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À Mina, les pèlerins accomplissent la lapidation de Satan
Les pèlerins ont convergé vers la vallée de Mina, munis de petits cailloux ramassés la veille à Muzdalifah, et se sont relayés sur le site pour jeter leurs projectiles sur la grande stèle en béton, symbole de Satan
Mina (Arabie saoudite), 6 juin 2025 — Les pèlerins du Hajj ont entamé vendredi, dès l’aube, le rituel emblématique de la lapidation de Satan au site de Mina, en lançant sept cailloux contre la grande stèle de Jamrat Al-Aqaba. Dernière étape majeure du pèlerinage avant l’Aïd al-Adha, cette cérémonie s’est déroulée dans un climat de fluidité et de sécurité, sous une chaleur intense. Cette année, le Hajj réunit 1.673.230 fidèles, venus de 180 pays.
Un rituel essentiel du Hajj sous haute surveillance
Dès les premières heures du matin, les pèlerins ont convergé vers la vallée de Mina, située à quelques kilomètres de La Mecque, pour accomplir ce rituel ancestral. Munis de petits cailloux ramassés la veille à Muzdalifah, ils se sont relayés sur le site pour jeter leurs projectiles sur la grande stèle en béton, symbole du diable dans la tradition islamique.
« Notre expérience à Mina a été facile et simple. Nous sommes entrés et, en cinq minutes, nous avons terminé la lapidation du diable », a confié Wael Ahmed Abdelkader, un pèlerin égyptien de 34 ans. Howakita, fidèle venue de Guinée, s’est dite « fière » de pouvoir accomplir ce rituel pendant l’Aïd al-Adha, l’une des grandes fêtes de l’islam.
Une organisation millimétrée pour éviter les drames
Les autorités saoudiennes ont déployé d’importants moyens pour assurer la sécurité des pèlerins et prévenir tout risque d’encombrement ou de bousculade. Depuis leur départ de Muzdalifah jusqu’au pont Jamarat, les fidèles ont bénéficié de dispositifs de circulation fluides.
Le site de Jamarat, entièrement repensé après la tragédie de 2015 (2.300 morts), comprend désormais plusieurs niveaux et des passerelles piétonnes, reliées au Train des Lieux Saints et aux camps de Mina. Les pèlerins circulent ainsi par groupes, de manière progressive et encadrée.
« L’afflux s’est déroulé de manière très sécurisée », a souligné Mustapha Al-Harbi, membre du comité de sécurité du Hajj. Les services de santé, de secours et de contrôle aux frontières ont été renforcés. Des équipes médicales spécialisées étaient également mobilisées, afin de limiter les risques liés à la chaleur extrême.
Le spectre du drame de 2024
Cette vigilance accrue fait suite également à la tragédie de l’an dernier, où 1.301 pèlerins étaient morts sous une chaleur record de 51,8°C. Les autorités ont identifié que 83 % des victimes n’avaient pas de permis officiel, les privant ainsi d’un accès aux infrastructures climatisées.
Cette année, les contrôles ont été renforcés pour lutter contre le phénomène des pèlerins clandestins. De nouvelles mesures ont aussi été adoptées pour mieux protéger les participants contre les coups de chaleur.
Le Hajj 1446H en chiffres
Selon les derniers chiffres de l’Autorité saoudienne des statistiques (GASTAT), le Hajj 1446 H compte 1.673.230 participants :
166.654 pèlerins nationaux (citoyens et résidents)
1.506.576 pèlerins venus de l’étranger.
Parmi eux, 877.841 sont des hommes et 795.389 des femmes.
La majorité des pèlerins internationaux est arrivée par avion (1.435.017 personnes), suivie par voie terrestre (66.465) et maritime (5.094).
Le nombre total de participants est en légère baisse par rapport à l’an dernier (1,8 million), conséquence d’une volonté délibérée des autorités de privilégier la sécurité.
Un rituel au cœur de l’Aïd al-Adha
Après avoir accompli la lapidation de Jamrat Al-Aqaba, les pèlerins procèdent au rasage ou à la coupe de leurs cheveux, puis au sacrifice du "Hady", un mouton ou autre bête, en souvenir du geste d’Ibrahim. L’Aïd al-Adha, ou "Fête du Sacrifice", marque l’aboutissement du pèlerinage.
À cette occasion, les musulmans du monde entier offrent une partie de la viande aux plus démunis. Le jour de l’Aïd, les pèlerins accomplissent également le "Tawaf Al-Ifadha", sept tours autour de la Kaaba, avant de retourner à Mina pour y passer les jours de Tachriq.
Une ferveur intacte malgré la chaleur
La veille, les fidèles avaient prié sur le mont Arafat, par 45°C, étape clé du Hajj. Ils ont ensuite passé la nuit à la belle étoile à Muzdalifah, pour ramasser les cailloux.
Le Hajj reste un rêve pour de nombreux musulmans. « C’est une journée très chaude, mais je crois en Allah. Arafat est le rêve de tout musulman », a témoigné Tawsif, un pèlerin indien.
Grâce aux efforts des autorités et à une organisation rodée, le rituel de la lapidation s’est déroulé cette année dans le calme et la solennité, en dépit de conditions climatiques éprouvantes.