CAN : Broos, rebâtisseur des "Bafana Bafana" à l'aura altérée pour un soupçon de racisme

CAN : Broos, rebâtisseur des "Bafana Bafana" à l'aura altérée pour un soupçon de racisme

Le sélectionneur belge de l'Afrique du Sud, Hugo Broos, lors d’une une conférence de presse au Grand Stade d'Agadir le 25 décembre 2025, à la veille du match de football de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2025 entre l'Égypte et l'Afrique du Sud. (Photo par FRANCK FIFE / AFP)

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Rebâtisseur salué pour avoir redonné une stature continentale aux Bafana Bafana, Hugo Broos aborde la CAN-2025 avec un capital sportif solide mais une image fragilisée. Si les résultats parlent en sa faveur, une polémique récente autour de propos jugés racistes et sexistes est venue troubler l’aura du technicien belge, dans un pays où les mots portent un poids historique particulier.

Agadir, Maroc - Le Belge Hugo Broos, sélectionneur de l'Afrique du Sud opposée vendredi à l'Egypte de Mohamed Salah à Agadir lors de la CAN, jouit d'une grande popularité au pays pour avoir sorti les "Bafana Bafana" de l'ornière, mais des accusations de racisme et de sexisme ont écorné son image.

Le retour des Sud-Africains en demi-finales de la compétition en 2024 (3e place), pour la première fois depuis 23 ans, puis leur qualification pour la CAN au Maroc et pour la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord, a renforcé la légitimité de Broos, 73 ans.

Avec le Belge aux manettes, le pays organisateur du Mondial-2010 semble avoir enfin les atouts pour reconquérir un trophée remporté une seule fois, il y a 30 ans.

Mais au-delà de sa réussite sportive, l'ancien international belge (31 sélections), Diable rouge lors du Mondial mexicain en 1986, a provoqué une polémique qui a altéré son aura de rebâtisseur des "Bafana Bafana".

Furieux de voir l'un de ses joueurs, le défenseur Mbekezeli Mbokazi, arriver en retard au stage de préparation pour la CAN, il a tenu des propos au cours d'une conférence de presse, le 12 décembre, qui ont choqué dans un pays dominé pendant des décennies par l'apartheid: "Je vais avoir une petite conversation avec lui après l'entraînement et je peux vous jurer que même si ce garçon est noir, quand il ressortira de mon bureau, il sera blanc, car je ne peux pas accepter ce genre de comportement".

L'ancien sélectionneur du Cameroun, champion d'Afrique en 2017, s'en était également pris à l'agente du joueur, Basia Michaels, pour le choix de son futur club (Chicago):  "Cette gamine pense qu'elle connaît quelque chose au football. Si seulement elle était un peu intelligente, elle aurait attendu la fin de la Coupe d'Afrique et même celle de la Coupe du Monde pour recevoir des offres d'autres équipes".

Ces propos ont été dénoncés par le président du Mouvement uni démocratique (UDM) Nqabayomzi Kwankwa, qui les a qualifiés de "racistes et sexistes" et a saisi la Commission africaine des droits humains.

Consécration au Cameroun après des critiques

La polémique s'est finalement tarie lorsque Broos a présenté ses excuses en regrettant des propos "inappropriés" et en jurant n'avoir "jamais voulu tenir des propos racistes ou sexistes".

Ce n'est pas la première fois de sa carrière que Broos se retrouve au cœur des critiques. En 2016, lorsqu'il a pris la tête des Lions Indomptables, il a dû essuyer celles de la presse camerounaise, qui ne croyait pas en lui, pendant un an, avant de les faire taire en devenant, contre toute attente, champion d'Afrique avec une équipe d'outsider.

Un peu comme le groupe dont il dispose avec les Bafana Bafana au Maroc, composé en très grande majorité de joueurs des deux grands clubs sud-africains, les Mamelodi Sundowns et les Orlando Pirates.

Dans cette CAN, les Sud-Africains ont débuté par une victoire logique contre l'Angola (2-1) qui leur permet de contester la première place du groupe B aux Egyptiens, détenteurs du record de titres dans la compétition (7) mais plus sacrés depuis 2010. (Quid avec AFP)

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