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Une rentrée parlementaire sous tension sociale et électorale
‘’La réduction des disparités sociales et territoriales, la généralisation de la protection sociale, la réforme des systèmes éducatif et de santé, et la stimulation de l’emploi et de l’investissement, sur tous ces sujets le Parlement doit adopter une approche plus participative, capable d’intégrer les contributions de la société civile et des institutions de gouvernance’’ (Député du PPS).
À la veille d’une année électorale cruciale, la rentrée parlementaire s’annonce dense et déterminante. Entre la préparation du projet de loi de finances, la réforme du code du travail, la refonte des régimes de retraite et la mise à jour du cadre électoral, le gouvernement et les élus sont appelés à conjuguer efficacité et responsabilité. La dernière ligne droite du mandat s’ouvre sur fond de bilans contrastés, d’attentes sociales fortes et de tensions politiques latentes.
Une législature face à l’urgence de réformes structurelles
Le Parlement s’apprête à vivre une session charnière, avec un agenda législatif particulièrement chargé. En tête des priorités figurent la révision du cadre électoral, en prévision des élections législatives de 2026, et le projet de loi de finances 2026, pierre angulaire de la politique publique. À ces dossiers s’ajoutent deux chantiers majeurs : la réforme des caisses de retraite et celle du code du travail, deux sujets à haute sensibilité sociale et économique.
Mohamed Chaouki, président du groupe du Rassemblement national des indépendants (RNI) à la Chambre des représentants, assure que le gouvernement a adopté un plan législatif proactif destiné à dépasser les calculs électoraux. Selon lui, cette année doit servir à accélérer l’exécution des réformes engagées dans des secteurs vitaux tels que la santé, l’éducation, l’investissement et la justice. Il estime que les fruits de ces transformations commenceront à se manifester dans les prochaines années, au bénéfice direct des citoyens.
Le député met en avant le dynamisme du travail parlementaire accompli depuis le début de la législature : plus d’une centaine de textes adoptés, une réactivité accrue du gouvernement aux questions des députés et une procédure législative renforcée. Une dynamique qui, selon lui, a permis d’ancrer de nouvelles pratiques démocratiques et de rationaliser le dialogue institutionnel.
Une opposition mobilisée autour des priorités nationales
Pour Rachid Hamouni, chef du groupe du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), cette rentrée parlementaire représente une occasion de renouveler la mobilisation autour des grandes causes nationales, au premier rang desquelles la question du Sahara marocain. Il rappelle que les succès diplomatiques obtenus sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI doivent être consolidés par une action parlementaire continue et concertée.
Au-delà de la diplomatie, le responsable du PPS appelle à redonner de la vigueur à plusieurs chantiers en attente : la réduction des disparités sociales et territoriales, la généralisation de la protection sociale, la réforme des systèmes éducatif et de santé, et la stimulation de l’emploi et de l’investissement. Pour lui, le Parlement doit adopter une approche plus participative, capable d’intégrer les contributions de la société civile et des institutions de gouvernance.
Hamouni reconnaît toutefois que le bilan législatif reste tributaire du degré de réactivité du gouvernement aux initiatives parlementaires. Selon lui, la réussite de cette session dépendra de la capacité des différentes forces politiques à dépasser leurs clivages pour traduire en actes les aspirations citoyennes.
Une année électorale sous contrainte politique et institutionnelle
L’enseignant-chercheur Mohamed Zineddine, spécialiste du droit constitutionnel à l’Université Hassan II de Casablanca, rappelle que cette rentrée s’inscrit dans un contexte électoral par excellence, marqué par les rivalités entre majorité et opposition, mais aussi par des tensions internes au sein même de la coalition gouvernementale. Il souligne que les mois à venir seront dominés par des débats intenses autour des projets de loi structurants – code du travail, réforme des retraites, cadre électoral et loi de finances – autant de textes nécessitant un large consensus.
L’universitaire met en garde contre le risque de « gaspillage du temps législatif » à l’approche des élections. Il insiste sur l’importance de finaliser les engagements du programme gouvernemental avant la fin du mandat et appelle à renforcer les capacités du Parlement par une coopération accrue avec les centres de recherche et les experts. Cette synergie, estime-t-il, est essentielle pour améliorer la qualité de la législation et asseoir une culture d’évaluation rigoureuse des politiques publiques.
Entre exigences réformatrices et calculs électoraux, cette session parlementaire sera un véritable test pour la maturité politique du pays. Elle devra démontrer que les institutions marocaines sont capables de conjuguer la stabilité politique avec la continuité des réformes, dans un contexte social exigeant et un environnement international incertain. (Quid avec MAP)