Politique
La feuille de route 2026 de l’Intérieur : intégrité électorale, gouvernance territoriale et ancrage de la confiance publique
« Consolidation de la gouvernance territoriale selon les principes de la régionalisation avancée » une priorité pour la feuille de route 2026 (Abdelouafi Laftite)
À l’occasion de la présentation du budget sectoriel du ministère de l’Intérieur pour l’année 2026, Abdelouafi Laftit a défini deux priorités majeures : garantir l’intégrité des prochaines élections et renforcer la gouvernance territoriale selon les principes de la régionalisation avancée. Rappelant que l’humain et la responsabilité publique sont au cœur du développement, le ministre a insisté sur la transparence du processus électoral, la modernisation du service public et la consolidation des institutions locales comme leviers intègres d’un Maroc équilibré, stable et inclusif.
Une éthique électorale au service de la confiance
Le ministre de l’Intérieur a ouvert son intervention devant la Commission de l’intérieur, des collectivités territoriales et de la politique de la ville par un message central : le succès des prochaines élections dépendra avant tout de l’intégrité du processus électoral et de la moralisation de la vie politique. Citant les directives royales, Abdelouafi Laftit a rappelé que l’éthique publique est désormais une condition fondamentale pour renforcer le rôle des institutions élues et la crédibilité de la démocratie marocaine.
Dans cette perspective, le ministère a mené une série de consultations avec les partis politiques afin d’élaborer un cadre juridique actualisé et consensuel. Trois textes majeurs en sont issus : un projet de loi organique sur la Chambre des représentants, un autre sur les partis politiques, et un troisième sur les listes électorales générales, le processus référendaire et l’usage des médias audiovisuels publics durant les campagnes. Ces textes, actuellement en discussion au Parlement, visent à garantir des élections équitables, transparentes et inclusives, où la compétition politique s’exerce à armes égales.
- Laftit a insisté sur la dimension participative de cette démarche, menée dans un climat de responsabilité partagée. Elle s’inscrit pleinement dans la tradition marocaine du dialogue institutionnel, où chaque échéance électorale devient l’occasion de consolider la confiance entre l’État, les partis et les citoyens. L’objectif est clair : faire de l’élection de 2026 un rendez-vous démocratique exemplaire, symbole de maturité institutionnelle et de stabilité politique.
Dans le même esprit, le ministère a veillé au respect scrupuleux des règles encadrant le financement des formations politiques. Les subventions publiques au titre de l’exercice 2025 ont été versées dans le respect des exigences législatives, tout en rappelant aux partis leur obligation de régulariser leurs comptes auprès du Trésor, conformément aux recommandations de la Cour des comptes. Cette rigueur budgétaire participe d’une même logique de moralisation et de transparence de la vie politique.
Le ministre a également évoqué la promotion de la participation féminine. Le comité chargé du Fonds de soutien à la représentation des femmes a tenu plusieurs réunions pour améliorer son efficacité et sélectionner, parmi 200 projets déposés, 90 initiatives réparties sur 67 préfectures et provinces. Ces projets, financés à hauteur de 12 millions de dirhams, traduisent la volonté de renforcer la présence et la voix des femmes dans la sphère politique et associative.
La régionalisation avancée, pilier d’un Maroc équilibré
Abdelouafi Laftit a ensuite mis en avant la deuxième grande priorité du ministère pour 2026 : la consolidation de la gouvernance territoriale selon les principes de la régionalisation avancée. Dans la droite ligne des orientations du Roi Mohammed VI, cette politique vise à ancrer le développement local dans la responsabilité, la proximité et l’équité territoriale.
Le ministre a expliqué que son département prépare une nouvelle génération de programmes intégrés de développement territorial, destinés à coordonner l’action des différents acteurs publics autour de projets structurants à fort impact social. Ces programmes cibleront en priorité les zones rurales, les régions montagneuses et les territoires enclavés, tout en favorisant l’emploi local, l’investissement et l’innovation.
Le budget du ministère de l’Intérieur pour 2026 s’inscrit dans la continuité de la mise en œuvre des grands chantiers nationaux : infrastructures, gestion du stress hydrique, souveraineté alimentaire, reconstitution du cheptel, transport urbain et ferroviaire. Ces priorités traduisent la volonté d’un développement global, durable et inclusif, où chaque région devient un moteur de croissance et un espace de justice territoriale.
Sur le plan institutionnel, M. Laftit a réaffirmé la détermination du ministère à poursuivre la modernisation des administrations territoriales. L’enjeu est d’accroître leur efficacité et leur capacité d’action en matière de gouvernance locale, de planification urbaine et de gestion des services publics. Cette modernisation s’appuie sur deux leviers : la digitalisation des procédures et le renforcement du capital humain.
À travers la numérisation, l’État vise à rapprocher l’administration du citoyen, réduire les délais, simplifier les démarches et renforcer la transparence. Le capital humain, quant à lui, reste la pierre angulaire du système. Le ministère investit dans la formation continue, la motivation et la responsabilisation des agents territoriaux, afin d’ancrer une culture de performance et de reddition des comptes.
Sécurité, anticipation et confiance : les nouveaux défis de la gouvernance
Dans un contexte mondial instable, marqué par les guerres, les flux migratoires, la traite des êtres humains, le terrorisme et les menaces cybernétiques, Abdelouafi Laftit a souligné l’importance d’une gouvernance sécuritaire anticipative et résiliente. Le ministère de l’Intérieur entend poursuivre la modernisation de ses dispositifs de sécurité et renforcer la coordination entre les services territoriaux et centraux, dans le respect des droits et des libertés des citoyens.
Le ministre a mis l’accent sur la prévention et la gestion des crises, notamment face aux risques naturels et climatiques. L’anticipation, la planification et la réactivité seront les mots d’ordre d’une administration tournée vers l’avenir, capable de protéger les personnes et les biens tout en maintenant la stabilité et la cohésion sociale.
La sécurité, a-t-il insisté, n’est pas une fin en soi, mais un instrument au service du développement et de la confiance collective. En assurant la paix civile, elle crée les conditions nécessaires à l’investissement, à l’innovation et à la participation citoyenne.
L’ensemble des actions du ministère converge vers un même objectif : consolider la relation de confiance entre l’État et les citoyens. Cette confiance se construit dans la transparence électorale, la proximité territoriale, la qualité du service public et la sécurité quotidienne. Elle constitue le socle sur lequel repose le modèle marocain de gouvernance, fondé sur la responsabilité, la solidarité et la justice.
Le Maroc, a conclu Abdelouafi Laftit, avance avec sérénité sur la voie tracée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI : celle d’un État fort par ses institutions, juste dans ses politiques et humain dans ses priorités. L’année 2026 sera celle de la consolidation de cette vision, entre intégrité démocratique, régionalisation équilibrée et gouvernance moderne.