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Recettes fiscales en forte hausse et aides sociales élargies, selon Lekjaa
‘’L’élargissement de l’assiette fiscale et à l’intensification de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales visent à construire un système plus équitable, en réduisant la pression sur les contribuables réguliers tout en intégrant les secteurs restés jusqu’ici en marge de la fiscalité nationale’’ (Fouzi Lekjaa).
Au premier semestre 2025, les finances publiques marocaines témoignent d’un regain de dynamisme, porté par l’effet de la réforme fiscale et le déploiement continu des aides sociales directes. Le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, en a exposé les résultats devant la Chambre des représentants.
Un bond de 25 milliards dans les recettes fiscales
Les recettes fiscales du Royaume ont enregistré une progression remarquable de 25,1 milliards de dirhams (MMDH) à fin juin 2025, soit une hausse de 16,6 % par rapport à la même période en 2024. Cette performance s’inscrit dans le cadre de la réforme fiscale engagée ces dernières années, que le ministre Fouzi Lekjaa qualifie de « l’une des plus importantes entreprises en matière de finances publiques depuis plusieurs décennies ».
Détaillant les composantes de cette augmentation, le ministre a indiqué que les recettes issues de l’impôt sur les sociétés (IS) ont atteint 13,1 MMDH. L’impôt sur le revenu (IR) et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ont également progressé respectivement de 6,7 % et de 3,1 %.
Selon M. Lekjaa, ces résultats sont directement liés à l’élargissement de l’assiette fiscale et à l’intensification de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales. Ces efforts visent à construire un système plus équitable, en réduisant la pression sur les contribuables réguliers tout en intégrant les secteurs restés jusqu’ici en marge de la fiscalité nationale.
Objectif : déficit contenu, dette sous contrôle
Dans la continuité de cette politique de redressement des finances publiques, le gouvernement table sur un déficit budgétaire de 3,5 % du PIB à la fin de l’année, avec un objectif de le ramener à 3 % à moyen terme. Le taux d’endettement devrait, lui, rester sous la barre des 67 % pour 2025, avec la volonté de le réduire à 66 % en 2026.
Fouzi Lekjaa a souligné que les recettes fiscales cumulées générées par la réforme entre son lancement et fin 2024 s’élèvent à 102 MMDH. Cette manne a permis d’ouvrir des marges budgétaires pour financer plusieurs réformes sociales, y compris les hausses de salaires et les programmes d’appui à la population.
Aides sociales : un dispositif bien ancré
Sur le volet social, le ministre a annoncé que 98,4 % des demandes d’aides sociales directes formulées en juin ont été acceptées. Ce taux élevé d’éligibilité s’inscrit dans le déploiement progressif du programme d’aide, fondement de l’État social voulu par le Souverain.
Les 1,6 % de demandes rejetées sont attribuées à des situations de double bénéfice ou à des changements dans la composition ou les revenus des foyers concernés. Le ministre a toutefois rappelé que toute personne ayant essuyé un refus dispose d’un droit de recours, via le Registre social unifié, pour faire valoir sa situation à l’aide de justificatifs.
Le gouvernement prévoit d’ailleurs d’ajuster progressivement les critères d’éligibilité, afin de mieux refléter les réalités socio-économiques. Le programme continue de faire l’objet d’un suivi étroit, avec pour mot d’ordre la transparence et l’inclusion des véritables ayants droit.
Une réforme au service de l’équité sociale
Pour Fouzi Lekjaa, ces résultats illustrent la double ambition du gouvernement : d’un côté, renforcer la soutenabilité des finances publiques à travers une fiscalité modernisée ; de l’autre, asseoir une protection sociale élargie et durable.
Loin d’être achevée, la réforme engagée vise à créer un équilibre entre rigueur budgétaire et solidarité nationale, en consolidant les ressources fiscales tout en redistribuant mieux les fruits de la croissance.