Le sport marocain : un chantier Royal et un produit collectif – Par Me Mohammed Ben El Mahi

Le sport marocain : un chantier Royal et un produit collectif – Par Me Mohammed Ben El Mahi

Le Roi Mohammed VI préside à M’diq recevant la délégation olympique aux Jeux de Paris lors de la réception à l’occasion de la glorieuse Fête du Trône du 30 juillet 2025

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Dans cette tribune, Mohammed Ben El Mahi souligne que les succès du sport marocain, illustrés notamment par les performances des Lions de l’Atlas, s’inscrivent dans une vision stratégique impulsée par le Roi Mohammed VI depuis les Assises nationales du sport de 2008. L’auteur met en avant la complémentarité entre l’impulsion royale, l’action des institutions, l’engagement des fédérations, des collectivités territoriales et des citoyens pour faire du sport un levier de développement, de cohésion sociale et de rayonnement international du Royaume.

Mohammed Ben El Mahi,

Président de la Fédération Royale Marocaine du Cyclisme 

Le Roi Mohammed VI distribuant de vélos dans une école

Si aujourd’hui l’équipe nationale marocaine de football, sur les plus grandes scènes et chaînes sportives internationales déchaîne les passions, suscite l’admiration, et fédère les Marocains partout dans le monde, ce n’est pas le fruit du hasard… 

C’est l’écho silencieux d’une vision éclairée et le résultat serein d’une stratégie mûrement réfléchie fondée sur une recette gagnante : le Concept Royal Sportif.

Derrière chaque victoire, (Équipes Nationales du Brésil, Ecosse, Haïti , Hollande ..) chaque moment d’émotion, chaque regard tourné vers le drapeau, se dessine une structure invisible — celle d’une ambition guidée par une conviction stratégique profonde. 

Le secret ne réside pas uniquement sur le terrain… mais dans cet équilibre réussi entre vision, planification et destin. 

Un engagement collectif 

Le sport au Royaume du Maroc s’inscrit au cœur des politiques publiques, constituant un levier structurant où se croisent les dimensions sociales, économiques et institutionnelles du développement. 

Depuis la tenue des Assises nationales du sport à Skhirat en octobre 2008, marquées par la Lettre Royale adressée aux participants, le secteur sportif marocain a connu un véritable tournant stratégique et une dynamique de renouveau. 

Cette orientation a été renforcée par la Constitution de 2011, qui consacre le sport comme un droit fondamental et engage les pouvoirs publics à promouvoir son développement, garantir son accessibilité et consolider sa gouvernance démocratique. (1) 

Le concept sportif royal : une feuille de route stratégique réussie 

Le secret ne réside pas uniquement sur le terrain… mais dans cet équilibre réussi entre vision, planification et destin. 

Le « concept sportif royal » s’inscrit dans une vision globale et intégrée du sport, considérée comme un projet de société complet reposant sur quatre axes fondamentaux : la généralisation de la pratique sportive, la professionnalisation des structures, la valorisation du capital humain et la bonne gouvernance. 

Ce modèle prône une gouvernance moderne fondée sur la transparence, la performance et une formation productive. 

Il met également l’accent sur l’importance de l’investissement dans les infrastructures, la formation continue des cadres, le développement des médias sportifs et l’accompagnement des talents dès le plus jeune âge. 

Il souligne en outre le rôle du sport comme vecteur de rayonnement international et de diplomatie d’influence pour le Royaume du Maroc. 

Un cadre institutionnel structuré 

En parfaite cohérence avec les conventions conclues avec le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports — principal acteur de la gestion du secteur sportif — plusieurs intervenants, au premier rang desquels les fédérations royales, ainsi que les acteurs publics et privés, contribuent à la mise en œuvre des projets et événements sportifs aux niveaux national et international. (2) 

À travers la Direction des Sports, le ministère élabore les textes réglementaires, accompagne 72 fédérations sportives nationales, dont 32 olympiques, ainsi que plus de 300 ligues régionales. Il œuvre également à la promotion du sport pour tous et à la structuration de l’éducation physique en tant que levier d’inclusion et de développement. 

L’architecture institutionnelle du sport marocain repose sur plusieurs acteurs clés. Les fédérations royales marocaines, y compris la fédération du sport scolaire, jouent un rôle central dans l’encadrement des disciplines, la formation des athlètes et l’organisation des compétitions. Elles assurent une mission de service public et constituent un lien essentiel entre la base (ligues, clubs et associations) et les instances internationales et continentales. 

Le Comité National Olympique Marocain (CNOM) assure, quant à lui, la représentation du Maroc au sein du mouvement olympique international et accompagne les fédérations. Il œuvre à la diffusion des valeurs olympiques, au développement du sport de haut niveau et à la préparation des athlètes aux grandes échéances, notamment dans le cadre des programmes GIL 2028-2032. 

Il joue également un rôle de coordination entre les différentes fédérations, tout en veillant au respect des normes internationales de gouvernance sportive et des principes du fair-play. 

Par ailleurs, les collectivités territoriales occupent une place croissante dans la politique sportive nationale, à travers la signature de conventions, la contractualisation d’objectifs et leur contribution à la construction et à la gestion des infrastructures sportives (terrains de proximité, salles multisports), ainsi que le soutien aux clubs et associations, contribuant ainsi à la démocratisation de la pratique sportive. (3) 

La citoyenneté active : un pilier essentiel de la réussite sportive marocaine 

Le succès du sport au Maroc ne repose pas uniquement sur les institutions, mais aussi sur l’engagement des citoyens. Les corps constitués — Gendarmerie Royale, Sûreté Nationale, Protection Civile et Forces Auxiliaires — jouent un rôle déterminant dans la sécurisation des événements sportifs et la gestion des foules. 

Les bénévoles constituent également une ressource humaine essentielle, contribuant à l’organisation, à l’accueil et à la logistique, dans un esprit de solidarité et de citoyenneté. 

Les médias et les journalistes participent activement à la valorisation du sport marocain, à travers la couverture des événements et la mise en lumière des performances, renforçant ainsi le rayonnement international du Royaume. 

Par ailleurs, le secteur des médias sportifs est devenu une véritable industrie économique, capable de créer des emplois et de contribuer au développement, grâce à l’investissement dans la formation et les contenus sportifs. 

Il convient également de saluer les efforts des chaînes publiques dans ce domaine, notamment avec le lancement de plusieurs chaînes sportives thématiques nationales, particulièrement pertinentes dans un contexte marqué par la multiplication des compétitions et des événements sportifs. 

Le sport comme levier de développement 

Au Maroc, le sport dépasse sa dimension ludique pour devenir un véritable levier de développement humain. Il joue un rôle central dans l’inclusion sociale, le renforcement de la cohésion territoriale et l’encadrement de la jeunesse. 

En transmettant des valeurs telles que la discipline, le respect et l’esprit d’équipe, il contribue à la formation du citoyen. 

Sur le plan économique, le secteur sportif connaît une croissance soutenue. Les événements sportifs, le sponsoring, les droits de diffusion et les retombées touristiques participent activement à la dynamisation de l’économie nationale. 

Le Maroc ambitionne ainsi de s’imposer comme un hub sportif régional et continental, attirant les investissements et renforçant son attractivité. 

Les vertus du sport : l’apprentissage des règles et des lois 

Le sport est une véritable école de citoyenneté.  Il enseigne aux jeunes le respect de soi et des autres, l’adhésion aux règles et, par conséquent, le respect du droit. 

Sa pratique dans les établissements scolaires, les quartiers et les infrastructures de proximité traduit un nouvel engagement collectif fondé sur sa dimension sociale, éducative et culturelle. 

Le sport favorise le vivre-ensemble et contribue à dépasser les clivages sociaux et culturels. 

Il participe également à la lutte contre la violence, souvent liée à l’inactivité et à la frustration. 

La force du sport réside en lui-même, et il constitue un vecteur privilégié d’apprentissage serein de la démocratie. En somme, le sport nous enseigne : « le vivre ensemble ». 

Le sport au Maroc constitue ainsi un chantier royal et un produit collectif, mobilisant l’ensemble des acteurs institutionnels, territoriaux et citoyens. 

Entre volonté politique affirmée, structuration institutionnelle solide et ambitions économiques prometteuses, le Royaume suit une trajectoire ascendante, tout en s’efforçant de relever les défis persistants, notamment en matière de gouvernance, de financement et d’équité territoriale des infrastructures, en particulier les piscines et les vélodromes.  

(1) Constitution du Maroc 2011 – articles 26 à 31 et 33. 

(2) Décret n° 2-24-328 du 2 août 2024 relatif aux attributions du ministère. 

(3) Article 97 de la loi organique n° 031.26 relative aux collectivités territoriales.

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