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Les conclusions possibles et provisoires de la guerre contre l’Iran 2/2 – Par Seddik Maaninou
Capture d'écran de vidéosurveillance diffusées par la Direction générale de l'aviation civile du Koweït montre une explosion survenue le 3 juin 2026 à la suite d'une frappe de drone au terminal T1 de l'aéroport international du Koweït, pour démentir les déclarations iraniennes affirmant avoir visé seulement une base américaine (Via AFP)
Dans le première partie, Seddik Maaninou est revenu sue la trêve fragile qui a suspendu les combats en Iran sans dissiper les incertitudes. Dans cette deuxième partie, il fait le point sur plus d’un mois de guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, les opérations militaires sporadiques qui se poursuivent sans qu’une issue claire ne se dessine. Et tire les premières conclusions géopolitiques d’une confrontation qui, si elle nourrit de nombreuses interrogations, sembler accélérer l’évolution de l’ordre mondial.

Seddik Maaninou
La poursuite des bombardements
Pendant plus d’un mois, les bombardements se sont poursuivis. L’aviation américano-israélienne a dominé le ciel iranien et détruit des centaines de cibles : usines, installations industrielles, bâtiments administratifs, casernes, bases de lancement de missiles, ainsi que des locaux et bureaux du Corps des gardiens de la révolution.
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Les frappes ont également visé les échelons supérieurs et intermédiaires de la hiérarchie militaire. Les États-Unis espéraient voir les populations descendre dans les rues, notamment à Téhéran, pour renverser le régime. Mais la réalité fut tout autre. Des milliers d’Iraniens, hommes et femmes, ont perdu la vie. Le soulèvement attendu n’a pas eu lieu. Il est apparu que l’aile la plus dure des Gardiens de la révolution avait consolidé son emprise sur le pouvoir et choisi la voie de la résistance.
La bombe sur l’école
Au fil des semaines, il est devenu évident qu’une solution strictement militaire restait hors de portée. La poursuite de la guerre a suscité une opposition croissante dans de nombreuses capitales du monde.
Des centaines de milliers de militants pacifistes sont descendus dans les rues des plus grandes villes pour réclamer l’arrêt des hostilités, particulièrement après le bombardement par l’aviation américaine d’une école primaire. L’attaque a coûté la vie à des dizaines d’enfants, dont une majorité de filles, provoquant une vive émotion à l’échelle internationale.
Deux opinions publiques divisées
Si l’opinion publique israélienne continue majoritairement de soutenir Benjamin Netanyahu malgré les massacres commis à Gaza, qualifiés par l’ONU et ses instances juridiques d’actes criminels, l’opinion américaine apparaît profondément divisée entre partisans, réservés et opposants à la guerre.
Pour la première fois depuis le début de l’offensive contre Gaza, plusieurs universités américaines ont condamné la politique israélienne et dénoncé les initiatives militaires du président des États-Unis.
Par ailleurs, Donald Trump n’a pas obtenu le soutien attendu des alliés traditionnels de Washington, que ce soit en Europe ou en Asie. L’Alliance atlantique a refusé de s’associer à cette aventure militaire, menaçant l’OTAN de péremption. Les pays réticents ont invoqué le fait qu’ils n’avaient été ni informés ni consultés avant le déclenchement du conflit et qu’ils avaient découvert une guerre dont les objectifs n’avaient jamais été clairement définis.
L’élargissement du conflit
Au début du mois de mars 2026, le Hezbollah libanais est entré dans la guerre en menant des attaques de missiles contre le nord d’Israël. À la fin du même mois, les Houthis ont commencé à lancer des missiles en direction du territoire israélien.
Dans le même temps, l’Iran a poursuivi ses frappes contre les bases américaines situées dans les pays du Golfe et visé des infrastructures civiles telles que des aéroports, des hôtels ainsi que des installations de raffinage du pétrole et du gaz.
La majorité des drones et missiles iraniens a été interceptée. Toutefois, ceux qui ont réussi à franchir les défenses ont semé la peur en Israël et constitué une menace directe pour plusieurs États du Golfe. Le Maroc a rapidement condamné les attaques visant ces pays et a exprimé sa solidarité à leur égard.
Conclusions provisoires
A ce jour, les belligérants continuent d’alterner le chaud et le froid. Téhéran persiste à hausser le ton, vocifère et menace tandis que Donald Trump n’arrête pas de parler de l’éminence d’un accord tout se déclarant prêt à reprendre les bombardements intensifs.
Dans l’attente des développements et des surprises que pourrait encore réserver cette guerre, plusieurs enseignements provisoires peuvent être retenus.
Premièrement, les grandes puissances, malgré leurs armées et leur supériorité militaire, à moins recourir à l’arme absolue, peinent à vaincre des États plus modestes, comme le montrent les conflits Russie-Ukraine ou États-Unis-Israël face à l’Iran.
Deuxièmement, une nouvelle génération d’armes s’impose désormais : drones, intelligence artificielle et espionnage électronique.
Troisièmement, les bombardements aériens, à eux seuls, ne suffisent pas à trancher l’issue d’une guerre. Les opérations terrestres demeurent indispensables, comme l’ont montré les conflits en Ukraine, à Gaza ou encore en Irak.
Quatrièmement, il apparaît plus clairement que jamais qu’Israël constitue une composante essentielle de la sécurité nationale américaine. Les deux pays demeurent étroitement liés à une dynamique de conflits armés, qu’il s’agisse des guerres d’Israël contre plusieurs pays arabes ou des interventions américaines en Corée, au Vietnam, en Afghanistan et en Irak.
Cinquièmement, l’Organisation des Nations unies apparaît davantage marginalisée par les événements. Dans le même temps, le front occidental, incarné notamment par l’Alliance atlantique, montre des signes de fragilité, tandis que le front oriental, porté par la Russie et la Chine, semble gagner en influence.
La question demeure donc entière : le monde s’achemine-t-il vers de nouveaux équilibres sous l’effet d’une guerre que certains avaient annoncée comme une simple promenade de santé ?