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Achraf Hakimi : comprendre sa blessure, son traitement… et le long chemin de la guérison
Achraf Hakimi sévèrement blessé face au Bayern Munich en Ligue des champions
La blessure d’Achraf Hakimi, survenue en Ligue des champions face au Bayern Munich, a créé une onde d’inquiétude aussi bien au sein du PSG que dans tout le paysage footballistique marocain. Dr Anwar Charkaoui revient sur le diagnostic d’une entorse sévère de la syndesmose, sans fracture, qui impose un protocole strict fondé sur l’immobilisation, la prudence et un suivi radiologique serré. Un traitement mesuré, pensé pour protéger l’avenir sportif du latéral droit, dont, il faut l’espérer, la présence à la CAN 2026 qui reste en suspens.
Dr Anwar CHERKAOUI
Expert en communication médicale et journalisme de santé
La blessure d’Achraf Hakimi a suscité beaucoup d’inquiétude, aussi bien au PSG que dans le camp marocain.
Le diagnostic est désormais clair : une entorse sévère de la cheville gauche, provoquée lors d’un choc appuyé en Ligue des champions.
Les examens ont confirmé une atteinte ligamentaire importante, probablement au niveau de la syndesmose, cette petite articulation stratégique entre le tibia et la fibula.
La bonne nouvelle : aucune fracture. Pas d’os déplacé, pas de fragments, rien qui nécessite une chirurgie.

Entorse de la syndesmose
Pourquoi alors un traitement orthopédique plutôt qu’un passage au bloc opératoire ?
Parce que dans les entorses sévères où la syndesmose reste stable, la médecine privilégie la voie naturelle : protéger, immobiliser, laisser les ligaments cicatriser dans la bonne position.
Opérer n’apporte rien de plus dans ce cas, et pourrait même être délétère en ajoutant des risques inutiles.
Tant que l’articulation ne s’écarte pas et reste alignée, la chirurgie n’a aucune indication.
Reste la question qui brûle les supporters : pourquoi tant de repos et d’immobilisation ?
La réponse se trouve dans l’anatomie.
La syndesmose est une charnière délicate, très sollicitée lors de la course, des changements d’appui et des accélérations foudroyantes… tout ce qui fait la spécialité de Hakimi.
Si elle cicatrise mal, le joueur risque douleurs chroniques, instabilité, voire arthrose précoce.
Il faut donc du temps : plusieurs semaines sans mise en charge excessive, avant une reprise progressive, millimétrée, presque chirurgicale dans la précision.
Le suivi radiologique est lui aussi indispensable.
Les radios sont les premières sentinelles : elles vérifient l’alignement, traquent le moindre écart anormal, précise Dr BOUMEHDI Bounhir, médecin radiologue.
Un scanner peut affiner l’analyse, surtout si une suspicion d’instabilité persiste.
L’IRM, elle, raconte l’histoire intime de la blessure : l’état des ligaments, l’œdème osseux, l’évolution de la cicatrisation.
C’est l’examen roi pour dire si les tissus réparent bien et si l’on peut accélérer la reprise des appuis.
Au final, la convalescence de Hakimi s’annonce logique, prudentielle et parfaitement adaptée aux exigences d’un footballeur de haut niveau.
Désormais, tout dépend de la manière dont son ligament blessé va « recoller », retrouver sa tension naturelle et supporter de nouveau les charges explosives du jeu professionnel international.
Et la question qui taraude tout le monde - sera-t-il disponible pour la CAN 2026 ? - reste entière.