Tanger Chante le Monde : une ode musicale au dialogue des cultures

Tanger Chante le Monde : une ode musicale au dialogue des cultures

Tanger, Festival des Trois Rives, musique arabe, Jahida Wehbé, vivre-ensemble, cultures méditerranéennes, Fondation des Cultures du Monde, Tarab, dialogue interculturel, concerts

1
Partager :

Au bord du Détroit, là où les vents mêlent l’Orient et l’Occident, la ville de Tanger a donné le coup d’envoi de la première édition du Festival des Trois Rives. Un événement haut en couleur, placé sous le signe du Tarab, du vivre-ensemble et de la rencontre des cultures, avec en ouverture la voix céleste de Jahida Wehbé et un programme mêlant poésie, musique et espérance.

Le Tarab pour ouvrir les cœurs

C’est dans l’écrin majestueux du Palais des Arts et de la Culture de Tanger qu’a retenti, jeudi soir, la voix profonde et magnétique de Jahida Wehbé. Dans une salle pleine à craquer, la diva libanaise a tissé un pont musical entre l’âme orientale et le cœur tangérois. Accompagnée d’un orchestre raffiné, elle a offert un répertoire inspiré du patrimoine arabe classique, revisité avec ferveur et modernité.

Tarab, spiritualité et amour se sont mêlés dans ce concert d’ouverture, où chaque note semblait répondre à l’appel d’une ville millénaire : Tanger, la mystérieuse, l’éternelle, la rebelle et la rêveuse. Le public, transporté, a salué par de longues ovations ce moment suspendu, hors du temps, qui a marqué le lancement d’un festival pas comme les autres.

Une ville, trois rives, mille résonances

"Tanger Chante le Monde" est plus qu’un simple festival. C’est une déclaration d’intention. Porté par la Fondation des Cultures du Monde, l’événement veut incarner l’âme de Tanger : cette ville-frontière qui regarde l’Espagne sans tourner le dos au Maghreb, qui parle toutes les langues sans renier la sienne.

Nadia Benjelloun, présidente du festival, a rappelé que cette première édition est dédiée à la diversité, à la tolérance et à l’espoir. "Tanger est un lieu de passage, un lieu d’accueil. Ce festival est un cri doux dans un monde bruyant, une invitation à l’écoute, au respect, à l’union des peuples", a-t-elle confié à  MAP.

Une programmation cousue de poésie

Pensé comme un écrin pluridisciplinaire, le festival déroule jusqu’au 1er juin une riche mosaïque d’événements : concerts prestigieux, lectures poétiques, rencontres littéraires, et spectacles en plein air.

À la tête de la direction artistique, Gérard Kurkdjian souligne l’ambition du projet : "Ce n’est pas un festival folklorique. C’est un festival enraciné dans la tradition mais ouvert au monde. C’est un hommage à l’histoire musicale et poétique des peuples du pourtour méditerranéen."

Chaque soir, le Palais des Arts vibrera au rythme des artistes venus d’horizons différents : le mystique Omar Metioui et son ensemble Al Shustari, les voix puissantes du London Community Gospel Choir, les sonorités festives d’Itaca Band, la fusion orientale du Tigrane Kazazian Quartet, ou encore l’élégante soprano Samira Kadiri avec sa création "D’une Rive à l’Autre".

Des voix qui traversent les frontières

Avec cette première édition, Tanger affirme plus que jamais son rôle de passerelle culturelle. Le Festival des Trois Rives n’est pas un simple événement musical : il est un acte de foi en la beauté du monde, en sa pluralité, en ses langages partagés.

Dans une époque tourmentée par les replis et les divisions, Tanger, fidèle à son histoire de brassage, choisit de chanter. Chanter l’ailleurs et le proche, le silence et l’excès, l’amour et la paix.

lire aussi