Bellaarouch de l’enfer à la gloire par la force du mental - Dr Anwar Cherkaoui

Bellaarouch de l’enfer à la gloire par la force du mental - Dr Anwar Cherkaoui

Le gardien de but marocain Chouaïb Bellaarouch a été élu homme du match vendredi à Doha, après la qualification de l’équipe marocaine des moins de 17 ans pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde,

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Critiqué puis célébré, le jeune gardien marocain U17 a incarné en quelques jours une leçon de psychologie appliquée au sport. Après un début de parcours difficile, il s’est relevé avec une force mentale rare, guidé par la confiance, la résilience et la maîtrise émotionnelle. Dr Anwar Cherkaoui décrypte comment cet adolescent a transformé ses doutes en moteur intérieur et ses échecs en tremplin.

 Dr Anwar CHERKAOUI

 Expert en communication médicale et journalisme de santé

Il y a des performances sportives qui trouvent leur essence dans la profondeur humaine et psychologique de ceux qui les accomplissent.

Le parcours du jeune gardien de but marocain U17 appartient clairement à cette catégorie.

Face au Portugal c’est pas moins de six buts qu’il a encaissés, encore un but, et il aurait été pour fanny avec l’exercice que l’on impose au perdant par ce score dans la pétanque.  Fortement critiqué après les matchs de qualification au Qatar, où ses hésitations et ses erreurs avaient inquiété, il est devenu quelques jours plus tard l’architecte silencieux d’un miracle sportif.

C’est ce même gardien, fébrile hier, qui a terminé la rencontre contre la Nouvelle-Calédonie avec des filets immaculés après un 16–0 historique.  En un match il passe de l’enfer à la gloire. Désigné meilleur joueur du match.

Et c’est ce même jeune, à peine remis des secousses des critiques, qui a porté le Maroc vers la qualification face aux États-Unis en détournant deux penaltys déterminants.

Pour comprendre ce basculement spectaculaire, il faut plonger dans les mécanismes psychologiques qui transforment la fragilité en force, le doute en certitude, et la peur en maîtrise.

La psychologie du sport parle ici de résilience, de confiance en soi et de sentiment d’efficacité personnelle, trois piliers qui distinguent les champions des autres.

Selon Albert Bandura, psychologue américain, un athlète performe lorsqu’il croit profondément en sa capacité à réussir, indépendamment des jugements extérieurs.

Cette conviction intime ne nie pas l’erreur ; elle lui donne un sens.

Chez le gardien marocain, cette croyance ne s’est pas effondrée malgré l’adversité.

Elle a été ébranlée, oui, mais jamais détruite.

La psychanalyse apporte un éclairage complémentaire.

Freud décrivait le “Moi” comme la structure chargée de maintenir l’équilibre entre l’angoisse et l’action.

Ce jeune gardien a montré un Moi étonnamment solide pour son âge.

Là où d’autres se seraient laissés envahir par la culpabilité ou la peur de revivre l’échec, il a fait preuve d’un mécanisme de sublimation rare : transformer la pression en énergie positive, convertir la critique en carburant intérieur.

Cette capacité à reconfigurer l’émotion brute en force maîtrisée est la marque des personnalités destinées à aller loin.

Les grands psychiatres du monde ont souvent décrit cet état d’esprit.

Boris Cyrulnik, père du concept de résilience, rappelle que “les épreuves n’écrasent que ceux qui sont seuls”.

Entouré par son groupe, son staff et probablement sa famille, le gardien marocain a trouvé un socle affectif pour rebondir.

Jean Cottraux, spécialiste de thérapies cognitives, souligne que la confiance n’est jamais un don : c’est un entraînement.

Elle se construit, se travaille, se répète.

Quant au psychiatre militaire Patrick Clervoy, il rappelle que “dans les moments de crise, ce n’est pas la force musculaire qui sauve, mais le calme intérieur”.

Ce calme, le jeune gardien l’a incarné au moment précis où tout semblait pouvoir basculer.

Les deux derniers matchs du Maroc U17 illustrent parfaitement cette transformation mentale.

Contre la Nouvelle-Calédonie, même s’il n’a pas été très sollicité, il a affiché une présence nouvelle : posture stable, regard attentif, respiration maîtrisée.

Les filets vierges de ce match n’avaient rien d’un détail statistique.

C’était un symbole.

Celui d’un garçon qui semblait dire au monde : “Je suis encore là.”

Le match suivant l’a confirmé.

Face aux États-Unis, avant les penaltys, ses épaules étaient détendues, son visage concentré mais serein.

Quand il arrête le premier penalty, on voit un basculement : le doute meurt, la confiance renaît. Le second arrêt achève la métamorphose.

Ce jeune gardien a rappelé une vérité essentielle, valable sur un terrain comme dans la vie : on ne se définit pas par ses erreurs, mais par la manière dont on se relève.

Il a montré qu’un adolescent peut être fragile et puissant à la fois, que la confiance en soi n’est pas un état magique mais une discipline intérieure, et que la victoire appartient souvent à ceux qui refusent de s’avouer vaincus.

Derrière ses arrêts, il y avait plus qu’une performance sportive.

Il y avait la démonstration éclatante qu’un mental solide peut écrire des chapitres que le football croit impossibles.

Le Maroc U17 a gagné ce jour-là grâce à seize buts.

Mais il s’est qualifié, en vérité, grâce à un seul gardien.

Un gardien qui a prouvé qu’un cœur confiant bat parfois plus fort que la pression du monde entier.

 

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