Une croissance soutenue au Maroc : 5,5 % au deuxième trimestre 2025 selon le HCP, la consommation des ménages, moteur essentiel de l’économie

Une croissance soutenue au Maroc : 5,5 % au deuxième trimestre 2025 selon le HCP, la consommation des ménages, moteur essentiel de l’économie

La dynamique de l’économie nationale repose avant tout sur la demande intérieure, dont la croissance a atteint 9,2 % et la consommation des ménages, moteur essentiel de l’économie, a connu une croissance de 5,1 %

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L’économie marocaine a enregistré une croissance robuste de 5,5 % au deuxième trimestre 2025, contre 3 % durant la même période de l’année précédente, selon les derniers comptes nationaux publiés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Cette performance, dans un contexte de maîtrise de l’inflation mais aussi d’aggravation des besoins de financement, traduirait une certaine vitalité des moteurs internes, en particulier la consommation et l’investissement. Toutefois, plusieurs défis subsistent.

Le HCP précise que les activités non agricoles ont progressé de 5,5 %, tandis que le secteur agricole a affiché une hausse de 4,7 %. Dans le détail, la valeur ajoutée du secteur primaire a bondi de 4,2 % après une baisse de 4,8 % un an plus tôt, portée par la reprise de l’activité agricole (+4,7 %), même si la pêche a reculé (-7,7 %). Le secteur secondaire a, lui, connu une nette accélération avec une hausse de 7,4 %, contre 3,1 % au deuxième trimestre 2024, tirée par l’électricité et l’eau (+8,9 %), les industries de transformation (+6,9 %) et le BTP (+6,7 %).

Quant au secteur tertiaire, il a consolidé sa croissance avec une progression de 4,8 %, contre 4,2 % un an plus tôt. L’hébergement et la restauration ont affiché une dynamique impressionnante (+10,5 %), tout comme les services publics (+4,8 %) et le commerce et la réparation automobile (+4,4 %). Certains domaines ont cependant ralenti, comme l’éducation, la santé et l’action sociale (+5,7 % après +6,4 %) ainsi que le transport et l’entreposage (+4,3 % après +7,9 %). Aux prix courants, le PIB a progressé de 7,8 %, ce qui traduit un ralentissement du niveau général des prix à 2,3 %, contre 3,9 % un an plus tôt.

La demande intérieure, moteur de la croissance

La dynamique de l’économie nationale repose avant tout sur la demande intérieure, dont la croissance a atteint 9,2 % au deuxième trimestre, après 6,6 % à la même période en 2024. Sa contribution à la croissance globale a ainsi grimpé à 9,9 points, contre 7,1 points un an plus tôt.

L’investissement brut, incluant la formation brute de capital fixe et la variation des stocks, a progressé de 18,9 %, après 14,3 % au deuxième trimestre 2024, apportant 5,6 points de croissance, contre 4 points auparavant. La consommation finale des administrations publiques s’est également renforcée, passant de 5,1 % à 6,5 %, avec une contribution de 1,2 point contre 0,9 point l’année précédente.

La consommation des ménages, moteur essentiel de l’économie, a connu une croissance de 5,1 % au lieu de 3,3 %, contribuant à hauteur de 3 points à la croissance globale, contre 2 points en 2024. Ce redressement reflète une amélioration du pouvoir d’achat dans un climat de relative stabilité des prix.

Sur le front extérieur, le tableau est plus contrasté. Les importations de biens et services ont augmenté de 15,7 %, après 13,6 % en 2024, grevant la croissance de 7,9 points, contre une contribution négative de 6,8 points un an plus tôt. Les exportations, en hausse de 8,5 % après 6,3 %, ont généré une contribution positive de 3,6 points, mais insuffisante pour compenser le déficit commercial. Au total, les échanges extérieurs ont pesé négativement à hauteur de 4,4 points sur la croissance.

 Épargne et investissement : un équilibre fragile

Selon le HCP, l’épargne nationale s’est établie à 29,3 % du PIB au deuxième trimestre 2025, contre 28,4 % un an auparavant. Cette amélioration s’explique par le ralentissement de la consommation finale nationale, qui a progressé de 5,9 % en valeur, contre 6,5 % au T2-2024.

Toutefois, le revenu national brut disponible, malgré une baisse des revenus nets reçus de l’étranger (-0,9 % après +5,6 %), a progressé de 7,2 %, contre 6,8 % l’année précédente. L’investissement brut a, de son côté, atteint 32,5 % du PIB, contre 30 % un an plus tôt, confirmant l’effort soutenu en matière de modernisation et d’infrastructures.

En revanche, le besoin de financement de l’économie nationale s’est creusé, passant de 1,6 % du PIB à 3,2 %. Cette aggravation illustre la dépendance accrue aux capitaux extérieurs pour équilibrer la balance des paiements, malgré la vitalité de l’investissement et l’amélioration de l’épargne.

Des perspectives contrastées mais porteuses d’espoir

Les chiffres publiés par le HCP mettent en lumière une économie marocaine en nette reprise, tirée par l’investissement et la consommation, et portée par un retour à la croissance agricole. La consolidation de la demande intérieure est un signal positif, traduisant un regain de confiance des ménages et des entreprises.

Toutefois, plusieurs défis subsistent. Le poids des importations pèse lourdement sur la balance commerciale, réduisant l’impact des exportations pourtant en progression. L’aggravation du besoin de financement appelle à une vigilance accrue sur la soutenabilité des équilibres macroéconomiques, en particulier dans un contexte international incertain marqué par la volatilité des marchés énergétiques et des matières premières.

Le ralentissement constaté dans certains services, comme la santé, l’éducation ou le transport, rappelle également la nécessité de renforcer la qualité des infrastructures sociales et de stimuler les secteurs directement liés au bien-être des citoyens.

Dans ce paysage contrasté, la stratégie de diversification économique engagée par le Maroc, combinant industrie, services à valeur ajoutée et investissements massifs dans les infrastructures, constitue un levier essentiel pour transformer cette croissance en développement inclusif et durable.

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