Atlantic Dialogues 2025 : Quelle place pour le Maroc dans les recompositions géopolitiques et le nouvel espace atlantique

Atlantic Dialogues 2025 : Quelle place pour le Maroc dans les recompositions géopolitiques et le nouvel espace atlantique

‘’Le Maroc défend un changement de paradigme dans les relations économiques internationales, permettant aux pays du Sud d’accéder à un développement fondé sur la co-construction, le transfert de technologies et l’accès équitable aux marchés’’ (Omar Hilale)

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Pendant trois jours à Rabat, la 14ᵉ édition des Atlantic Dialogues s’est penchée sur le rôle du Maroc comme plateforme de réflexion stratégique sur les grands équilibres mondiaux. Réunissant décideurs, diplomates, chercheurs et leaders émergents issus de plus de 70 pays, cette conférence internationale a mis en lumière les nouvelles dynamiques atlantiques, la coopération Sud-Sud, la stabilité maritime, l’intégration africaine et le dialogue intercontinental. Le conclave a illustré une diplomatie marocaine active, structurante et tournée vers l’avenir.

Les Atlantic Dialogues, une tribune stratégique ancrée à Rabat

La clôture de la 14ᵉ édition des Atlantic Dialogues a consacré Rabat comme un carrefour intellectuel et diplomatique de premier plan. Organisée par le Policy Center for the New South, la conférence a rassemblé plus de 500 participants, experts et responsables de haut niveau, autour des grandes crises contemporaines et des pistes de réforme adaptées à un monde en transition. Pour Karim El Aynaoui, président exécutif du PCNS, cette édition s’est distinguée par la profondeur des débats et la diversité des perspectives, en particulier sur le multilatéralisme, le climat et la place de l’Afrique dans l’économie mondiale. Au fil des années, les Atlantic Dialogues se sont imposés comme un espace de convergence des visions atlantiques, en résonance avec la politique africaine du Maroc et l’Initiative Atlantique portée par le Souverain.

La coopération Sud-Sud au cœur de la Diplomatie Royale

L’un des fils conducteurs de cette édition a été la coopération Sud-Sud, présentée comme un pilier stratégique de la diplomatie marocaine. Omar Hilale, ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, a insisté sur le fait que le développement du Royaume est indissociable de celui de son environnement régional. Selon lui, le Maroc défend un changement de paradigme dans les relations économiques internationales, permettant aux pays du Sud d’accéder à un développement fondé sur la co-construction, le transfert de technologies et l’accès équitable aux marchés. L’exemple du phosphate transformé localement en engrais et exporté sous forme de savoir-faire illustre cette approche. L’Initiative Royale visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’Océan Atlantique incarne cette vision gagnant-gagnant, tout comme le Hub Morocco Digital for Sustainable Development, conçu pour accélérer la transformation numérique inclusive en Afrique et dans le monde arabe.

Un Maroc fédérateur de visions et de valeurs partagées

Pour Youssef Amrani, ambassadeur du Maroc aux États-Unis, les discussions des Atlantic Dialogues ont confirmé la reconnaissance internationale du Royaume comme partenaire majeur. Cette crédibilité repose sur la profondeur des réformes économiques et sociales engagées, mais aussi sur une politique étrangère proactive et cohérente. Le diplomate a souligné que l’Initiative Atlantique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI a été largement saluée pour sa portée continentale, tout comme l’engagement du secteur privé marocain en Afrique. Au-delà de l’action gouvernementale, les entreprises marocaines jouent un rôle structurant dans le renforcement des relations économiques, commerciales et financières à l’échelle du continent, consolidant ainsi l’ancrage africain du Royaume.

La stabilité des corridors maritimes, enjeu vital de l’Atlantique

La question des corridors maritimes a occupé une place centrale dans les débats. Ahmed Réda Chami, ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne, a rappelé que plus de 90 pour cent du commerce mondial transite par ces autoroutes maritimes, tout comme une grande partie des flux numériques via les câbles sous-marins. Dans ce contexte, le port Tanger Med s’impose comme un acteur majeur de la connectivité mondiale, reliant le Maroc à plus de 70 pays et 180 ports. Face aux menaces sécuritaires, géopolitiques et climatiques, la stabilité de ces corridors est devenue un bien commun mondial. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une gouvernance coordonnée et d’une innovation technologique accrue pour garantir la sécurité, l’équité et la durabilité des échanges maritimes.

Le Maroc, passerelle Afrique–Amérique latine

Les Atlantic Dialogues ont également mis en lumière le rôle du Maroc comme trait d’union entre l’Afrique et l’Amérique latine. L’ancien président argentin Federico Ramón Puerta a qualifié le Royaume de cadre idéal pour rapprocher les deux continents, grâce à sa culture du dialogue, à ses valeurs de vivre-ensemble et à son positionnement géostratégique. La tenue d’événements internationaux à Rabat participe, selon lui, à structurer un dialogue Sud-Sud plus équilibré. L’ancien président équatorien Jamil Mahuad a abondé dans ce sens, soulignant l’urgence de nouveaux mécanismes de coopération face aux mutations rapides des chaînes d’approvisionnement, aux enjeux climatiques et aux fragilités migratoires et institutionnelles.

L’Initiative Atlantique pour le Sahel, un tournant stratégique africain

L’Initiative Royale visant à offrir aux États du Sahel un accès structuré à l’Océan Atlantique a été décrite comme un tournant stratégique majeur pour l’Afrique. Peter Pham, membre éminent de l’Atlantic Council, a estimé que cette vision permet de transformer un idéal d’intégration en projet concret, porteur de stabilité, de sécurité alimentaire et d’opportunités économiques. En renforçant les flux commerciaux et les investissements, cette initiative contribue à consolider l’ensemble de l’espace atlantique africain. Nathalie Delapalme, directrice exécutive de la Fondation Mo Ibrahim, a pour sa part appelé les pays africains à défendre leurs intérêts communs dans un monde incertain, notamment sur les questions climatiques et énergétiques, en privilégiant la coordination et la solidarité continentale.

Les leaders émergents, une relève stratégique

La séance de clôture a donné la parole aux leaders émergents, anciens participants du programme phare des Atlantic Dialogues. Cette initiative rassemble chaque année 40 jeunes professionnels âgés de 25 à 35 ans, sélectionnés parmi plus de 1.000 candidats du bassin atlantique. Forte aujourd’hui de plus de 450 membres actifs, cette communauté incarne la volonté de préparer une nouvelle génération de décideurs, capables d’appréhender les défis globaux avec des approches innovantes et inclusives.

Rabat, épicentre d’un Atlantique en recomposition

En réunissant les quatre continents atlantiques, la 14ᵉ édition des Atlantic Dialogues a confirmé l’émergence de l’Atlantique Sud comme espace stratégique majeur des débats économiques et géopolitiques mondiaux. Pour le Maroc, cette conférence dépasse le cadre académique. Elle s’inscrit dans une diplomatie d’influence assumée, fondée sur le dialogue, la coopération et la projection d’une vision africaine proactive. À l’heure des recompositions globales, Rabat s’affirme comme un lieu où se pensent les équilibres de demain.

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