Justice spatiale : un levier stratégique pour renforcer la protection des droits humains

Justice spatiale : un levier stratégique pour renforcer la protection des droits humains

« La justice spatiale permet de mettre en lumière les disparités territoriales, souvent invisibles, qui peuvent constituer une forme silencieuse de violation des droits fondamentaux. Elle vise à neutraliser l’influence du lieu de résidence sur la capacité des individus à jouir pleinement de leurs droits. » (Amina Bouayach)

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Réunie à Rabat, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme, Amina Bouayach, a rappelé à l’atelier sur la justice spatiale et la consolidation des spécificités territoriales, réuni à Rabat, que la place centrale de la justice spatiale dans la compréhension des inégalités territoriales et leur impact sur l’accès effectif aux droits fondamentaux. Un concept que le CNDH explore depuis 2019 pour éclairer les politiques publiques.

Un concept au cœur des inégalités territoriales

Amina Bouayach a souligné que cette notion constitue un enjeu majeur de la protection des droits humains. Pour la présidente du CNDH, de nombreux droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux convergent vers cette problématique, qu’il s’agisse de l’accès à l’éducation, à la santé, au logement, à un environnement sain ou au droit à la mobilité.

La justice spatiale, a-t-elle expliqué, permet de mettre en lumière les disparités territoriales, souvent invisibles, qui peuvent constituer une forme silencieuse de violation des droits fondamentaux. Elle vise à neutraliser l’influence du lieu de résidence sur la capacité des individus à jouir pleinement de leurs droits.

Un outil d’analyse pour repenser les politiques publiques

Depuis 2019, le CNDH mobilise ce cadre analytique pour aborder des problématiques complexes liées aux droits humains. Selon Mme Bouayach, la justice spatiale constitue un instrument précieux car elle articule dimensions géographiques, juridiques et sociologiques, offrant une meilleure lecture des réalités nationales.

L’atelier a mis l’accent sur l’importance d’une double approche. La première, verticale, appelle à renforcer les spécificités de chaque région. La seconde, horizontale, encourage l’intégration entre territoires complémentaires comme les zones montagneuses, les oasis ou les régions côtières. L’objectif est de favoriser une cohérence territoriale qui garantit un accès équitable aux services essentiels.

Accès aux services essentiels et valorisation des territoires

Le programme de la rencontre comprend quatre panels portant notamment sur l’accès équitable aux services publics et sur les perspectives de consolidation des spécificités territoriales. Les débats doivent permettre de dégager des pistes pour renforcer les politiques d’aménagement, de développement et de gouvernance locale dans une logique de réduction des disparités.

En plaçant la justice spatiale au centre de ses travaux, le CNDH entend contribuer à une vision plus fine et plus inclusive du développement, dans laquelle chaque territoire devient un espace d’égalité et d’opportunités.

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