Tanella Boni, voix de l’Afrique, sacrée au Prix Tchicaya U Tam’si de la Fondation du Forum d’Assilah

Tanella Boni, voix de l’Afrique, sacrée au Prix Tchicaya U Tam’si de la Fondation du Forum d’Assilah

Tanella Boni est l’une des figures les plus importantes de la littérature africaine contemporaine. Poétesse, romancière et philosophe, elle est membre associée de l’Académie du Royaume du Maroc. Elle est également lauréate de plusieurs prix prestigieux

1
Partager :

La poétesse ivoirienne Tanella Boni remporte la 13e édition du prestigieux Prix Tchicaya U Tam’si de la poésie africaine. Cette consécration, annoncée dans le cadre du Moussem culturel international d’Assilah, célèbre une œuvre profondément humaine et engagée, qui explore l’identité, la condition des femmes et les mutations de l’Afrique contemporaine.

Un prix prestigieux au service de la poésie africaine

Lundi, la Fondation du Forum d’Assilah a dévoilé le nom de la lauréate de la 13e édition du Prix Tchicaya U Tam’si de la poésie africaine. À l’issue de délibérations minutieuses, le jury a choisi à l’unanimité d’honorer Tanella Boni pour la richesse de son œuvre, la force de son engagement et la profondeur humaine qui imprègne chacun de ses textes.

Créé en 1988 à l’initiative de feu Mohamed Benaïssa, alors Secrétaire général de la Fondation du Forum d’Assilah, ce prix triennal rend hommage au grand poète congolais Tchicaya U Tam’si, figure majeure de la littérature africaine et habitué des Moussems d’Assilah depuis 1981. Depuis sa création, cette distinction récompense des poètes dont l’écriture incarne l’excellence et l’esprit d’un continent en quête de voix nouvelles et universelles.

Un jury de haut niveau

Le jury de cette 13e édition était présidé par le poète sénégalais Amadou Lamine Sall, président de la Biennale internationale de la poésie à Dakar et lui-même lauréat du prix en 2018. Il réunissait des personnalités du monde littéraire et académique : l’écrivain et journaliste mauritanien Bios Diallo, le poète et professeur universitaire marocain Nabil Mansar, l’ancien directeur du livre et de la lecture au Sénégal Abou Mbow, l’écrivain ivoirien Mohamed Nda, la directrice du Crystal Théâtre à Paris Catherine Savart et le secrétaire général de la Fondation du Forum Assilah, Hatim Betioui. Ensemble, ils ont examiné un ensemble d’œuvres provenant de plusieurs pays et en différentes langues, engageant un dialogue critique approfondi avant de parvenir à un consensus.

Tanella Boni, une voix singulière

Née à Abidjan en 1954, Tanella Boni est l’une des figures les plus importantes de la littérature africaine contemporaine. Poétesse, romancière et philosophe, elle a présidé l’Union des écrivains de Côte d’Ivoire entre 1991 et 1997 et a contribué à de nombreux projets littéraires, dont l’organisation du Festival international de poésie d’Abidjan.

Ses textes se distinguent par un langage sobre et dense, mêlant exigence esthétique et engagement social. Elle donne voix aux femmes, aux marginaux, à tous ceux dont la parole reste trop souvent étouffée. Son œuvre interroge l’identité, les bouleversements sociétaux et le devenir de l’Afrique, tout en résonnant au-delà du continent.

Tanella Boni est membre associé de l’Académie du Royaume du Maroc et ses écrits ont été salués par plusieurs distinctions prestigieuses : Prix Ahmadou Kourouma (2005), Prix Antonio Viccaro (2009), Prix Théophile Gautier de l’Académie française (2018) et Prix du Festival international de poésie francophone (2023).

Une tradition de reconnaissance

Le Prix Tchicaya U Tam’si compte parmi ses lauréats quelques-unes des plus grandes voix de la poésie africaine et diasporique : Édouard J. Maunick (Île Maurice), René Depestre (Haïti), Mazisi Kunene (Afrique du Sud), Ahmed Abdel Mo’ti Higazi (Égypte), Abdelkrim El Tabbal (Maroc), Niyi Osundare (Nigeria), Fama Diagne Sène (Sénégal) et Mehdi Akhrif (Maroc), Josué Guéb (Côte d’Ivoire), ou encore Paul Dakeyo (Cameroun).

En devenant la deuxième poétesse ivoirienne distinguée, Tanella Boni inscrit son nom dans une lignée de créateurs qui ont su dépasser les frontières pour offrir au monde une poésie enracinée et universelle à la fois.

Une cérémonie à venir

La remise officielle du prix est prévue le 9 octobre à Assilah, en présence de l’ensemble des membres du jury et sous la présidence d’Amadou Lamine Sall. Cette cérémonie sera l’un des moments forts de la session d’automne de la 46e édition du Moussem culturel international d’Assilah, fidèle à sa vocation de carrefour d’idées et de rencontres artistiques.

Pour la Fondation du Forum d’Assilah, ce prix est plus qu’une distinction littéraire : il s’agit de réaffirmer la place de la poésie comme miroir des sociétés africaines et comme force de réflexion sur les défis du présent et les promesses de l’avenir.

lire aussi