Vers une interdiction des réseaux sociaux en France aux moins de 15 ans

Vers une interdiction des réseaux sociaux en France aux moins de 15 ans

Le rapport dresse un tableau sombre de l’écosystème numérique fréquenté par les jeunes. Selon les députés, les réseaux exploitent des vulnérabilités psychologiques déjà existantes et peuvent amplifier anxiété, isolement ou troubles de l’attention

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Paris – Une commission d’enquête de l’Assemblée nationale recommande d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Après six mois d’auditions, son rapport met en garde contre des effets psychologiques jugés préoccupants chez les mineurs, et cible en particulier les mécanismes algorithmiques qui favorisent la dépendance, la sédentarité, le manque de sommeil et la comparaison sociale.

Un diagnostic sévère sur l’impact des plateformes

Le rapport dresse un tableau sombre de l’écosystème numérique fréquenté par les jeunes. Selon les députés, les réseaux exploitent des vulnérabilités psychologiques déjà existantes et peuvent amplifier anxiété, isolement ou troubles de l’attention. Si ces constats valent pour plusieurs plateformes, les rapporteurs soulignent la puissance des systèmes de recommandation qui enferment rapidement l’utilisateur dans des boucles de contenus problématiques et hautement addictifs.

TikTok dans le viseur, mais un problème plus large

Au cœur des travaux, TikTok, non sans apriori idéologique, est décrite comme l’application la plus utilisée par les adolescents. Son algorithme est jugé particulièrement agressif dans la captation de l’attention. Pour Arthur Delaporte, président socialiste de la commission, “ce qu’on retrouve sur TikTok existe ailleurs”, mais c’est sur ce réseau que les jeunes passent le plus de temps, ce qui en démultiplie l’effet. Le rapport évoque un “réseau hors de contrôle à l’assaut de la jeunesse”, où des contenus néfastes circulent largement, rendant la modération et la prévention plus difficiles.

Quarante-trois recommandations pour une riposte publique

Le document propose un arsenal de 43 mesures. Outre l’interdiction d’accès aux moins de 15 ans, il préconise la généralisation du dispositif “portable en pause” à l’école, l’interdiction des téléphones dans les lycées et une “décroissance digitale” au sein de l’Éducation nationale. Il suggère aussi d’intensifier la sensibilisation parentale, notamment via des messages intégrés au carnet de santé, et d’exiger plus de transparence des plateformes sur leurs algorithmes et leurs procédures de modération.

La commission appelle enfin à un meilleur encadrement de l’âge et du consentement numérique, combinant vérification robuste, accompagnement éducatif et coopération renforcée entre autorités, établissements scolaires et acteurs industriels, afin de réduire l’exposition des mineurs aux risques documentés.

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