Sahara : l’ONU appelée à briser l’impasse algérienne

Sahara : l’ONU appelée à briser l’impasse algérienne

La Représentante permanente adjointe du Royaume auprès de l’ONU, Majda Moutchou

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Le Maroc a fermement dénoncé, mardi devant le Comité des 24 (C24) de l’ONU, l’obstination de l’Algérie qui, en instrumentalisant le dossier du Sahara marocain, prend en otage le processus politique piloté par les Nations Unies. Une manœuvre qui, selon Rabat, hypothèque non seulement l’avenir d’un règlement réaliste mais met en péril la stabilité de toute la région.

Un processus paralysé par l’intransigeance algérienne

À New York, la voix du Maroc a résonné claire et ferme lors de la session ordinaire du C24. Dans son intervention, la Représentante permanente adjointe du Royaume auprès de l’ONU, Majda Moutchou, a dénoncé l’attitude d’Alger : "Le processus politique mené sous l’égide du Secrétaire général et facilité par son Envoyé personnel, soutenu par l’ensemble des États membres, ne peut rester pris en otage par l’obstination d’un seul pays, au détriment de la stabilité régionale."

Le constat est désormais largement partagé, selon la diplomate : "C’est là la conclusion à laquelle est parvenue la communauté internationale, ainsi que la majorité des membres permanents du Conseil de sécurité."

Elle a regretté que certaines parties continuent de manipuler politiquement la question du Sahara marocain pour servir des intérêts étrangers aux principes mêmes du droit à l’autodétermination. Une critique à peine voilée à l’égard de l’Algérie, qualifiée de "partie principale" à ce différend régional.

Le double discours algérien a également été pointé : "Ce même pays, prompt à mobiliser des moyens diplomatiques et financiers pour alimenter le séparatisme, garde pourtant un silence assourdissant sur d’autres situations à l’ordre du jour du Comité."

Pour Rabat, cette "attitude sélective" révèle une volonté manifeste de détourner le processus onusien au profit d’une stratégie de déstabilisation régionale.

L’autonomie marocaine, seule voie réaliste

Face à cette impasse entretenue, la diplomatie marocaine a réaffirmé l’existence d’une dynamique internationale en faveur d’une solution politique, pragmatique et durable — dynamique désormais cristallisée autour de l’Initiative marocaine d’autonomie.

Proposée en 2007 et saluée par le Conseil de sécurité depuis lors, cette initiative représente "une réponse concrète aux attentes de la communauté internationale", a rappelé Mme Moutchou. Soutenue aujourd’hui par plus de 118 pays à travers le monde — y compris l’ancienne puissance coloniale et trois membres permanents du Conseil de sécurité — l’offre marocaine est désormais au cœur du consensus onusien.

La diplomate a par ailleurs dénoncé l’anachronisme de certains discours au sein du C24, qui persistent à enfermer la question du Sahara dans un prisme décolonial dépassé. "Cela ne reflète ni la réalité historique et sur le terrain, ni l’évolution du dossier au sein du Conseil de sécurité", a-t-elle souligné.

Rappelant le devoir du C24 de tenir compte de l’évolution du droit international, Mme Moutchou a insisté sur l’importance de la résolution 1541 (1960), souvent occultée dans les débats. Celle-ci précise que l’autonomie est une modalité légitime d’exercice du droit à l’autodétermination, contredisant ainsi les lectures idéologiques réductrices.

"L’approche réaliste que propose l’Initiative marocaine d’autonomie offre un cadre d’autonomie avancée, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume", a insisté la diplomate.

Cette approche bénéficie par ailleurs du soutien indéfectible des populations du Sahara marocain, comme en témoigne leur large participation aux élections nationales, régionales et locales, ainsi que leur engagement dans le développement de leur région.

Mme Moutchou a enfin lancé un appel au C24 : "Le moment est venu pour ce Comité d’adopter une position courageuse vis-à-vis de l’Initiative marocaine d’autonomie." Seule une solution politique fondée sur ce cadre réaliste permettra de clore définitivement ce différend, loin de toute instrumentalisation du droit à l’autodétermination.

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