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TICAD-9 : Le Japon réaffirme avec force sa non-reconnaissance de l’entité séparatiste
Dès la séance inaugurale de la réunion ministérielle, Takeshi Iwaya a tenu à dissiper toute ambiguïté. "La présence dans cette réunion de toute entité que le Japon ne reconnaît pas comme État n’affecte en rien la position du Japon concernant le statut de cette entité"
Lors de la 9e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD-9), tenue à Yokohama, la diplomatie japonaise a réitéré à plusieurs reprises sa position constante : Tokyo ne reconnaît pas l’entité séparatiste. Cette clarification ferme, exprimée trois fois en deux jours par le ministre des Affaires étrangères Takeshi Iwaya, traduit la volonté du Japon d’éviter toute instrumentalisation politique d’un sommet consacré aux enjeux du développement africain.
Une mise au point claire dès l’ouverture des travaux
Dès la séance inaugurale de la réunion ministérielle, Takeshi Iwaya a tenu à dissiper toute ambiguïté. "La présence dans cette réunion de toute entité que le Japon ne reconnaît pas comme État n’affecte en rien la position du Japon concernant le statut de cette entité", a-t-il déclaré devant les représentants africains et les organisations internationales.
Cette prise de position a été réitérée le lendemain, lors de l’ouverture du sommet, dans une allocution liminaire volontairement centrée sur ce seul point, après les salutations d’usage. En choisissant d’en faire l’élément majeur de son intervention, le chef de la diplomatie japonaise a voulu envoyer un message clair : Tokyo refuse que la TICAD soit détournée de sa vocation première par des manœuvres politiques émanant de l’entité séparatiste.
Une triple réaffirmation face aux tentatives de récupération
La position nippone ne souffre d’aucune ambiguïté. Outre la déclaration ministérielle et celle prononcée en ouverture du sommet, le Japon avait déjà précisé sa ligne lors de la réunion préparatoire des hauts fonctionnaires. Le gouvernement a rappelé qu’il n’avait adressé d’invitation qu’aux États avec lesquels il entretient des relations diplomatiques, soulignant que la présence de l’entité séparatiste relevait uniquement de l’initiative de la Commission de l’Union africaine.
Cette triple réaffirmation s’inscrit dans la continuité des positions déjà exprimées par Tokyo lors de précédentes éditions de la TICAD et dans d’autres instances internationales. Elle illustre la volonté du Japon de s’aligner sur la légitimité internationale, en cohérence avec l’ONU et l’écrasante majorité de ses États membres qui ne reconnaissent pas l’entité séparatiste et soutiennent largement l’initiative marocaine d’autonomie présentée en 2007.
Une conférence tournée vers le développement et l’innovation
Au-delà de ce rappel diplomatique, la TICAD-9 poursuit son objectif central : renforcer la coopération entre le Japon et l’Afrique dans les domaines du développement durable, de l’innovation technologique et de l’inclusion sociale. Placée sous le thème "Co-créer des solutions innovantes avec l’Afrique", cette édition vise à harmoniser les priorités de l’Union africaine avec celles de l’Agenda 2030 des Nations Unies.
Le "TICAD Business Expo", organisé en marge du sommet, illustre cette dynamique. Pas moins de 196 entreprises et organisations japonaises y participent, dont 107 petites et moyennes entreprises, venues présenter leurs innovations dans huit secteurs : infrastructures, santé publique, agroalimentaire, transition numérique, développement durable et culture populaire. Ces initiatives traduisent la volonté de Tokyo de consolider son partenariat avec l’Afrique, en misant sur l’innovation et les échanges économiques.
La délégation marocaine, conduite par l’ambassadeur du Royaume au Japon, Mohamed Rachad Bouhlal, prend part à ces travaux, renforçant ainsi la présence du Maroc dans un forum stratégique qui conjugue enjeux politiques, diplomatiques et économiques.