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Rêvons d’un Maroc où chaque bébé naiit avec un capital pour son avenir… - Par Anwar Cherkaoui
Une idée simple, presque poétique : offrir à chaque enfant un petit tremplin financier pour bien démarrer sa vie d’adulte.
Il n’est pas interdit de rêver et si, précisément, on rêvait d’un Maroc faisant le pari audacieux d’investir dans l’avenir dès la naissance. Inspirée d’expériences internationales, l’idée d’un capital de départ accordé à chaque nouveau-né, que prône Anwar Cherkaoui, ouvre réflexion sur la réduction précoce des inégalités, le soutien à l’éducation et à l’entrepreneuriat, et la construction d’une société plus équitable. Au-delà de son coût budgétaire, ce projet interroge la capacité du Royaume à transformer sa jeunesse en véritable moteur de développement durable.

Anwar Cherkaoui - Acteur Associatif
Aux États-Unis, une idée originale a récemment fait beaucoup parler d’elle.
Donald Trump et certains responsables américains ont proposé qu’à la naissance de chaque enfant, l’État ouvre automatiquement un compte d’épargne ou d’investissement à son nom, avec un premier versement de 1 000 dollars.
La famille peut ensuite y ajouter de l’argent au fil des années, mais sans jamais pouvoir le retirer avant la majorité de l’enfant.
À 18 ans, le jeune devient propriétaire de ce capital et peut l’utiliser pour financer ses études, acheter un logement ou lancer une entreprise.
Dans ce dernier cas, l’État s’engage même à accompagner le projet.
Une idée simple, presque poétique : offrir à chaque enfant un petit tremplin financier pour bien démarrer sa vie d’adulte.
Derrière cette initiative se cache un message fort. Réduire les inégalités dès la naissance. Encourager l’épargne et l’investissement à long terme. Aider les jeunes à construire leur avenir sans tout commencer à zéro.
En théorie, un enfant qui reçoit 1 000 dollars à la naissance et dont la famille ajoute régulièrement de petites sommes, pourrait disposer, à 18 ans, de plusieurs milliers de dollars pour ses premiers grands projets.
La question mérite alors d’être posée au Maroc. Le Royaume connaît chaque année plusieurs centaines de milliers de naissances. Mettre en place un tel programme représenterait un investissement public important, mais aussi un pari stratégique sur la jeunesse.
Un dispositif marocain pourrait prendre une forme adaptée. Un capital de départ plus modeste, par exemple quelques milliers de dirhams.
Un compte ouvert automatiquement dans une banque publique ou via la Caisse de Dépôt et de Gestion. Des versements volontaires possibles par les parents. Un argent strictement bloqué jusqu’à 18 ou 21 ans.
L’utilisation serait encadrée. Pour financer les études et la formation. Pour accéder à un premier logement. Pour créer une activité ou devenir auto-entrepreneur.
Un tel système pourrait avoir plusieurs effets positifs. Encourager la scolarisation et les études supérieures, surtout dans les familles modestes. Donner un vrai coup de pouce à l’entrepreneuriat des jeunes. Réduire certaines inégalités sociales dès le départ.
Installer une culture de l’épargne dans les foyers. À long terme, ce serait aussi un investissement dans la stabilité sociale et le développement économique.
Bien sûr, tout n’est pas simple. Le principal obstacle reste le coût pour l’État. Il faudrait aussi éviter que seuls les enfants des familles aisées en profitent réellement, parce que leurs parents peuvent épargner davantage. Pour réussir, un tel programme devrait être bien ciblé sur les familles modestes, transparent dans sa gestion et accompagné d’une véritable politique d’éducation financière.
Ainsi au lieu d’attendre que les inégalités apparaissent, on commencerait à les corriger dès la naissance. Dans un pays jeune comme le Maroc, où plus de la moitié de la population a moins de 30 ans, cette idée pourrait devenir un outil puissant de justice sociale et de développement.
Utopie, peut-être.
Mais parfois, ce sont justement les utopies et les idées audacieuses qui construisent l’avenir.