GENZ212 : une gestion sécuritaire « équilibrée et graduée » face à rassemblements interdits

GENZ212 : une gestion sécuritaire « équilibrée et graduée » face à rassemblements interdits

Rabat et Casablanca, ainsi que d’autres villes marocaines, ont connu le week-end dernier des rassemblements lancés à l’appel de parties anonymes via les réseaux sociaux

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Rabat et Casablanca, ainsi que d’autres villes marocaines, ont connu le week-end dernier des rassemblements lancés à l’appel de parties anonymes via les réseaux sociaux. Ces attroupements, interdits par les autorités locales, ont suscité une réaction immédiate des forces publiques. Selon plusieurs experts consultés par l’agence de presse marocaine MAP, l’intervention s’est distinguée par son caractère préventif, gradué et non violent, loin des images de répression brutale qui marquent d’autres contextes internationaux. Des affirmations que le Quid.ma a pu observer sur les espaces de protestation. Toutefois ‘’l’expert sécuritaire’’ a tenu à être sans équivoque : ‘’La violation de la loi sur les libertés publiques et le non recours aux procédures relatives à l’autorisation requièrent l’application de la loi, étant donné que les forces de l’ordre ne sauraient tolérer les appels d’incitation anonymes dont on ignore l’origine, les parties qui les lancent, et leurs véritables motivations.’’

Reste qu’à travers ce dispositif, les autorités ont cherché à concilier le respect de la loi, la préservation de l’ordre public et la protection des personnes présentes, qu’il s’agisse de simples passants ou de participants aux attroupements. C’est ainsi que ni blessures ni dégâts matériels ne sont à déplorer. Les protestataires, il faut le souligner, n’ont pas été  pour rien dans la retenue observée.

Un déploiement encadré, sans recours aux moyens coercitifs classiques

L’expert sécuritaire interrogé par MAP a souligné que la décision d’interdire les rassemblements reposait sur des appels diffusés de manière anonyme sur les réseaux sociaux, en particulier via une application de messagerie. Face à ce type d’initiative non déclarée, le rôle de l’autorité publique consiste à prévenir toute atteinte à la sécurité et à rappeler les règles encadrant le droit de réunion.

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Concrètement, les forces de l’ordre ont déployé des unités en uniforme et d’autres en civil, toutes portant des signes distinctifs. Aucun agent n’était équipé d’arme de service ni des moyens traditionnels de dispersion tels que matraques, canons à eau ou gaz lacrymogènes. Cette stratégie reposait sur une volonté claire : préserver les fondements de l’ordre public sans basculer dans l’usage de la force, a expliqué en substance ‘’l’expert sécuritaire’’.

Les forces présentes sur les lieux ont commencé par assurer la fluidité de la circulation, puis adressé trois avertissements sonores via mégaphones, conformément aux dispositions légales. Ce n’est qu’après ce rappel répété que les personnes rassemblées ont été invitées à se disperser. La grande majorité a obtempéré pacifiquement, sans confrontation. Seule une minorité ayant refusé de se conformer a été interpellée, précise l’expert pour vérification d’identité et présentée au parquet compétent. Les personnes concernées ont ensuite été libérées sans restriction supplémentaire à leurs libertés.

La lecture d’un expert en droits humains : fermeté et modération

Cette approche a également retenu l’attention de Louis-Marie Bouaka, ancien représentant du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU et membre du Conseil scientifique de l’Institut international d’études géopolitiques (IIEG). Pour lui, « ce qui distingue le cas marocain dans la gestion de cette situation, c’est la méthode préventive et pacifique ».

Selon Bouaka, l’intervention a été « équilibrée, graduée et non violente », marquée par le respect des procédures légales : avertissements sonores, rappel de la décision d’interdiction et éloignement pacifique des participants. Les interpellations ont été limitées et encadrées juridiquement. « Cela prouve qu’il est possible de contenir des mobilisations illégales sans recourir à la violence », a-t-il insisté, soulignant que cette démarche contribue à préserver la confiance citoyenne.

Comparant avec d’autres contextes internationaux, l’expert rappelle que les mouvements sociaux récents en Europe – les « gilets jaunes » en France ou les mobilisations anti-austérité en Grèce – ont souvent dégénéré en affrontements violents. En Amérique latine, les manifestations sociales ont parfois basculé dans l’émeute. Dans ce contexte, le Maroc illustre, selon lui, « l’émergence d’un modèle sécuritaire combinant fermeté juridique et modération dans l’exécution ».

Des implications politiques et sociales

Au-delà de la gestion immédiate de ces attroupements, ce type d’intervention soulève une question plus large : comment garantir la stabilité et la sécurité tout en préservant les libertés publiques et la confiance des citoyens ?

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L’approche adoptée traduit une volonté de couper court aux manipulations anonymes orchestrées à partir des réseaux sociaux. Les autorités rappellent que les appels à mobilisation doivent obéir aux règles légales qui encadrent le droit de réunion publique. Sans ces garanties, les rassemblements risquent de nourrir des tensions sociales et de fragiliser l’ordre public.

Toutefois, cette gestion pacifique et proportionnée reflète également une prise de conscience : la stabilité ne peut être consolidée que si elle s’accompagne de réformes sociales et économiques durables. Comme l’a souligné l’expert onusien, il ne s’agit pas d’ignorer les défis sociaux et politiques du pays, mais de montrer que la véritable transformation se joue dans les urnes, et non dans des mobilisations anonymes aux motivations opaques.

Cette stratégie pourrait constituer une manière de préserver un espace civique apaisé, où les désaccords trouvent leur expression dans le cadre institutionnel, tout en empêchant les tentatives de déstabilisation.

Un modèle à l’épreuve du temps

Les propos convergents des experts – sécuritaires et droits-de-l’hommistes – montrent que le Maroc a fait le choix pour l’instant d’une voie médiane : empêcher les rassemblements illégaux tout en évitant de tomber dans la spirale de la répression. Cette approche, jugée « équilibrée » et « préventive », reflète un effort pour trouver une ligne de crête entre autorité et modération.

Reste à savoir si ce modèle peut résister à l’épreuve du temps et aux pressions sociales. Car au-delà de l’épisode du week-end, les frustrations exprimées dans l’espace public, même à travers des appels anonymes, révèlent des attentes sociales profondes. La gestion pacifique de ces rassemblements ne saurait suffire si elle n’est pas accompagnée d’une écoute et d’un traitement des causes objectives de ces mobilisations.

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