Sahara marocain : l’UE adopte une position commune en faveur de l’autonomie et ouvre un nouveau cycle stratégique avec le Maroc

Sahara marocain : l’UE adopte une position commune en faveur de l’autonomie et ouvre un nouveau cycle stratégique avec le Maroc

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et la Haute représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité, Kaja Kallas

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Réunie à Bruxelles à l’occasion de la 15e session du Conseil d’Association Maroc-Union européenne, l’UE a adopté une position commune inédite considérant qu’« une autonomie véritable pourrait représenter une solution des plus réalisables » au différend régional autour du Sahara marocain. Cette évolution diplomatique s’inscrit dans une dynamique internationale favorable à l’initiative marocaine et accompagne une volonté partagée de hisser le partenariat bilatéral vers un niveau plus stratégique, plus profond et plus résilient.

Une position européenne commune sur le Sahara marocain

La 15e session du Conseil d’Association entre le Royaume du Maroc et l’Union européenne, clôturée jeudi à Bruxelles, a été marquée par l’adoption d’une nouvelle position européenne sur la question du Sahara marocain. Les vingt-sept États membres de l’UE ont acté, dans un communiqué conjoint, que « une autonomie véritable pourrait représenter une solution des plus réalisables » pour parvenir à un règlement définitif de ce différend régional.

Ce communiqué a été signé par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et la Haute représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité, Kaja Kallas. Le document reprend également l’appel du Conseil de sécurité des Nations unies invitant l’ensemble des parties à participer aux discussions sans conditions préalables, sur la base du plan d’autonomie proposé par le Maroc, afin d’aboutir à une solution politique durable.

Dans ce cadre, l’Union européenne s’est félicitée de la volonté du Maroc d’expliciter les modalités concrètes de mise en œuvre d’une autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine. L’UE a par ailleurs salué l’adoption, le 31 octobre 2025, de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui appuie pleinement les efforts du Secrétaire général de l’ONU et de son Envoyé personnel pour faciliter et conduire les négociations sur la base de l’initiative marocaine.

Une avancée diplomatique dans un contexte international favorable

Alors que plusieurs États membres de l’Union européenne avaient déjà exprimé leur soutien à la marocanité du Sahara et au plan d’autonomie, cette position commune des Vingt-Sept marque une avancée diplomatique majeure. Elle s’inscrit dans la dynamique internationale impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en faveur de la reconnaissance de la souveraineté du Royaume sur ses provinces du Sud et du renforcement de l’initiative d’autonomie comme cadre de règlement définitif.

Cette évolution traduit un consensus européen autour d’une solution politique fondée sur l’autonomie sous souveraineté marocaine. Elle est appelée à donner une impulsion nouvelle aux relations bilatérales, notamment dans la perspective de la mise en place d’un partenariat stratégique approfondi entre le Maroc et l’Union européenne.

Le Maroc plaide pour un partenariat stratégique renforcé

S’exprimant à l’occasion de cette session du Conseil d’Association, Nasser Bourita a affirmé que le Maroc est fermement déterminé à avancer main dans la main avec l’Union européenne afin d’établir un partenariat plus profond, plus stratégique et plus résilient. Il a souligné qu’il s’agit d’un partenariat au service des peuples, garant de la prospérité commune et facteur de stabilité dans un espace partagé.

Le ministre a rappelé que le Maroc, porté par la vision royale, apporte à l’Union européenne une offre stratégique concrète fondée sur la stabilité, la complémentarité, la compétitivité, la croissance, la connectivité et le rôle de passerelle vers le sud de la Méditerranée et l’Afrique. Forts de plus d’un demi-siècle de coopération et de co-construction bilatérale et régionale, le Maroc et l’UE sont, selon lui, appelés à franchir ensemble un nouveau seuil de relations.

Il a précisé que cette session constitue une opportunité pour réaffirmer l’ambition d’élever la relation bilatérale vers un partenariat approfondi, ancré stratégiquement et dépassant la simple logique de voisinage pour devenir une alliance de destin partagé.

Bilan de coopération et défis persistants

Nasser Bourita a dressé le bilan des six années écoulées depuis la précédente session du Conseil d’Association tenue en juin 2019, le qualifiant de globalement positif. Il a mis en avant les avancées réalisées dans les quatre espaces de coopération définis conjointement, à savoir la convergence des valeurs, la convergence économique et la cohésion sociale, les connaissances partagées, ainsi que la concertation politique et la coopération accrue en matière de sécurité.

Tout en soulignant ces progrès, le ministre a relevé que des défis subsistent et que la relation entre partenaires stratégiques doit reposer sur la prévisibilité et le dialogue préalable. Il a rappelé que le Maroc a toujours répondu aux initiatives européennes, notamment dans le cadre du Processus de Barcelone, de la Politique européenne de voisinage, du Pacte vert ou encore du Pacte pour la Méditerranée, par conviction de l’intérêt partagé et par fidélité à un partenariat structurant de sa politique extérieure.

Vers un changement de paradigme dans la relation Maroc-UE

Selon le chef de la diplomatie marocaine, les mutations géopolitiques et la profondeur des liens tissés avec l’Europe ont transformé le Maroc en un prolongement naturel et indispensable de l’espace géopolitique et économique européen. Il a estimé que l’élévation du partenariat implique des efforts en matière de convergence normative et réglementaire, de mécanismes de concertation permanente et de haut niveau, ainsi que d’investissements conjoints dans les secteurs d’avenir.

Il a appelé à opérer un changement de paradigme en passant d’une logique de voisinage à une logique d’alliance, et d’une approche fondée sur des programmes et projets ponctuels à des axes stratégiques structurants. Le ministre a également plaidé pour une intégration plus étroite du Maroc dans les processus décisionnels européens relatifs aux domaines qui le concernent directement, tels que l’environnement, le commerce, les réseaux portuaires ou les normes techniques.

La Coupe du monde 2030 comme accélérateur du partenariat

Dans cette perspective, Nasser Bourita a mis en avant la Coupe du monde de football 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, comme une opportunité historique d’accélération opérationnelle du partenariat. Il a souligné que cet événement fédérateur peut contribuer à moderniser les infrastructures de transport et de logistique, accélérer la numérisation des services, développer des infrastructures durables, renforcer les dispositifs sécuritaires et promouvoir un tourisme responsable et inclusif.

Il a proposé de faire de l’échéance 2030 un levier stratégique permettant de démontrer la pertinence et la valeur ajoutée du partenariat Maroc-UE.

L’UE affiche sa volonté de renforcer la coopération avec le Maroc

De son côté, la Haute représentante de l’Union européenne, Kaja Kallas, a exprimé la volonté de l’UE de renforcer le partenariat avec le Maroc face aux défis régionaux et internationaux communs. Elle a indiqué que cette session du Conseil d’Association vise à intensifier la coopération, notamment dans les domaines migratoire et sécuritaire, tout en soulignant le rôle du Maroc au sein du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

Elle a précisé que les discussions portent également sur plusieurs dossiers internationaux, notamment l’Ukraine, le Proche-Orient et le Sahel, mettant en avant l’expérience marocaine dans la lutte contre le terrorisme et la radicalisation. Gaza a été identifiée comme une priorité, la responsable européenne remerciant le Maroc pour avoir accueilli une réunion de l’Alliance globale en faveur de la solution à deux États.

Kaja Kallas a enfin confirmé l’adoption par l’Union européenne d’une nouvelle position commune sur la question du Sahara marocain, dans le prolongement de la résolution du Conseil de sécurité. Elle a conclu en affirmant que, après trente ans d’accord d’association, il est temps pour le Maroc et l’UE de faire davantage ensemble.

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