Le RNI poursuit sa mue

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Au concept de "libertés", le philosophe, islamologue et écrivain, Rachid Benzine, préfère la notion d'"émancipation": celle des femmes, des hommes et des enfants de leurs parents, tout en étant capables de reconnaître une dette envers le pays et les parents. Tel aura été le thème d’une université d’été fondatrice pour la jeunesse du RNI

Un peu plus de 3000 jeunes Rnistes ont investi ce weekend l’Université Privée de Marrakech pour trois journées studieuses afin de donner corps à la jeunesse du parti de la Colombe. Après Bouznika le 29 octobre 2016 où le RNI a tenu son congrès extraordinaire pour investir Aziz Akhannouch président de la formation fondée par Ahmed Osmane il y 40 ans, après le grand meeting d’Agadir du 15 janvier 2017 qui clôt la tournée du nouveau chef de file à travers les régions du Maroc et après le congrès d’El Jadida du 19 au 21 mai de la même année qui a apporté les dernières touches à l’organisation du parti qui cherche à faire peau neuve, l’université d’été de la jeunesse du rassemblement est un nouveau jalon sur la voie d’un parti qui n’entend plus se réveiller à la veille des élections pour mener campagne au pied levée. Mais le RNI n’a pas l’intention de s’arrêter là. La prochaine étape portera sur la mise en place des fédérations professionnelles secteur par secteur.    

Cette première université d’été qui s’est déroulé sous le thème "les jeunes entre les valeurs de la liberté et de la responsabilité" a mis en exergue que le développement des nations reste tributaire de l'intégration politique des jeunes. C’est essentiellement à cet axe que se sont attachés les participants à la conférence et aux différents ateliers ouverts à des animateurs et à des experts de différents horizons intellectuels et politiques. Charles Saint Prot, géopolitologue. Mustapha Laârissa, président de la commission régionale des droits de l’Homme – Marrakech, Gabriel Attal, député du groupe La République En Marche et Rachid Benzine, philosophe, islamologue et écrivain résidant en France ont porté l’ouverture sur les différents courants et idées auxquels Aziz Akhannouch entend ouvrir son parti.

Liberté ou émancipation ?

Les intervenants dans le cadre de cette conférence d'ouverture de la 1ère édition de l'Université d'été de la jeunesse Rniste, ont appelé à élargir le champ d'action politique des jeunes afin qu'ils puissent émerger dans la société, notant que le Maroc se présente comme un modèle en matière d'intégration politique des jeunes.

Selon Gabriel Attal, député du groupe "La République en Marche" (parti de la majorité présidentielle en France), la société n'évoluera pas si elle ne met pas entre les jeunes les clés de la réussite: une formation adéquate et un emploi décent.

Le parlementaire français a dans ce sens appelé à éviter de confronter les jeunes avec "les moins jeunes". Attal a à cette occasion rendu, un vibrant hommage à Pierre Berger, décédé vendredi, précisant que l'homme d'affaires et mécène français a milité de son vivant à établir des ponts de communication entre le Maroc et la France.

Au concept de "libertés", le philosophe, islamologue et écrivain, Rachid Benzine, préfère la notion d'"émancipation": celle des femmes, des hommes et des enfants de leurs parents, tout en étant capables de reconnaître une dette envers le pays et les parents. Le philosophe a appelé à passer de la société du mépris à la société de la reconnaissance, et à miser sur le savoir et la culture.

Même son de cloche chez le président de la Commission régionale des droits de l'Homme (CRDH) à Marrakech, Mustapha Laârissa, qui a mis l'accent sur l'importance de la connaissance, de la culture et de la formation à une ère où domine la société de connaissance.

Laârissa a encore rappelé que le Maroc a adhéré à toutes les conventions internationales sur les droits de l'Homme, notant à ce sujet que la constitution de 2011 a accordé une place de choix à la jeunesse à travers la création d'un Conseil dédié aux jeunes.

Pour lui, "la liberté" n'a de sens que par rapport à "la responsabilité", estimant que les problèmes d'aujourd'hui ne sont pas seulement régionaux mais ont aussi une dimension mondiale.

Une réponse aux revendications des jeunes

Ouvrant les travaux de l’Université d’été, le président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, a appelé les jeunes à s'engager massivement dans la vie politique, afin de contribuer à bâtir un Maroc meilleur. Il a ainsi pris l’engagement au nom de son parti d'encadrer ces jeunes et les encourager à s'impliquer dans la vie politique afin de contribuer au développement socioéconomique du pays.

Le président du RNI a souligné que tous les partis sont appelés à répondre aux attentes et revendications pressantes des jeunes et à les inciter à adhérer dans la politique afin de changer les stéréotypes entourant cette jeunesse marocaine portant "créative et innovante".

Après avoir mis en relief la dynamique politique et la pluralité culturelle de cette jeunesse Rniste, Akhannouch a souligné que la 1ère édition de l'Université d'été de la jeunesse Rniste représente une étape importante pour la communication et la discussion autour de l'avenir du Maroc aux niveaux social, politique et économique, notant que la constitution de cette jeunesse exprime la volonté et l'ambition de la jeunesse Rniste de s'impliquer effectivement dans la vie politique.

Les défis actuels, a ajouté le président du parti de la Colombe, exigent la transparence, la patience et la solidarité, relevant que le programme du parti comporte des axes relatifs à l'encadrement des jeunes afin qu'ils puissent devenir des acteurs actifs dans le présent et le futur.

Auparavant le président de la Confédération nationale de la jeunesse, Youssef Chiri a, pour sa part, noté que l'objectif de la fondation de la jeunesse Rniste consiste à défendre les constantes et à encourager l'engagement politique des jeunes, indiquant que cette jeunesse Rniste a pu former des bureaux à travers toutes les régions du Maroc et passer avec succès l'étape de la construction.