La culture de la gagne - Par Abdallah Zayd Drissi

La culture de la gagne - Par Abdallah Zayd Drissi

Au passage du Dimanche soir au lundi matin, le Maroc tout entier a cessé de respirer

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Au passage du Dimanche soir au lundi matin, le Maroc tout entier a cessé de respirer. Pendant plus de 90 mn, le tensiomètre de toute une nation était à son comble. Sur la pelouse chilienne, vingt jeunes joueurs ont porté plus qu’un maillot : un rêve collectif, une fierté nationale, un état d’esprit. Dans ce texte vibrant, le jeune étudiant Gen Z, Abdallah Zayd Drissi, raconte, avec la plume du témoin et la ferveur du supporter, comment les Lionceaux de l’Atlas ont incarné la "culture de la gagne" — celle d’un pays qui n’a plus peur de viser haut et d’une génération qui transforme sa foi en victoire.

Abdallah Zayd Drissi

Hier soir, je n’ai pas couru.

Je n’ai pas cherché le silence de la mer ni la solitude du footing du dimanche.

Non. Hier soir, j’ai regardé un match.

Un match pas comme les autres.

Un match où le Maroc tout entier a retenu son souffle.

Un match où vingt jeunes ont porté sur leurs épaules plus qu’un maillot : un rêve.

Dès le premier sifflet, j’ai su que ce match ne serait pas comme les autres.

La pelouse vibrait, le stade chantait, et vingt jeunes Marocains portaient nos rêves.

Je les ai vus courir, presser, se battre pour chaque ballon.

Pas pour la gloire, mais pour le drapeau.

Et plus je les regardais, plus je me disais : oui, ils sont en train de nous rendre fiers.

Puis vint ce coup franc.

Un instant suspendu, un souffle retenu, et le ballon s’envole — majestueux.

Lucarne. But. Le stade explose.

Quelques minutes plus tard, un deuxième but, splendide, né d’une action collective comme on les rêve.

Et là, j’ai compris : ce n’était pas seulement un match, c’était un moment d’histoire.

La culture de la gagne

Cette nuit-là, nos jeunes ont montré bien plus que du talent.

Ils ont incarné ce qu’on appelle la culture de la gagne —

Celle des esprits qui refusent la défaite.

Celle des cœurs qui jouent pour un pays.

Ils ont ramené la Coupe à la maison.

Pas seulement une coupe à brandir, mais un symbole ;

Celui d’un Maroc nouveau, confiant, courageux, debout.

Sur le terrain, j’ai vu une génération entière défendre son avenir.

Car ces U20 ne sont pas seulement l’avenir du football marocain.

Ils sont le reflet de notre génération — la Génération Z.

Celle qui doute parfois, mais qui rêve encore.

Celle qui tombe, mais se relève.

Celle qui, cette nuit-là, a prouvé qu’elle savait gagner.

L7kaya bdat f’Mexico

Certains diront que cette victoire est la suite logique de ce qu’on a vécu au Qatar.

Mais la vérité, L7kaya bdat f’Mexico.

En 1970 déjà. Le deuxième pays Africain à atteindre les phases finales de la Coupe du monde, 36 ans après la participation oubliée des Égyptiens.

Pour la petite histoire, on s’était même offert le luxe d’ouvrir devant le mastodonte Allemand.

En 1986 ensuite. Première équipe africaine à passer le premier tour de la Coupe du Monde. Première de son groupe. Devant, excusez du peu, l'Angleterre, la Pologne et le Portugal.

C’est là-bas, au centre du monde, selon la mythologie aztèque, qu’a commencé le récit d’un Maroc conquérant,

Celui qui a osé dans les altitudes mexicaines rêver plus haut que ses limites.

Et aujourd’hui, nos jeunes ont ravivé cette flamme.

Ils ont rappelé que rien n’est jamais trop grand pour nous.

Que le rêve africain et arabe a désormais un accent marocain.

Qui sait ?

Peut-être qu’un jour, cette équipe — ou ceux qu’elle inspirera —donnera au Maroc le titre de champion du monde.

Et ce jour-là, on se souviendra de cette nuit comme du moment où tout a recommencé.

Une génération qui hérite et qui promet

La génération précédente a bâti un pays.

A nous maintenant d’en bâtir la suite.

Nos aînés nous ont transmis la culture du travail.

Celle de la patience et du progrès.

Ces jeunes Lionceaux, eux, viennent d’ajouter la culture de la gagne.

Ils nous rappellent qu’un peuple ne se mesure pas à sa richesse.

Mais à sa capacité à rêver et à se battre.

Le nouveau Maroc, ce n’est pas une idée.

C’est un état d’esprit : celui d’une jeunesse qui veut créer.

Oser et réussir — vraiment.

Ce que je retiens ?

Ce que j’ai vu.

 La ferveur du stade, les chants, les drapeaux rouges levés comme des promesses.

Des larmes, des sourires, et cette énergie qui ne ment pas.

Celle d’un pays qui y croit encore.

Ils ont brisé le mur du doute, brisé le plafond de verre.

Ouvert la voie à notre équipe nationale première.

Mais au fond, ce que je retiens, ce n’est pas la coupe.

Ce n’est pas le trophée brandi dans les airs.

C’est l’étincelle qu’ils ont rallumée dans nos cœurs.

Celle qui dit que rien n’est impossible.

Que la victoire appartient à ceux qui y croient avant tout le monde.

Le nouveau Maroc

Ce soir-là, j’ai compris que le nouveau Maroc n’était pas un slogan.

C’est une génération — la nôtre.

Qui refuse de subir.

Qui veut créer.

Qui veut gagner.

Et qui sait désormais que la victoire n’est pas un miracle.

Mais une bonne habitude à apprendre et à prendre.

Hier, les U20 ont gagné une coupe.

Aujourd’hui, ils ont gagné nos cœurs.

Et demain, peut-être, ils nous auront appris à gagner nos vies.

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