CAN 2025 : l’heure de vérité pour les favoris – Par Hassan Zakariaa

CAN 2025 : l’heure de vérité pour les favoris – Par Hassan Zakariaa

L'attaquant marocain n°10 Brahim Diaz célèbre le premier but de son équipe avec le défenseur marocain n°02 Achraf Hakimi en rendant hommage d’un geste à Ounahi, blessé et forfait pour le reste du tournoi, lors du match de huitièmes de finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) entre le Maroc et la Tanzanie au stade Prince Moulay Abdallah de Rabat, le 4 janvier 2026. (Photo de SEBASTIEN BOZON / AFP)

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Par Hassan Zakariaa avec MAP et AFP

La Coupe d’Afrique des nations 2025, organisée au Maroc, entre dans sa phase décisive avec des quarts de finale au parfum de sommet continental. Tous les favoris sont au rendez-vous, promettant un menu dense, spectaculaire et incertain, où l’expérience, la jeunesse et la pression populaire se mêlent dans une compétition plus ouverte que jamais.

Un tableau royal pour une CAN à haute intensité

La CAN 2025 tient ses promesses. Après une phase de groupes parfois prudente et des huitièmes souvent tendus, les quarts de finale réunissent l’élite du football africain. Le Maroc, le Sénégal, l’Algérie, le Nigeria, l’Égypte et la Côte d’Ivoire composent un tableau qui ressemble à un panthéon du continent. À ce stade de la compétition, il ne s’agit plus de potentiel ou de projection, mais de capacité à gérer la pression, l’enchaînement des matches et les détails qui font basculer une rencontre.

Le format condensé, l’intensité des rencontres et l’exigence tactique imposent aux sélections un équilibre délicat entre fraîcheur physique et lucidité mentale. Chaque quart apparaît comme une finale avant l’heure, tant l’écart de niveau entre les équipes s’est resserré au fil des années.

Sénégal – Mali : la puissance face à la persévérance

Sur le papier, le Sénégal aborde son quart face au Mali avec le statut de favori assumé. Les Lions de la Teranga montent en puissance depuis le début du tournoi, portés par une ossature expérimentée et un banc capable d’apporter de l’impact. La victoire maîtrisée contre le Soudan en huitièmes a confirmé la solidité d’un collectif qui retrouve son capitaine Kalidou Koulibaly, véritable tour de contrôle défensif.

Autour de lui, la génération dorée sénégalaise continue de répondre présente. Édouard Mendy rassure dans les buts, Idrissa Gana Gueye équilibre le milieu, Sadio Mané demeure le leader offensif, tandis que la jeunesse s’invite avec audace. Le jeune Ibrahim Mbaye, 17 ans, incarne cette transition réussie entre générations, apportant vitesse et insouciance dans un collectif déjà huilé.

Face à eux, le Mali avance sans éclat mais avec résilience. Invaincus sans victoire en phase de groupes, les Aigles ont arraché leur qualification face à la Tunisie aux tirs au but. Leur parcours illustre un football pragmatique, parfois limité dans la créativité, mais difficile à manœuvrer. Pour Tom Saintfiet, l’enjeu sera de transformer cette solidité en audace, afin de déjouer la maîtrise sénégalaise.

Maroc – Cameroun : le choc de la pression et de l’histoire

Le Maroc continue son parcours sans briller pleinement, mais avec une efficacité clinique. Les Lions de l’Atlas ont franchi l’obstacle tanzanien sur la plus petite des marges, grâce à un Brahim Diaz en état de grâce, meilleur buteur du tournoi. Cette victoire discrète n’a pas dissipé les doutes sur le contenu, mais elle a confirmé une maîtrise défensive et une capacité à gérer les temps faibles.

La pression est immense sur les épaules de Walid Regragui et de ses joueurs. Pays hôte, favori désigné, le Maroc est attendu au sommet. Le retour d’Achraf Hakimi apporte une dimension supplémentaire, tant sur le plan technique que symbolique. Mais l’adversaire camerounais représente un test d’une autre nature.

Arrivé en pleine crise, le Cameroun s’est métamorphosé sous l’impulsion de David Pagou, nommé à la tête de la sélection à peine vingt jours avant le début de la compétition. Fidèles à leur réputation, les Lions indomptables semblent se nourrir de l’adversité. Leur capacité à se transcender dans les moments critiques fait planer une menace réelle sur le parcours marocain.

Algérie – Nigeria : duel de puissance et de caractère

L’affiche entre l’Algérie et le Nigeria oppose deux équipes invaincues depuis le début du tournoi. Les Fennecs ont confirmé leur solidité défensive face à une RD Congo accrocheuse, arrachant la qualification au bout d’une prolongation haletante. Leur statistique plaide en leur faveur : trois victoires en phase de groupes, une défense hermétique et une capacité à attendre le moment décisif.

Le collectif algérien s’articule autour d’un Riyad Mahrez efficace et d’une jeune garde prometteuse, incarnée par Ibrahim Maza. L’incertitude plane toutefois sur l’état physique d’Ismaël Bennacer, pièce maîtresse du milieu de terrain, sorti blessé face aux Congolais.

Le Nigeria, de son côté, affiche la meilleure attaque du tournoi. Les Super Eagles ont survolé leur huitième de finale face au Mozambique, portés par la complémentarité d’Osimhen et Lookman. Mais derrière cette puissance offensive se cache une fragilité humaine. La tension visible entre les deux stars lors du dernier match rappelle que l’équilibre d’un vestiaire peut devenir un facteur décisif à ce stade de la compétition. Le sélectionneur Eric Chelle devra préserver l’unité pour transformer le potentiel en performance.

Égypte – Côte d’Ivoire : l’expérience contre la jeunesse

Ce quart de finale oppose deux nations au palmarès impressionnant. L’Égypte, septuple championne d’Afrique, avance avec sobriété. Peu spectaculaire, parfois poussive, elle n’en demeure pas moins redoutable par sa gestion des matches à élimination directe. Mohamed Salah, leader discret mais influent, incarne cette approche pragmatique où l’efficacité prime sur le panache.

La Côte d’Ivoire, tenante du titre, s’appuie sur une génération rajeunie et audacieuse. Sa victoire nette contre le Burkina Faso a marqué un tournant. Les Éléphants ont livré leur prestation la plus aboutie, dominés par l’énergie de leur jeune garde. Amad Diallo, Yan Diomandé et Bazoumana Touré symbolisent cette nouvelle vague, capable de déséquilibrer n’importe quelle défense.

Le choix fort d’Emerse Faé de titulariser le jeune Inao Oulai au milieu de terrain a illustré cette volonté de tourner la page sans renier l’héritage. Discipline défensive, efficacité offensive et solidarité collective ont permis à la Côte d’Ivoire de s’imposer avec autorité. Face à l’Égypte, le défi sera autant tactique que mental.

Une CAN révélatrice d’un football africain en mutation

Ces quarts de finale traduisent l’évolution profonde du football africain. L’écart entre les nations s’est considérablement réduit, les jeunes talents émergent plus tôt et les sélections s’appuient sur des joueurs rompus aux exigences du très haut niveau européen. La CAN 2025 met en lumière cette maturité nouvelle, où la victoire ne se construit plus uniquement sur l’exploit individuel, mais sur la cohérence collective.

La compétition révèle aussi la difficulté de gérer les attentes nationales, la pression médiatique et l’enchaînement des rencontres. Les équipes capables d’absorber ces contraintes auront un avantage décisif dans la course au titre.

Le Maroc, théâtre et enjeu d’un tournant historique

Pays organisateur, le Maroc est au cœur de cette CAN à haute intensité. Les infrastructures, l’ambiance populaire et la ferveur dans les stades confèrent à la compétition une dimension particulière. Pour les Lions de l’Atlas, l’objectif dépasse le simple résultat sportif. Il s’agit de transformer l’attente nationale en énergie positive et de confirmer leur statut parmi les grandes nations du continent.

Les quarts de finale s’annoncent comme un carrefour décisif. Chaque match pourrait faire basculer la hiérarchie établie, consacrer une génération ou rappeler la force de l’expérience. À ce stade, la CAN 2025 ne promet plus, elle exige.

Programme des quarts de finale

Vendredi 9 janvier 2026

17h00 : Mali – Sénégal, Grand Stade de Tanger

20h00 : Maroc – Cameroun, Stade Prince Moulay Abdellah, Rabat

Samedi 10 janvier 2026

17h00 : Algérie – Nigeria, Grand Stade de Marrakech

20h00 : Égypte – Côte d’Ivoire, Grand Stade d’Agadir

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