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CAN-2025 : le Maroc rassure, El-Kaabi régale, Diaz confirme – Par Hassan Zakariaa
Le défenseur marocain n° 2 Achraf Hakimi (à gauche) et l'attaquant marocain n° 10 Brahim Diaz (à droite) après le troisième but de Kaabi lors du match de football de la phase de groupes de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) entre la Zambie et le Maroc au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le 29 décembre 2025. (Photo de Gabriel BOUYS / AFP)
En dominant largement la Zambie et en bouclant la phase de groupes à la première place, le Maroc a validé son billet pour les huitièmes de finale de la CAN-2025 avec autorité et maîtrise. Entre la prestation collective aboutie des Lions de l’Atlas, l’empreinte spectaculaire d’Ayoub El-Kaabi et le discours de lucidité de Walid Regragui, la sélection nationale entre dans la phase à élimination directe avec confiance, mais sans euphorie.
Par Hassan Zakariaa avec MAP
Une qualification maîtrisée, un groupe dominé

Le défenseur zambien n° 22 David Hamansenya (à gauche) dispute le ballon à l'attaquant marocain n° 20 Ayoub El Kaabi (au centre) vedette du matchl de la phase de groupes de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) entre la Zambie et le Maroc au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le 29 décembre 2025. (Photo de Gabriel BOUYS / AFP)
Dans une ambiance électrique au stade Prince Moulay Abdellah, le Maroc a répondu présent au rendez-vous décisif de la troisième journée du groupe A. La victoire nette face à la Zambie a permis aux Lions de l’Atlas de terminer en tête avec sept points, confirmant leur statut de favori et dissipant les doutes nés du match nul contre le Mali. Dès les premières minutes, le plan de jeu marocain s’est imposé : pressing haut, circulation rapide du ballon et domination territoriale constante.
Walid Regragui avait opté pour quelques ajustements tactiques, sans bouleverser les équilibres. La défense, remodelée, a affiché une solidité rassurante, tandis que le milieu a imposé son tempo. Le but rapide d’Ayoub El-Kaabi a libéré l’équipe, permettant aux Marocains de dérouler un football fluide et efficace. La possession, largement à l’avantage du Maroc, a étouffé toute velléité zambienne et donné au match un sens unique.
El-Kaabi, la signature spectaculaire
S’il fallait un symbole de cette phase de groupes réussie, Ayoub El-Kaabi s’imposerait comme une évidence. Auteur d’un doublé contre la Zambie, dont un retourné acrobatique déjà entré dans les images fortes de la compétition, l’attaquant marocain marque cette CAN de son style singulier. Ce geste, devenu sa signature, déjà exécuté face aux Comores, n’est pas un simple effet esthétique : il traduit une aisance technique rare, un sang-froid remarquable et une confiance totale dans le dernier geste.
La presse internationale n’a pas manqué de souligner cette singularité. Son parcours atypique, sa formation tardive au plus haut niveau et son efficacité constante font de lui un attaquant à part, capable de renverser un match sur une inspiration. Avec trois buts en phase de groupes, El-Kaabi s’installe parmi les hommes forts du tournoi et pose clairement sa candidature à un rôle central pour la suite.
La constance de Diaz
Brahim Diaz double la mise à la 27e mn et confirme son statut aux sein des lieux. Buteur lors de chacun des trois matches de poule d'une CAN, le joueur du Real Madrid a égalé la performance de la légende marocaine Ahmed Faras, Ballon d'or africain en 1975 mort en juillet dernier.
Déjà face aux Comores, la Confédération africaine de football l’a signalé comme l’un des visages de cette CAN. Son but inaugural contre les Comores, dans un stade de Rabat en fusion, a agi comme un déclencheur émotionnel et tactique pour les Lions de l’Atlas. Actif entre les lignes, disponible, constamment en mouvement, le joueur du Real Madrid a incarné la maîtrise et la sérénité d’une sélection consciente de son potentiel et une génération confiante et ambitieuse.
Un collectif en progression
Au-delà des individualités, c’est la progression collective qui retient l’attention. Après une entrée en matière solide et un passage à vide relatif face au Mali, le Maroc a corrigé ses imperfections. Le pressing est devenu plus coordonné, les transitions plus rapides et la gestion des temps forts plus mature.
L’entrée d’Achraf Hakimi en seconde période a constitué l’un des moments forts de la soirée. Ovationné par le public, le capitaine a immédiatement apporté projection, énergie et leadership. Sans forcer, il a rappelé son importance dans l’équilibre de l’équipe, incarnant ce supplément d’âme qui distingue les grandes sélections dans les moments clés.
Regragui, entre exigence et humilité
En conférence de presse, Walid Regragui a soigneusement évité tout triomphalisme. Pour le sélectionneur, la CAN commence réellement maintenant. Son discours, ferme mais mesuré, insiste sur une idée centrale : chaque match à venir sera une finale. La rotation opérée en phase de groupes répondait à des impératifs physiques et tactiques, mais l’heure est désormais à la concentration maximale.
Regragui a également rappelé que rien n’est figé, ni dans les choix, ni dans la hiérarchie. Les blessures mineures de certains cadres ont nécessité des adaptations, mais l’ensemble du groupe reste mobilisé. Cette gestion pragmatique, alliée à une communication apaisée, contribue à installer un climat de confiance autour de la sélection.
Le regard de l’adversaire
Côté zambien, la déception était palpable. Le sélectionneur a reconnu la supériorité marocaine et admis que son équipe n’avait pas su répondre à l’intensité imposée. Pour la Zambie, l’élimination précoce s’inscrit dans un processus de reconstruction à long terme, fondé sur la patience et l’investissement. Le contraste avec le Maroc, engagé dans une dynamique de performance immédiate, illustre l’écart de maturité entre les deux projets sportifs.
Cap sur les huitièmes, sans relâchement
Qualifié en tête de son groupe, le Maroc s’apprête à entrer dans une nouvelle dimension de la compétition. Les matchs à élimination directe ne pardonnent ni approximation ni excès de confiance. L’équipe semble en avoir conscience. Le discours des joueurs, à l’image d’El-Kaabi, reste centré sur l’essentiel : gagner, avancer et gérer l’effort.
Portés par leur public, solides dans leur organisation et riches en solutions offensives, les Lions de l’Atlas abordent la suite de la CAN avec un statut assumé. Mais dans un tournoi où chaque détail compte, la lucidité affichée jusqu’ici pourrait bien être leur meilleur atout.