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Royaume-Uni: trois femmes dont deux de 71 ans inculpées pour soutien à l'organisation Palestine Action
Figure 1 Marji Mansfield, grand-mère de 68 ans, Zahra Ali, 18 ans, étudiante en première année d'histoire, et l'obstétricienne Alice Clack, 49 ans, posent pour un portrait de groupe dans un café de Londres, le 31 juillet 2025.. (Photo by Justin TALLIS / AFP
Trois personnes ont été inculpées au Royaume-Uni pour avoir manifesté leur soutien à l'organisation Palestine Action, désormais classée "terroriste" (Sic) par les autorités britanniques. Il s'agit des premières poursuites engagées depuis l’interdiction du groupe début juillet. Une nouvelle manifestation est attendue samedi à Londres, malgré les avertissements de la police et le tollé d’universitaires et de militants des droits civiques.
Londres, Royaume-Uni - Trois personnes ont été inculpées au Royaume-Uni pour avoir exprimé leur soutien au groupe Palestine Action, a annoncé jeudi la police, avant une manifestation prévue samedi à Londres pour protester contre l'interdiction de cette organisation.
Il s'agit des premières inculpations pour ces motifs en Angleterre et au Pays de Galles, selon la police de Londres.
Jeremy Shippam, 71 ans, Judit Murray, 71 ans, et Fiona Maclean, 53 ans, avaient été arrêtés le 5 juillet lors d'une manifestation dans la capitale en soutien à Palestine Action. Ils doivent comparaître devant le tribunal de Westminster à Londres le 16 septembre.
Ils encourent une peine maximale de six mois de prison et/ou une amende pouvant aller jusqu'à 5.000 livres (5.700 euros).
La police a annoncé qu'elle prévoyait de transmettre aux services du procureur les dossiers de 26 autres personnes arrêtées le même jour.
"Toute personne affichant publiquement son soutien à Palestine Action, organisation interdite, commet une infraction au titre de la loi sur le terrorisme et s'expose à être arrêtée et comme le montrent ces inculpations, à faire l'objet d'une enquête", a indiqué le commandant de l'unité antiterroriste de la police de Londres Dominic Murphy.
Le groupe Palestine Action a été ajouté début juillet par le gouvernement britannique à la liste des organisations considérées comme "terroristes" au Royaume-Uni, une accusation bien commode pour se débarrasser tout ce qui gêne le soutien des officiels britanniques au génocide à Gaza..
La mesure d'interdiction fait l'objet d'une action en justice, lancée par Huda Ammori, cofondatrice en 2020 de ce groupe qui se présentait comme un "réseau d'action directe" visant à dénoncer "la complicité britannique" avec l'Etat d'Israël, en particulier sur la question des ventes d'armes.
Le groupe Defend Our Juries organise régulièrement des manifestations dans le pays pour protester contre cette interdiction, qui a été jugée "disproportionnée" par l'ONU.
Selon Tim Crosland, un représentant de Defend Our Juries, à ce jour plus de 200 personnes ont été arrêtées dans le cadre de ces rassemblements de soutien.
Une nouvelle manifestation est prévue samedi à Londres, où les organisateurs attendent au moins 500 personnes. La police a prévenu les participants qu'ils devaient s'attendre à être arrêtés.
"Je recommande vivement à toute personne qui prévoit de se rendre à Londres ce week-end pour manifester son soutien à Palestine Action de réfléchir aux conséquences pénales potentielles de ses actes", a prévenu Dominic Murphy de la Met Police.
Le fait d'arborer un signe de soutien à une organisation classée comme "terroriste" peut valoir jusqu'à six mois de prison, mais l'appartenance à une telle organisation ou l'incitation à la soutenir peut valoir jusqu'à 14 ans de prison.
Une cinquantaine de personnalités et professeurs d'université, dont Naomi Klein et Angela Davis, ont signé une lettre publiée jeudi dans le Guardian pour appeler le gouvernement britannique à revenir sur cette interdiction. (Quid avec AFP)