouvelles technologies énergétiques et automobiles.
À travers ce type de rencontres, le Maroc poursuit sa stratégie visant à consolider son positionnement comme plateforme industrielle et logistique régionale, tout en cherchant à renforcer l’intégration des territoires dans les grandes dynamiques mondiales liées à la transition énergétique et aux mobilités durables.