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Brahim Díaz et Neil El Aynaoui, les nouveaux équilibres des Lions de l’Atlas
L'attaquant marocain n° 10 Brahim Diaz (2e à droite) lors du match de football de la phase de groupes de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) partage la joie du but de l’autre attaquant marocain n° 20 Ayoub El Kaabi (à droite) , le troisième de son équipe contre la Zambie au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le 29 décembre 2025. (Photo de Gabriel BOUYS / AFP)
Quid avec MAP
À mesure que la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 avance, le visage de la sélection marocaine se précise. Entre l’efficacité clinique de Brahim Díaz dans les trente derniers mètres et l’intelligence silencieuse de Neil El Aynaoui au cœur du jeu, les Lions de l’Atlas semblent avoir trouvé deux leviers complémentaires pour franchir les paliers. L’un fait basculer les matchs, l’autre les stabilise. Ensemble, ils incarnent une sélection marocaine plus imprévisible, plus mature et résolument tournée vers l’avenir.

Le milieu de terrain malien n° 8 Mahamadou Doumbia et le milieu de terrain marocain n° 24 Neil El Aynaoui lors du match de football de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) du groupe A entre le Maroc et le Mali au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le 26 décembre 2025. (Photo de Gabriel BOUYS / AFP)
Brahim Díaz, l’arme qui fait la différence
Trois matchs, trois buts. Brahim Díaz n’a pas tardé à imprimer sa marque sur cette CAN 2025. Décisif à chaque apparition, l’attaquant du Real Madrid s’est imposé comme l’un des hommes forts de l’animation offensive marocaine, au même titre qu’Ayoub El Kaabi, avec qui il partage pour l’instant le statut de meilleur buteur des Lions de l’Atlas.
Sa capacité à frapper aussi bien du pied gauche que du droit, à surgir entre les lignes et à conclure avec sang-froid fait aujourd’hui de lui une menace permanente pour les défenses adverses. Mais au-delà de la finition, c’est son influence globale qui frappe. Díaz fluidifie le jeu marocain, crée des espaces par ses déplacements et apporte une créativité parfois absente lors des précédentes campagnes continentales.
Son parcours européen de haut niveau, de Manchester City à l’AC Milan avant son installation au Real Madrid, se lit dans sa prise de décision rapide et sa maîtrise technique. Dans des matchs souvent fermés et hachés, typiques des phases finales africaines, cette capacité à produire un geste juste dans un périmètre réduit devient précieuse.
Un choix assumé, une intégration progressive
Le choix de Brahim Díaz de représenter le Maroc en 2024 a suscité de nombreux débats, notamment en Espagne, où certains observateurs ont regretté la perte d’un joueur au potentiel aussi élevé. Le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente avait alors calmé la polémique, rappelant qu’il s’agissait d’une décision personnelle qui devait être respectée.
Du côté marocain, l’intégration n’a pourtant pas été immédiate. Adapter un joueur formé au football européen aux exigences physiques, au rythme et parfois à l’irrationalité du jeu africain demande du temps. Walid Regragui l’a reconnu sans détour, soulignant que Díaz avait besoin d’un temps d’adaptation pour exprimer pleinement son potentiel.
Ce cap semble désormais franchi. Les statistiques confirment son impact croissant : forte implication dans les actions décisives, passes clés répétées, dribbles réussis dans le dernier tiers et influence directe sur le tempo offensif. Avec Díaz sur le terrain, le Maroc multiplie les situations construites et gagne en imprévisibilité, rendant son jeu moins lisible pour l’adversaire.
À 25 ans, l’attaquant incarne déjà un trait d’union entre les cadres expérimentés et une nouvelle génération technique, appelée à porter les ambitions marocaines bien au-delà de cette CAN.
Neil El Aynaoui, l’équilibre sans bruit
À l’opposé du registre flamboyant de Díaz, Neil El Aynaoui s’impose par la discrétion et la constance. Peu enclin aux effets de style, le milieu de terrain de l’AS Rome fait parler son jeu avec sobriété et efficacité. Dans un tournoi où la bataille du milieu conditionne souvent l’issue des rencontres, son rôle apparaît de plus en plus central.
Fils de Younes El Aynaoui, figure emblématique du tennis marocain, Neil trace sa propre voie avec une identité bien affirmée. Son football repose sur des fondamentaux solides : volume de jeu élevé, lecture tactique fine, capacité à fermer les espaces et à récupérer des ballons dans des zones clés. Autant de qualités essentielles dans des matchs serrés, où chaque transition peut être décisive.
Lors de cette CAN 2025, il s’est illustré par sa capacité à enchaîner les efforts sur 90 minutes, à sécuriser la relance et à offrir des solutions simples mais efficaces à ses partenaires. Son jeu sans fioritures apporte une stabilité précieuse à l’ensemble du collectif marocain.
Une pièce maîtresse des Lions de l’Atlas
L’intégration progressive de Neil El Aynaoui dans le onze national a offert davantage de flexibilité tactique à Walid Regragui. Capable d’évoluer dans un double pivot ou en sentinelle avancée, il permet au sélectionneur d’ajuster son dispositif selon l’adversaire et le scénario du match.
Même s’il dispute sa première CAN, El Aynaoui donne déjà le sentiment d’un joueur installé, fiable, et appelé à durer. Sa régularité en club, combinée à ses prestations en sélection, renforce sa crédibilité pour s’inscrire durablement dans le projet des Lions de l’Atlas, notamment en vue des prochaines échéances continentales et internationales.
Dans un football moderne où l’équilibre collectif est aussi déterminant que l’éclat individuel, son profil apparaît comme complémentaire à celui de joueurs plus offensifs. Il est le garant d’une structure qui permet aux créateurs de s’exprimer sans exposer l’équipe.
Deux profils, une même ambition
Brahim Díaz et Neil El Aynaoui illustrent deux visages d’un même Maroc en quête de confirmation. L’un incarne la capacité à faire basculer un match sur un geste, l’autre assure la continuité et la cohérence du jeu. Leur montée en puissance simultanée offre aux Lions de l’Atlas une palette plus riche, capable de répondre aux différents défis de la CAN 2025.
À ce stade du tournoi, le Maroc semble avoir trouvé un équilibre rare entre créativité offensive et solidité structurelle. Si le meilleur reste à venir, notamment dans les matchs à élimination directe où la marge d’erreur est infime, ces deux joueurs apparaissent déjà comme des piliers du présent… et du futur.