Les chants d’oiseaux ‘’décryptés’’ : huit motifs derrière une incroyable diversité

Les chants d’oiseaux ‘’décryptés’’ : huit motifs derrière une incroyable diversité

Les oiseaux de grande taille, monogames ou contraints de communiquer à longue distance recourent davantage à des motifs simples et robustes. À l’inverse, les petites espèces, celles dont les individus restent proches les uns des autres ou soumises à une sélection sexuelle plus forte, privilégient des chants rapides et complexes.

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Une équipe internationale de chercheurs a identifié huit motifs acoustiques élémentaires qui structurent les chants de plus de 3.000 espèces de passereaux. Publiée dans Science, l’étude montre que cette étonnante variété sonore repose sur une architecture simple, façonnée à la fois par la biologie des espèces et leur environnement.

Huit briques pour des milliers de voix

« Si le chant des oiseaux nous semble si varié, sa structure est en réalité étonnamment simple », résument les chercheurs de l’Université Jean Monnet Saint-Étienne, de l’École Pratique des Hautes Études – PSL et du CNRS.

L’équipe a analysé 116.792 enregistrements provenant de 3.160 espèces de passereaux. Elle a distingué huit motifs : trois types de trilles, classés selon leur vitesse, trois types de sifflements, plus ou moins modulés, ainsi que deux formes plus complexes, les notes chaotiques et les empilements harmoniques.

Ces éléments se combinent pour produire une multitude de « voix ». En moyenne, chaque espèce mobilise cinq motifs sur les huit disponibles. Particularité notable : ces motifs ne sont pas héréditaires. Des espèces apparentées peuvent ainsi privilégier des structures dominantes différentes.

Une boîte à outils façonnée par l’évolution

Selon les scientifiques, cette « boîte à outils » acoustique est apparue tôt dans l’évolution des oiseaux avant d’être utilisée avec une grande souplesse. La biologie de chaque espèce joue également un rôle décisif.

Les oiseaux de grande taille, monogames ou contraints de communiquer à longue distance recourent davantage à des motifs simples et robustes. À l’inverse, les petites espèces, celles dont les individus restent proches les uns des autres ou soumises à une sélection sexuelle plus forte, privilégient des chants rapides et complexes.

La forêt impose sa propre musique

La répartition de ces motifs varie aussi selon les milieux. Dans les forêts tropicales humides d’Amazonie, du bassin du Congo ou d’Asie du Sud-Est, les chants simples dominent. Les sifflements peu modulés et les trilles lents transportent moins d’informations, mais franchissent mieux la végétation dense.

« Dans une forêt, où un message se perd facilement, la clarté compte davantage que la complexité », souligne l’étude. Dans les régions tempérées, où les distances entre individus sont plus courtes, les motifs riches et rapides deviennent plus fréquents.

Les chercheurs ont enfin construit un indice mesurant la capacité de chaque motif à résister à sa transmission dans l’environnement. Leur conclusion est nette : « la densité de végétation, la température et l’humidité sont les meilleurs prédicteurs des motifs qui dominent une région ».

Ce « lexique » mondial du chant des oiseaux offre ainsi une nouvelle grille de lecture de l’évolution des signaux animaux.

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