Scandale des audios en Argentine : une affaire d’espionnage qui secoue la présidence

Scandale des audios en Argentine : une affaire d’espionnage qui secoue la présidence

Le porte-parole présidentiel Manuel Adorni a dénoncé sur X « une attaque planifiée contre la présidence », visant Karina Milei et son collaborateur Eduardo « Lule » Menem.

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À Buenos Aires, la diffusion d’enregistrements attribués à Karina Milei, sœur et secrétaire générale du président Javier Milei, a déclenché une crise politique et judiciaire. Le gouvernement dénonce une « opération illégale » et obtient une interdiction de diffusion.

Une fuite qui devient affaire d’État

Un juge fédéral argentin a ordonné lundi la cessation immédiate de toute publication d’audios attribués à Karina Milei, enregistrés selon la presse au siège de la présidence. La décision s’applique à l’ensemble des médias, qu’ils soient écrits, audiovisuels ou numériques, ainsi qu’aux réseaux sociaux. L’Agence nationale de communication (Enacom) est chargée de veiller à l’application de cette mesure exceptionnelle.

Dans ces enregistrements, Diego Spagnuolo, alors à la tête de l’Agence nationale du handicap (Andis), y accuse Karina Milei (et son conseiller Eduardo "Lule" Menem) de percevoir des pots-de-vin sur des contrats pharmaceutiques. Il mentionne notamment que les commissions s’élèvent à environ 3 %, générant entre 500 000 et 800 000 dollars par mois.

Les fichiers audio attribués à Karina Milei évoquent uniquement les contraintes du travail et l'importance de la cohésion gouvernementale. Ils ne contiennent rien de compromettant d’un point de vue juridique ou éthique.

Le ministère de la sécurité a parallèlement déposé une plainte pour espionnage illégal, affirmant que ces enregistrements avaient été « capturés clandestinement, manipulés et diffusés progressivement » afin de « désinformer et déstabiliser » à l’approche des élections législatives. Le porte-parole présidentiel Manuel Adorni a dénoncé sur X « une attaque planifiée contre la présidence », visant Karina Milei et son collaborateur Eduardo « Lule » Menem.

Un climat politique empoisonné

Le gouvernement pointe du doigt plusieurs personnalités, dont des journalistes et un avocat, soupçonnés d’avoir participé à cette opération. Cette affaire survient alors que l’exécutif est déjà fragilisé par un autre scandale, lié à l’Agence nationale pour le handicap (Andis), où des enregistrements évoquent un système présumé de pots-de-vin impliquant des proches du président.

Pour les autorités, ces manœuvres constituent une menace directe pour la sécurité institutionnelle et visent à influencer l’opinion publique dans un contexte électoral particulièrement tendu.

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