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CAN 2025 au Maroc : favoris affirmés, outsiders ambitieux et promesses d’un tournoi ouvert
Point de presse tenu pour présenter l’avancement des préparatifs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, en présence du Secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF), Véron Mosengo-Omba. 16122025-Rabat (Photo MAP)
À quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, prévue du 21 décembre au 18 janvier au Maroc, les lignes de force du tournoi commencent à se dessiner. Entre favoris historiques, sélections en quête de rédemption et outsiders décidés à bousculer la hiérarchie, la compétition s’annonce dense, imprévisible et hautement disputée. Du groupe C dominé sur le papier par le Nigeria et la Tunisie aux équilibres plus ouverts du groupe D, cette CAN promet bien plus qu’un simple affrontement de palmarès : elle sera un révélateur des nouvelles dynamiques du football africain.
Quid avec MAP
Groupe C : Nigeria et Tunisie, l’expérience face aux ambitions de l’Afrique de l’Est
Le groupe C concentre une opposition riche en contrastes. Le Nigeria et la Tunisie, deux géants du football africain, y retrouvent la Tanzanie et l’Ouganda, sélections est-africaines animées par la volonté de marquer l’histoire. Sur le papier, les Super Eagles et les Aigles de Carthage partent avec un net avantage, mais la CAN a souvent démontré que la hiérarchie pouvait vaciller dès les phases de groupes.
Le Nigeria, triple champion d’Afrique en 1980, 1994 et 2013, arrive au Maroc avec l’ambition claire de décrocher une quatrième étoile. Finalistes malheureux de la dernière édition en Côte d’Ivoire, les Nigérians veulent effacer la frustration de cette défaite et tourner la page d’une campagne qualificative ratée pour le Mondial 2026. Portée par une génération talentueuse, la sélection s’appuie notamment sur Victor Osimhen et Ademola Lookman, deux Ballons d’or africains capables de faire basculer un match à eux seuls.
Les Super Eagles, entre potentiel offensif et exigence de constance
Sous la houlette d’Eric Chelle, le Nigeria affiche une orientation résolument offensive. La liste élargie de 28 joueurs comprend une forte densité d’attaquants évoluant dans les plus grands championnats européens. Cette richesse offensive constitue à la fois une force et un défi, celui de transformer les individualités en un collectif cohérent et discipliné. Les observateurs s’accordent à dire que le principal enjeu nigérian réside moins dans le talent que dans la régularité.
En défense et au milieu, des profils expérimentés comme Alex Iwobi ou Wilfred Ndidi assurent l’équilibre et la gestion des temps faibles. La retraite internationale de William Troost-Ekong, capitaine emblématique, relance toutefois le débat sur le leadership et la stabilité défensive. Dans un pays où le football est une passion nationale, la pression populaire est immense : seule une performance majeure pourra satisfaire les attentes.
La Tunisie en quête de rédemption continentale
La Tunisie aborde cette CAN avec un double visage. D’un côté, une élimination humiliante dès le premier tour de la CAN 2024 en Côte d’Ivoire, qui a profondément marqué l’opinion publique. De l’autre, un parcours exceptionnel lors des éliminatoires du Mondial 2026, avec neuf victoires, un nul et aucun but encaissé. Cette solidité défensive, symbole du renouveau tunisien, nourrit l’espoir d’un retour au premier plan continental.
Sous la direction de Sami Trabelsi, les Aigles de Carthage veulent tourner la page du désenchantement et renouer avec l’héritage d’une sélection régulièrement présente en phase finale depuis 1994. Avec un seul sacre continental, remporté à domicile en 2004, la Tunisie nourrit une ambition mesurée mais assumée. Le match nul arraché face au Brésil en amical a renforcé la confiance d’un groupe conscient que le titre reste un objectif exigeant, nécessitant constance mentale et rigueur tactique.
Tanzanie et Ouganda, l’envie de renverser les pronostics
Moins expérimentées, la Tanzanie et l’Ouganda abordent cette CAN sans complexe. Les Taifa Stars disputent leur quatrième phase finale, la deuxième consécutive, avec l’objectif clair de franchir enfin le cap du premier tour. Sous la conduite de Miguel Gamondi, la Tanzanie mise sur un savant mélange de cadres et de jeunes talents locaux, avec Mbwana Samatta comme leader offensif.
Le duel Tanzanie-Ouganda, programmé le 27 décembre, sera particulièrement suivi. Il préfigure la CAN 2027, que les deux pays coorganiseront avec le Kenya. Pour l’Ouganda, dont le meilleur souvenir reste la finale de 1978, l’ambition est de s’installer durablement parmi les sélections compétitives du continent. Paul Put, le sélectionneur belge, insiste sur l’équilibre collectif, la discipline et l’efficacité sur coups de pied arrêtés comme clés de la réussite.
Groupe D : le Sénégal en patron, une hiérarchie sous pression
Dans le groupe D, le Sénégal s’avance en favori naturel. Champion d’Afrique en 2021, quart de finaliste du Mondial 2022 et deuxième au classement africain FIFA, les Lions de la Téranga veulent reconquérir un titre qui leur échappe depuis leur sacre historique. Sous la houlette de Pape Thiaw, la sélection sénégalaise entame un nouveau cycle, associant cadres expérimentés et jeunesse prometteuse.
Le collectif sénégalais repose sur une défense solide autour de Kalidou Koulibaly, un milieu travailleur et des attaquants explosifs comme Sadio Mané, Ismaïla Sarr et Nicolas Jackson. Les larges victoires en préparation, notamment face au Kenya, ont confirmé la montée en puissance d’un groupe ambitieux, déterminé à imposer son rythme dès la phase de groupes.
RD Congo, Bénin et Botswana, des ambitions contrastées
Derrière le Sénégal, la lutte pour la qualification s’annonce ouverte. La RD Congo, demi-finaliste de la dernière CAN, reste imprévisible mais dangereuse. Capable du meilleur comme du pire, elle ambitionne un troisième sacre après ceux de 1968 et 1974.
Le Bénin, de retour après une absence de deux éditions, arrive au Maroc avec un statut d’outsider assumé. Les Guépards, quarts de finalistes en 2019 après avoir éliminé le Maroc, veulent franchir un nouveau palier. Sous la direction de Gernot Rohr, ils misent sur un collectif mûr, porté par Steve Mounié, pour bousculer la hiérarchie et viser une qualification historique.
Le Botswana complète ce groupe avec le costume de Petit Poucet. Absent de la CAN depuis 2012, il revient avec une ambition mesurée mais réelle. Son sélectionneur Morena Ramoreboli, fort d’un effectif majoritairement local, espère créer la surprise et atteindre pour la première fois les phases à élimination directe.
Une CAN sous le signe de l’organisation et de l’accueil
Au-delà du terrain, le Maroc se prépare à accueillir un afflux massif de supporters. L’Office des Changes a déployé un dispositif global visant à faciliter les opérations de change, renforcer la transparence et moderniser les moyens de paiement. Information multilingue, supports pédagogiques dans les aéroports et diversification des solutions de paiement traduisent la volonté d’offrir une expérience fluide et conforme aux standards internationaux.
Cette mobilisation s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation de l’image du Royaume comme pays hôte moderne, sécurisé et ouvert, capable d’organiser des événements continentaux de grande ampleur.
Le Village Eléph’Fan, vitrine de la diplomatie sportive africaine
À Marrakech, le Village Eléph’Fan dédié aux supporters ivoiriens illustre une autre dimension de la CAN 2025. Plus qu’une simple fan zone, cet espace se veut un carrefour de convivialité, de culture et de coopération économique. Retransmissions de matchs, gastronomie ivoirienne, animations culturelles et rencontres B2B traduisent une vision du sport comme levier de diplomatie populaire et de rapprochement entre les peuples.
La Journée ivoiro-marocaine prévue le 27 décembre incarne cette ambition, en réunissant acteurs publics et privés autour de partenariats économiques et culturels. La CAN devient ainsi un catalyseur de relations bilatérales et un symbole d’intégration africaine.
Des Fan zones dans les aéroports du Royaume
L’Office National des Aéroports (ONDA) a mis en place des Fan zones aux aéroports spécialement aménagées pour permettre aux voyageurs et passagers en voyage ou en transit de suivre les matchs en direct, de vibrer à chaque but et de plonger dans l’ambiance de la compétition. Même loin des stades, l’excitation et la passion du football s’invitent dans le voyage, offrant à chacun une expérience unique et mémorable, indique l’Office dans une brève. Cette initiative s’inscrit dans la campagne "Welcome Football, Welcome Fans", qui illustre la volonté de l’ONDA, en collaboration avec le Comité d’Organisation Local et la CAF, de faire de ses infrastructures des lieux d’expérience et de convivialité, tout en accompagnant un événement sportif majeur sur le plan national et international.
Un tournoi révélateur des nouvelles dynamiques africaines
La CAN 2025 au Maroc s’annonce comme un tournant. Les grandes nations cherchent à confirmer leur statut, tandis que des sélections émergentes ambitionnent de redéfinir les équilibres. La densité des groupes, la qualité des effectifs et l’intensité attendue des rencontres promettent un tournoi ouvert, où chaque match comptera.
Dans ce contexte, le Maroc, pays hôte, observe attentivement une compétition qui dépasse le cadre sportif. Entre ferveur populaire, enjeux économiques et affirmation du football africain sur la scène mondiale, cette CAN s’inscrit déjà comme un moment charnière de l’histoire du continent.