Culture
Agenda Culturel : Musées du Maroc, cinéma, street art et musique
À Rabat, la 11e édition du Festival Jidar-Rabat Street Art prépare son retour avec l’ouverture des candidatures pour le projet « Mur collectif ».
Entre valorisation du patrimoine muséal, soutien aux jeunes artistes, célébration de la création féminine et diffusion d’œuvres cinématographiques et musicales, plusieurs initiatives culturelles récentes témoignent du dynamisme de la scène artistique marocaine. De Rabat à Essaouira, en passant par Marrakech et jusqu’à Tunis, institutions et créateurs participent à une même dynamique : promouvoir le patrimoine, encourager la création contemporaine et renforcer les échanges culturels.
Les premiers labels « Musée du Maroc » décernés à Rabat
Le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat a accueilli la cérémonie de remise des premiers labels « Musée du Maroc », une distinction attribuée par la Fondation Nationale des Musées (FNM) à plusieurs institutions répondant aux normes de conservation, de gestion et de valorisation des collections.
Cinq institutions ont été distinguées lors de cette première édition : le Musée Nejjarine des Arts et Métiers du bois à Fès, les musées de Bank Al-Maghrib à Rabat et à Marrakech, le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL), ainsi que le Musée Yves Saint Laurent et le Musée Pierre Bergé des arts berbères.
Valable pour une durée de quatre ans renouvelables, ce label s’inscrit dans le cadre juridique défini par la loi relative aux musées et vise à accompagner la professionnalisation du secteur muséal. Il traduit également l’ambition de hisser les institutions culturelles marocaines aux standards internationaux.
Le président de la FNM, Mehdi Qotbi, a souligné que cette initiative ouvre de nouvelles perspectives pour la valorisation du patrimoine national. Selon lui, les musées marocains sont devenus, grâce aux actions de la Fondation, de véritables espaces de vie culturelle et de transmission.
Plusieurs responsables d’institutions distinguées ont salué cette reconnaissance. Le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a rappelé que le musée de l’institution œuvre depuis deux décennies à préserver et partager le patrimoine numismatique et artistique marocain. De son côté, Saida Lamrani, représentant le Musée Nejjarine, a évoqué le travail mené pour restaurer le quartier historique de Nejjarine à Fès. Pour Othman Lazraq, représentant le MACAAL, cette distinction vient consacrer dix années d’engagement artistique, tandis que Madison Cox, pour les musées Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, y voit un encouragement pour l’ensemble du paysage muséal marocain.
Street art : l’appel à candidatures du festival Jidar
À Rabat, la 11e édition du Festival Jidar-Rabat Street Art prépare son retour avec l’ouverture des candidatures pour le projet « Mur collectif ». Ce programme vise à offrir un espace d’expression aux jeunes artistes, aux étudiants en écoles d’art et aux passionnés de culture urbaine.
Du 20 au 26 avril 2026, douze candidats sélectionnés participeront à la réalisation d’une œuvre monumentale dans un cadre d’apprentissage et d’échange artistique. L’édition sera encadrée par l’artiste Bakr, dont le parcours associe héritage artisanal de Fès et formation académique aux Beaux-Arts de Casablanca.
Ce projet, conçu comme un incubateur de talents, offre aux participants l’occasion de développer leur pratique artistique et de collaborer avec des créateurs venus de différentes régions du Maroc. Pour certains d’entre eux, cette expérience pourrait constituer une première étape vers une participation future à la programmation officielle du festival.
Les candidatures doivent être déposées en ligne avant le 5 avril, accompagnées d’un portfolio et d’un formulaire d’inscription.
Essaouira : une exposition consacrée à la résilience féminine
À Essaouira, la Galerie Borj Bab Marrakech accueille jusqu’au 20 mars l’exposition collective « Mon voyage avec la femme : Au sanctuaire de l’art ». Initiée par l’artiste Mustapha Ben Malek en partenariat avec la Direction provinciale de la Culture, cette manifestation artistique explore la figure féminine à travers une trentaine d’œuvres réalisées par des artistes plasticiennes venues du Maroc et de l’étranger.
Les participantes, originaires notamment de Tanger, Guercif, Marrakech, Tan-Tan et Essaouira, mais aussi de Norvège, de France, d’Australie et du Luxembourg, proposent des créations qui abordent la condition féminine sous différents angles.
Selon Mustapha Ben Malek, cette exposition s’inscrit dans une démarche artistique personnelle liée à son parcours et à son environnement familial. Ayant grandi entouré de cinq sœurs, l’artiste explique que la figure féminine occupe une place centrale dans son travail.
Les artistes participantes explorent également la dimension thérapeutique de la création. L’art y apparaît comme un espace d’expression intérieure et de résilience, rejoignant les principes de l’art-thérapie.
Pour Nadia Jeradi, artiste plasticienne souirie, cette exposition constitue une célébration des énergies féminines et une occasion de mettre en lumière la capacité des femmes à s’affirmer dans les domaines artistiques. Maryam Serakhi, quant à elle, explore le visage humain comme une mémoire chargée d’expériences, tandis que Fatima Mazirh propose une œuvre inspirée de la musique gnaoua et de la hadra, mêlant symboles spirituels et patrimoine culturel.
Cinéma : « Mauvais Temps » en tournée nationale
Le cinéma marocain sera également à l’honneur avec la tournée du film « Mauvais Temps » du réalisateur Madane El Ghazouani. Organisée par l’Institut français du Maroc, cette série de projections se déroulera du 25 mars au 3 avril dans plusieurs villes du Royaume.
Le public pourra découvrir ce premier long métrage à Kénitra, Fès, Oujda, Meknès, Rabat, Casablanca, El Jadida, Marrakech et Agadir. Certaines projections seront suivies de rencontres avec le réalisateur et des membres de l’équipe artistique, dont l’actrice Hajar Graigaa et l’acteur Abdenbi Benniwi.
Le film raconte l’histoire d’Ayoub, un jeune garçon dont la vie bascule lorsque l’appartement familial est divisé à la suite d’un conflit d’héritage. La famille se retrouve reléguée dans une partie du logement dépourvue de toilettes, transformant les gestes les plus simples du quotidien en épreuves.
À travers ce récit inspiré d’une expérience personnelle, le réalisateur aborde des thèmes tels que la dignité, l’intimité et la précarité sociale. Le titre « Mauvais Temps » renvoie à une expression populaire utilisée dans les milieux ouvriers pour désigner les périodes de difficultés économiques.
Le film a déjà reçu plusieurs distinctions lors du Festival national du film de Tanger, dont le prix de la première œuvre et le prix spécial du jury, ainsi que le prix du premier rôle masculin attribué à Abdenbi Benniwi.
Les Nuits de l’humour francophone
La scène humoristique francophone sera également célébrée avec « Les nuits de l’humour francophone », organisées du 25 au 27 mars à Marrakech, Casablanca et Rabat.
Cette manifestation réunira des humoristes venus du Québec, de Belgique, de Suisse, du Congo, de France et du Maroc. Parmi eux figurent Théo Labbé, Sofiane Etai, Salim Shady, Bruno Peki et les artistes du RB Comedy Club.
Ces soirées proposeront un mélange de styles humoristiques, allant de l’observation sociale à la satire, en passant par l’improvisation et les anecdotes de vie. L’événement entend favoriser les échanges culturels et mettre en valeur la diversité de la francophonie à travers le stand-up.
Nass El Ghiwane en concert à Tunis
La dimension internationale de la culture marocaine s’est également illustrée à Tunis, où le groupe Nass El Ghiwane s’est produit dans le cadre du festival « Ramadan à la Cité », organisé au Théâtre de l’Opéra de la Cité de la Culture.
Le public tunisien et marocain a repris en chœur plusieurs titres emblématiques du groupe, dont « Siniya », « Ghir Khoudouni », « L’hamami », « Fin Ghadi Biya Khouya » et « Sabra et Chatila ».
Ce concert confirme la place singulière qu’occupe la musique ghiwanienne dans la mémoire collective maghrébine. Depuis ses débuts, Nass El Ghiwane entretient en effet une relation particulière avec le public tunisien, où plusieurs de ses concerts ont marqué des étapes importantes de son parcours artistique.
Dans le cadre du festival « Ramadan à la Cité », la capitale tunisienne accueille par ailleurs de nombreuses manifestations culturelles mettant à l’honneur les musiques traditionnelles et les artistes du monde arabe.