Santé
Réforme de la santé : le gouvernement accélère le déploiement territorial et les grands chantiers hospitaliers
À Rabat, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a présidé une réunion clé du Comité de pilotage chargé de la réforme du système de santé national
À Rabat, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a présidé une réunion clé du Comité de pilotage chargé de la réforme du système de santé national. Objectif : assurer un suivi opérationnel d’un chantier stratégique placé sous la Haute Sollicitude Royale, accélérer sa mise en œuvre territoriale et restaurer la confiance des citoyens dans le service public de santé.
Une réforme structurante au cœur des priorités gouvernementales
La réunion tenue mercredi à Rabat s’inscrit dans la continuité de l’engagement du gouvernement à refonder en profondeur le système de santé national. Dès l’ouverture des travaux, le Chef du gouvernement a réaffirmé la mobilisation totale de l’Exécutif pour bâtir un système intégré, équitable et efficient, capable de répondre aux attentes des citoyens et de réduire les inégalités d’accès aux soins. Cette réforme figure parmi les piliers des transformations structurelles engagées par le Royaume, avec une ambition clairement affichée : replacer la santé du citoyen au centre de l’action publique.
Les Groupements sanitaires territoriaux, pivot de la réforme
Au cœur des échanges, la mise en œuvre des Groupements sanitaires territoriaux s’est imposée comme un levier central de la nouvelle architecture du système de santé. Le Chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’une implication forte de l’ensemble des acteurs, tant au niveau central que régional, afin d’assurer le succès de ce dispositif. Pensés comme des structures de gouvernance intégrée, les GST visent à dépasser les contraintes structurelles du secteur en favorisant la complémentarité entre établissements, la mutualisation des ressources et une meilleure organisation des parcours de soins.
La dimension régionale, un choix assumé
Le gouvernement fait de la régionalisation un axe fondamental de la réforme sanitaire. Lors de la réunion, Aziz Akhannouch a souligné que cette approche répond à une conviction profonde : renforcer la gouvernance de proximité et adapter l’offre de soins aux réalités territoriales. Les GST permettront ainsi d’élaborer des programmes médicaux régionaux intégrés, tenant compte des spécificités démographiques, épidémiologiques et géographiques de chaque région. Cette orientation devrait améliorer l’efficacité des interventions sanitaires et garantir une meilleure harmonie institutionnelle entre les différentes structures de santé.
Conditions de lancement et concertation sociale
Les travaux du Comité ont permis de faire le point sur les conditions préalables au déploiement des onze Groupements sanitaires territoriaux, dont les décrets d’entrée en service ont été adoptés en décembre 2025. Les discussions ont porté sur les mesures organisationnelles et institutionnelles nécessaires à leur lancement effectif, en concertation avec les partenaires sociaux. La préparation des conseils d’administration de ces groupements constitue une étape décisive avant le passage à la phase opérationnelle sur le terrain.
Numérisation et programme d’urgence pour restaurer la confiance
La réunion a également été l’occasion d’évaluer l’état d’avancement du plan d’uniformisation du système d’information des établissements de santé à l’échelle nationale. La numérisation est perçue comme un outil clé pour améliorer la coordination, la transparence et la qualité des prestations. Parallèlement, le Comité a suivi la mise en œuvre du programme d’urgence de réforme du système de santé, articulé autour de dix projets majeurs destinés à produire des effets visibles à court terme et à restaurer la confiance des citoyens dans les hôpitaux publics.
Grands projets hospitaliers et renforcement des capacités d’accueil
Sur le volet des infrastructures, les avancées sont jugées significatives. Les Centres hospitaliers universitaires de Laâyoune et de Rabat devraient être prêts au cours de l’année en cours, marquant une étape importante dans le renforcement de l’offre de soins spécialisée. Dix autres projets hospitaliers seront achevés en février 2026, offrant une capacité supplémentaire de 1.430 lits, tandis que dix autres chantiers arriveront à terme d’ici fin 2026, avec 1.637 lits additionnels. Ces investissements visent à réduire la pression sur les établissements existants et à améliorer la prise en charge des patients à l’échelle nationale.