chroniques
L’évolution de MAGA en MIGA - Par Dr Samir Belahsen
Une manifestante brandit une pancarte représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur un char, lors d'une manifestation contre l'action militaire américano-israélienne contre l'Iran, à New Delhi, le 3 mars 2026. (Photo de Sajjad HUSSAIN / AFP)
Dans cette chronique, Samir Belahsen propose une lecture critique de l’évolution de la doctrine stratégique américaine au Moyen-Orient. À travers la formule « de MAGA à MIGA », il avance l’idée d’un basculement géopolitique où la politique américaine, sous l’ère Trump, aurait progressivement placé Israël au centre d’un nouvel ordre régional. Entre recomposition des alliances, rivalités de puissance et interrogations sur le droit international, l’auteur explore les implications d’un recalibrage stratégique susceptible de redessiner durablement les équilibres du Moyen-Orient.

Samir Belahsen
« Le sionisme a fini par occuper cette terre. Mais il lui est difficile d'admettre que cette occupation, violente, elle aussi, ne fut pas faite, pour l'essentiel, par les descendants de ceux qui en avaient été chassés. Nous l'avons dit : la plupart des juifs d'Israel, à l'exception des Yéménites, des Irakiens et des Syriens, ne sont pas des sémites. » in Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Israël, Jean-Claude barreau, éd. Toucan, 2010, p. 169 - Jean-Claude Barreau
« Nous irons aussi loin que nécessaire. » Donald Trump
Une nouvelle ère géopolitique :
Aucun doute ! Nous vivons une véritable transition, un changement profond dans la configuration des relations internationales au Moyen-Orient et bien au-delà.
Sous la direction de l'administration du Predator, cette transition traduit une redéfinition des priorités stratégiques, où « Israël » occupe désormais une place prépondérante.
Ce changement reflète non seulement une affirmation de l'hégémonie américaine acquise dans la région, mais également une volonté de placer désormais Israël en tant que pivot incontournable.
Rappelons-nous les faits annonciateurs de cette mutation : la reconnaissance de Jerusalem comme capitale, le soutien militaire et financier, l’engagement total dans les accords d’Abraham…
La seule certitude qui en découle est que, dans ce contexte, Israël tendrait à s’imposer comme la seule puissance régionale dominante, tant sur le plan économique que militaire.
Cette nouvelle ère, que le Predator est en train d’imposer au monde, implique des enjeux liés à la réorganisation des alliances, à l’émergence de nouveaux types de conflits, et à des implications profondes pour toute la région du moyen orient.
L’imposition d’ « Israël » comme l’acteur majeur questionne la dynamique des équilibres régionaux et pose la question cruciale de la gestion des risques et des opportunités dans un contexte de tensions persistantes.
De MAGA à MIGA
La transition de MAGA à MIGA illustre un changement stratégique significatif, motivé par des enjeux à la fois internes et externes.
Sur le plan interne, ce serait des ambitions économiques, des convictions religieuses et la volonté d’assurer la sécurité nationale et d’accroître l’hégémonie internationale. Les appétits économiques se manifestent par l’objectif de dynamiser certains secteurs. ( La défense, les infrastructures et la technologie).
Les facteurs externes, quant à eux, paraissent plus déterminants. La redéfinition de l’ordre régional, la nécessité de faire face à des adversaires traditionnels alliés d’une manière ou d’une autre à l’Iran, (Chine et Russie), expliquent cette mutation.
Ce processus de transformation repose également sur une lecture stratégique très discutable des enjeux régionaux et globaux.
Si l’amélioration de la sécurité régionale au service des Etats unis et la volonté de renforcer l’hégémonie sur les acteurs locaux et la nécessité de préserver des intérêts économiques essentiels ont été les moteurs principaux de cette mutation. Ces motivations conduisent plus à renforcer l’insécurité de tous et la méfiance grandissante des partenaires traditionnels.
Les prochaines semaines de l’évolution de cette guerre nous fixeront sur la redéfinition des priorités stratégiques et sur le recalibrage des alliances. On pourra alors mesurer l’impact des transformations du paysage géopolitique.
« Israel » au cœur du recalibrage
Au cœur de ce recalibrage géopolitique majeur, « Make Israël Great Again », il y a une volonté politique du Predator et de son administration.
Les motivations et les implications de cette mutation façonneront durablement la région.
L’objectif clairement défini d’assurer et de maintenir la supériorité relative de l’entité sioniste face à ses « adversaires » arabes et régionaux risque de plonger toute la région dans l’instabilité pour plusieurs années.
L’horizon d’une paix durable ne fait que s’éloigner. Une paix ne peut être durable que quand elle est juste.
Les déséquilibres régionaux en cas de réussite de l’affaiblissement de l’Iran impliqueront des tensions avec d’autres acteurs qui pourraient percevoir cette consolidation de l’entité sioniste comme pivot de la région, comme une menace à leur influence ou à leur sécurité, on pense surtout à la Turquie et à l’Arabie.
Un « Israël » renforcé aura ses propres appétits, ce qui va alimenter des sentiments d’insécurité et provoquer une accélération de stratégies asymétriques visant à limiter son expansion.
La nécessité pour certains acteurs de former des blocs de résistance, de renforcer leurs capacités militaires va inévitablement passer par de nouvelles alliances.
Et le droit international ?
Sur le plan du droit international, Imposer par la force « Israël » comme puissance régionale dominante, soulève des questions relatives à la légitimité et à la reconnaissance des nouveaux équilibres de pouvoir, notamment en ce qui concerne la souveraineté et les revendications territoriales.
Tout ce schéma, comme la guerre elle-même, est loin des normes internationales établies. Les actions unilatérales, motivées par la priorité stratégique d’Israël, compromet la stabilité juridique internationale. L’ONU elle-même est en question.
Les risques d'escalade de la confrontation se multiplient dans un contexte où les acteurs régionaux et internationaux peuvent percevoir des provocations ou des violations du statu quo. Les différends liés aux références historiques, aux assises du droit humanitaire, ainsi qu'aux revendications territoriales, entraîneraient une instabilité accrue, voire des confrontations armées.
On en arrive à espérer que MAGA, des démocrates et des acteurs Internationaux crédibles puissent arrêter cette politique MIGA que le Predator arrogant pour les uns et amateur pour les autres, poursuit au feeling…