État social, croissance et confiance citoyenne : le pari du gouvernement Akhannouch

État social, croissance et confiance citoyenne : le pari du gouvernement Akhannouch

Au-delà de son caractère politique, la tournée Massar Al-Injazat a été présentée comme un exercice d’évaluation. Pour le président du RNI, ces rencontres ne relèvent pas d’une communication ponctuelle, mais d’un engagement durable avec les citoyens, fondé sur l’écoute, l’explication et la reddition des comptes.

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À Tanger, lors de la clôture de la tournée politique Massar Al-Injazat, le chef du gouvernement et président du Rassemblement national des indépendants a défendu une ligne claire : faire de l’État social le cœur de l’action publique, sans renoncer à la rigueur économique. Dans un contexte international et national contraint, Aziz Akhannouch revendique des résultats macroéconomiques qu’il présente comme la condition même du financement des politiques sociales et de la consolidation de la cohésion nationale.

L’État social comme boussole politique

Prenant la parole à Tanger, Aziz Akhannouch a réaffirmé que l’État social constitue l’un des piliers structurants de l’action gouvernementale. Selon lui, malgré une conjoncture marquée par l’inflation mondiale, la sécheresse et les répercussions du séisme d’Al Haouz, l’exécutif a fait le choix de maintenir le cap sur les programmes sociaux. Cette orientation repose sur une conviction centrale : seule une économie résiliente et dynamique peut assurer un financement durable des politiques de solidarité.

Le chef du gouvernement a insisté sur le fait que l’État social ne se limite pas à une logique d’assistance, mais vise à renforcer les capacités des citoyens afin qu’ils puissent participer pleinement à la dynamique économique. L’objectif affiché est de créer un cercle vertueux où croissance, investissement et inclusion sociale se renforcent mutuellement.

Des indicateurs économiques présentés comme leviers sociaux

Pour étayer son propos, Aziz Akhannouch a mis en avant une série d’indicateurs macroéconomiques qu’il qualifie d’encourageants. Le taux de croissance devrait atteindre 5 % à la fin de l’année, tandis que le déficit budgétaire aurait été réduit de 7,5 % à 3 %. L’inflation, qui avait dépassé les 6 %, serait retombée sous la barre de 1 %, et le taux d’endettement serait passé de plus de 71 % en 2022 à environ 67 % en 2025.

Selon le président du RNI, ces chiffres ne relèvent pas de la simple communication politique. Ils constituent, affirme-t-il, la base financière permettant de déployer des politiques sociales d’ampleur, notamment l’aide sociale directe bénéficiant à près de quatre millions de familles, ainsi que la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire Tadamon, dont les cotisations sont prises en charge par l’État pour les ménages les plus vulnérables.

Croissance économique et dignité citoyenne

Aziz Akhannouch a tenu à préciser que la croissance économique n’est pas une finalité en soi. Elle est, selon lui, un moyen au service d’un projet plus large visant à améliorer concrètement les conditions de vie des citoyens. Le renforcement des services publics, l’accès à la santé, à l’éducation et à la protection sociale sont présentés comme des priorités indissociables de la performance économique.

Dans cette perspective, le chef du gouvernement a rappelé que l’action de l’exécutif s’inscrit dans le respect des Hautes Orientations Royales de Mohammed VI, qu’il considère comme une feuille de route stratégique. Il a souligné que la mise en œuvre de ces orientations s’est opérée dans un contexte particulièrement exigeant, rendant, selon lui, les premiers résultats d’autant plus significatifs.

Une majorité soudée et une méthode collective

Sur le plan politique, Aziz Akhannouch a salué la cohésion de la majorité gouvernementale. Il a mis en avant un mode de gouvernance fondé sur la coordination, la gestion responsable des divergences et la primauté de l’intérêt général. Cette dynamique collective aurait permis, selon lui, d’insuffler un nouvel élan à l’action gouvernementale et de dépasser les logiques partisanes au profit d’une vision partagée.

Cette approche se veut également un message adressé à l’opinion publique, dans un contexte où la confiance envers les institutions demeure un enjeu central. Le chef du gouvernement a insisté sur l’importance de la stabilité politique comme condition de la mise en œuvre des réformes structurelles engagées.

Massar Al-Injazat, entre reddition des comptes et projection

Au-delà de son caractère politique, la tournée Massar Al-Injazat a été présentée comme un exercice d’évaluation. Pour le président du RNI, ces rencontres ne relèvent pas d’une communication ponctuelle, mais d’un engagement durable avec les citoyens, fondé sur l’écoute, l’explication et la reddition des comptes. Il a rappelé que le parti se veut présent sur le terrain de manière continue, conformément à une vision privilégiant la proximité et le dialogue.

Les échanges avec les citoyens ont, selon lui, permis de mesurer une perception globalement positive de la trajectoire du pays, tout en mettant en lumière des attentes persistantes. Parmi les défis encore à relever figurent l’amélioration de la qualité et de l’équité des services publics, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi que l’accélération de la création d’emplois.

Regards internes et enjeux territoriaux

Intervenant en marge de la rencontre, plusieurs responsables du RNI ont souligné l’importance de cette tournée. Ils estiment qu’elle a permis de valoriser l’action locale des élus du parti et de mettre en lumière les efforts déployés au niveau des collectivités territoriales. Pour eux, Massar Al-Injazat constitue un outil de projection vers l’avenir autant qu’un bilan intermédiaire.

À Tanger, la clôture de cette tournée a ainsi pris la forme d’un moment politique structurant, où discours économique, ambition sociale et stratégie partisane se sont articulés autour d’un même récit. Celui d’un État social assumé, adossé à une économie présentée comme plus solide, mais confronté à des défis sociaux que le gouvernement reconnaît comme prioritaires et légitimes.

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