Les dérèglements climatiques : source de tensions et de guerres

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Les dérèglements climatiques représentent une source potentielle de tensions et de guerres intracommunautaires et inter États, a affirmé, mercredi à Skhirat, le président du Comité de pilotage de la COP22, Salaheddine Mezouar. S’exprimant à l’occasion de l’ouverture de la 2ème Conférence internationale “Défense et changements climatiques”. Mezouar a souligné que “le désordre climatique provoque un désordre sécuritaire”, notant que les changements climatiques “représentent des risques majeurs pour la paix et la sécurité en aggravant les risques de conflit, notamment sur les ressources de base”.

“Du fait du doublement attendu de la population africaine d’ici 2050, le dérèglement climatique devrait avoir des retombées catastrophiques sur l’Afrique avec une baisse de 4,7% du PIB, essentiellement suite à la dégradation du secteur agricole, fragilisant la stabilité des États en augmentant le chômage, notamment des jeunes, et favorisant la radicalisation”, a averti le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération.

Le défi climatique impose aux armées la nécessité de gérer de nouveaux types de crises dites “climatiques”, a-t-il expliqué, relevant que les départements de défense contribuent déjà au climat avec l’utilisation des technologies spatiales pour mesurer les émissions et suivre les phénomènes météorologiques et climatiques.

La capacité d’adaptation devient ainsi un facteur déterminant pour la paix et la sécurité des populations ainsi que pour la protection de l’environnement et des espaces maritimes, a fait savoir le chef de la diplomatie marocaine, soulignant que le moment “est important de rapprocher les avancées de recherches et de développement avec nos armées en vue de proposer des solutions et des alternatives en faveur du climat”. “Ceci requiert des initiatives en termes d’investissement et des programmes de recherches et de développement ainsi qu’un partage effectif, notamment au niveau des systèmes d’alerte précoce, afin de construire un environnement de sécurité résilient”, a dit le ministre.

A cet égard, il s’est félicité de l’annonce, il y a quelques jours, par l’Organisation de l’Aviation civile internationale du projet de résolution visant à établir un premier régime de mesures et de compensations des émissions de gaz à effet de serre pour l’aviation, qualifiant cette annonce de “signal fort dans le cadre de la révolution climatique que le monde est en train de vivre”.

La 2ème édition de la conférence internationale “Défense et changements climatiques” est organisée par l’Administration de la Défense nationale, sous le patronage du roi Mohammed VI. Selon ses initiateurs, il s’agit d’une occasion d’approfondir les thématiques liées aux défis auxquels sont confrontés les départements de défense suite aux changements climatiques.

L’objectif général de la conférence est de stimuler le débat et les échanges autour de l’adaptation des missions de défense et de leurs modes d’action aux implications du dérèglement climatique.

Cette conférence est marquée par la tenue de quatre panels qui s’articulent autour de la “Mise en œuvre de l’accord de Paris, quelle contribution des départements de défense?”, “Changement climatique et gestion des crises, nouveau rôle des forces armées”, “Gestion des espaces maritimes, quels impacts des changements climatiques sur les missions des forces navales?”, et “Les technologies spatiales: instrument de lutte et d’adaptation aux changements climatiques”.