Brahim Diaz, Ayoub El Kaabi et la ferveur populaire font l’histoire marocaine de la CAN-2025 – Hassan Zakariaa

Brahim Diaz, Ayoub El Kaabi et la ferveur populaire font l’histoire marocaine de la CAN-2025 – Hassan Zakariaa

L'attaquant marocain n° 10 Brahim Diaz (2e à droite) lors du match de football de la phase de groupes de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) partage la joie du but de l’autre attaquant marocain n° 20 Ayoub El Kaabi (à droite) , le troisième de son équipe contre la Zambie au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le 29 décembre 2025. (Photo de Gabriel BOUYS / AFP)

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Par Hassan Zakariaa avec MAP

La Coupe d’Afrique des Nations Maroc-2025 est en train de graver des pages mémorables dans l’histoire du football national. Entre l’exploit inédit de Brahim Diaz, l’impact spectaculaire d’Ayoub El Kaabi, l’adhésion populaire massive dans les stades et des scénarios inattendus comme la qualification du Mali sans victoire, le tournoi confirme son intensité sportive et symbolique. Au cœur de cette dynamique, les Lions de l’Atlas avancent avec ambition, portés par des individualités en état de grâce et un collectif en pleine maturité.

Brahim Diaz, une performance jamais vue

En inscrivant un but lors de chacun des quatre premiers matchs de la CAN-2025, Brahim Diaz a réalisé un exploit inédit dans l’histoire du football marocain. Aucun joueur n’avait jusque-là réussi à marquer lors de ses quatre premières apparitions dans une même édition de la Coupe d’Afrique des Nations. Ce record place l’attaquant du Real Madrid devant la légende Ahmad Faras, qui avait inscrit trois buts en trois matchs lors de la CAN-1976, remportée par le Maroc.

Au-delà des chiffres, Diaz s’impose comme le métronome offensif des Lions de l’Atlas. Capable de débloquer les situations les plus fermées, il incarne cette nouvelle génération de joueurs marocains à la fois techniques, lucides et décisifs dans les moments clés. Leader du classement provisoire des buteurs de la compétition, il devance désormais Ayoub El Kaabi et Riyad Mahrez, confirmant son statut d’homme fort de cette CAN.

Ayoub El Kaabi, l’esthétique au service de l’efficacité

Si Brahim Diaz brille par sa régularité, Ayoub El Kaabi marque la CAN-2025 par le style. La chaîne américaine ESPN a consacré un article élogieux à l’attaquant marocain, soulignant l’impact visuel et symbolique de ses retournés acrobatiques, devenus l’une des signatures de cette édition.

À 32 ans, El Kaabi incarne un parcours atypique dans un groupe largement composé de joueurs formés en Europe ou issus de l’Académie Mohammed VI. Arrivé tardivement au football professionnel, passé par la Botola, la Chine, la Turquie, le Qatar et désormais la Grèce, il symbolise la persévérance et la progression par le travail.

Pour ESPN, sa capacité à marquer des buts spectaculaires dans des moments décisifs fait de lui une figure emblématique des Lions de l’Atlas. Walid Regragui ne s’y trompe pas, voyant en El Kaabi un exemple inspirant pour la jeunesse marocaine, tant pour son éthique que pour son efficacité.

Des distinctions individuelles au service du collectif

La réussite marocaine ne se limite pas à un seul nom. Lors des quatre premiers matchs, quatre distinctions d’« Homme du match » ont été attribuées à des joueurs marocains. Brahim Diaz en a décroché deux, tandis que Neil El Aynaoui et Ayoub El Kaabi ont chacun été récompensés une fois.

Ces distinctions individuelles traduisent surtout la richesse du collectif dirigé des Lions de l’Atlas. Chaque rencontre a vu émerger un joueur capable de faire la différence, sans jamais rompre l’équilibre de l’équipe. Cette variété dans les performances témoigne d’un groupe capable de s’adapter aux contextes, aux adversaires et aux exigences tactiques d’une compétition longue et éprouvante.

Une affluence record, symbole d’un engouement national

Le huitième de finale entre le Maroc et la Tanzanie a marqué un tournant symbolique dans cette CAN-2025. Avec 63.894 spectateurs présents dans les tribunes, la rencontre a établi un record d’affluence pour un match de cette édition. Ce chiffre inédit illustre l’adhésion populaire exceptionnelle autour de l’équipe nationale et confirme le succès organisationnel du tournoi.

Au-delà du simple soutien sportif, cette mobilisation massive reflète un attachement profond des Marocains à leur sélection. Les stades pleins, l’ambiance continue et la communion entre joueurs et public, même quand il manifeste son mécontentement, donnent à cette CAN une dimension presque nationale, où chaque match devient un événement collectif.

Le Mali, l’art de survivre sans gagner

Autre fait marquant de cette édition, la qualification du Mali pour les quarts de finale sans la moindre victoire dans le temps réglementaire. Avec trois matchs nuls en phase de groupes et une qualification aux tirs au but face à la Tunisie en huitièmes de finale, les Aigles maliens illustrent parfaitement la part stratégique et mentale du format actuel de la CAN.

Discipline défensive, patience tactique et sang-froid dans les moments décisifs ont permis au Mali de poursuivre son parcours. Une situation rare, mais révélatrice d’un football africain où la gestion des temps faibles et la solidité collective peuvent primer sur la domination pure.

Une CAN marocaine aux multiples visages

À mi-parcours des phases à élimination directe, la CAN-2025 révèle un football africain riche, imprévisible et profondément humain. Entre records individuels, ferveur populaire, récits atypiques et reconnaissance internationale, le Maroc s’impose comme l’un des épicentres de cette édition.

Pour les Lions de l’Atlas, l’essentiel reste à venir. Mais déjà, cette CAN aura laissé une empreinte durable, portée par des joueurs qui écrivent l’histoire, un public qui la vit intensément et une compétition qui confirme, match après match, sa capacité à surprendre et à rassembler.

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