CAN Maroc 2025 : entre favoris affirmés, outsiders en éveil et des à-côtés animés – Par Hassan Zakariaa

CAN Maroc 2025 : entre favoris affirmés, outsiders en éveil et des à-côtés animés – Par Hassan Zakariaa

Supporters marocains arrivent au match de football de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) opposant le Maroc au Mali au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le 26 décembre 2025. (Photo de Gabriel BOUYS / AFP)

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À l’issue de la deuxième journée de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc, les premières lignes de force se dessinent sans dissiper totalement le suspense. Si plusieurs grandes nations ont déjà validé leur billet pour les huitièmes de finale, l’incertitude demeure dans de nombreux groupes, portée par des outsiders ambitieux et par une atmosphère populaire exceptionnelle. Entre confirmations sportives, exploits historiques, effervescence économique et culturelle, et mobilisation inédite de la gent féminine, cette CAN confirme qu’elle est bien plus qu’un simple tournoi de football.

Par Hassan Zakariaa avec El Hassan Ben Yahia ET Bassma Rayadi de MAP

Les cadors répondent présents

La deuxième journée a d’abord confirmé la solidité des grandes sélections attendues au rendez-vous. L’Égypte poursuit son parcours sans faute, portée par l’efficacité de Mohamed Salah. Face à l’Afrique du Sud, les Pharaons ont su faire parler leur expérience et leur rigueur défensive, s’imposant sur la plus petite des marges grâce à un penalty transformé par leur capitaine. Deux victoires en deux matches, une qualification déjà acquise, et une impression de maîtrise tranquille.

Même scénario du côté de l’Algérie. Les Fennecs ont assuré l’essentiel face au Burkina Faso, décrochant à leur tour une qualification anticipée pour les huitièmes. Riyad Mahrez, encore décisif, s’impose comme le moteur offensif d’une équipe qui avance avec assurance. Auteur de trois buts depuis le début de la compétition, le capitaine algérien confirme son statut de valeur sûre et d’homme des grands rendez-vous.

Le Nigeria, finaliste de la précédente édition, a quant à lui marqué les esprits par son jeu spectaculaire. Les Super Eagles ont validé leur qualification grâce à une attaque flamboyante menée par Victor Osimhen et un Ademola Lookman omniprésent. Leur victoire face à la Tunisie a rappelé que cette équipe possède à la fois la puissance physique, la créativité offensive et le mental nécessaires pour aller loin dans la compétition.

Le Maroc, la Côte d’Ivoire et le Cameroun sous tension

Tous les favoris n’ont cependant pas encore assuré leur avenir. Le Maroc, pays hôte, a concédé un match nul face au Mali qui maintient le suspense dans le groupe A. Les Lions de l’Atlas conservent leur destin entre leurs mains, mais devaient impérativement conclure lors de la troisième journée face à la Zambie lundi. L’attente se cristallise autour du retour annoncé d’Achraf Hakimi, absent lors des deux premières rencontres. Son apport est perçu comme déterminant pour redonner de l’équilibre et de la profondeur au jeu marocain.

Dans le groupe F, considéré comme l’un des plus relevés, la Côte d’Ivoire et le Cameroun se sont neutralisés au terme d’un choc intense et engagé. Ce match nul laisse les deux géants africains dans l’obligation de jouer leur qualification lors de la dernière journée. La rivalité historique entre les deux sélections, la densité physique et l’intensité tactique ont offert l’un des grands moments de cette CAN, sans pour autant livrer de verdict définitif.

Les outsiders écrivent leur histoire

Au-delà des favoris, cette deuxième journée restera surtout marquée par l’irruption spectaculaire des outsiders. Le Mozambique a signé un exploit retentissant en s’imposant face au Gabon. Il s’agit de la première victoire des Mambas dans l’histoire de la CAN, un succès fondateur qui relance totalement leurs ambitions et symbolise la réduction progressive de l’écart entre les grandes nations et les sélections émergentes.

Le Bénin a également vécu un moment historique. Après cinq participations sans victoire en phase de groupes, les Guépards ont enfin décroché un succès qui les installe dans une nouvelle dimension. Discipline collective, engagement et lucidité tactique ont permis à cette équipe de prouver qu’elle n’est plus un simple figurant sur la scène continentale.

Autre résultat marquant, la victoire du Soudan face à la Guinée équatoriale a bouleversé l’équilibre de son groupe. Peu attendue à ce niveau, la sélection soudanaise s’offre une bouffée d’oxygène et rappelle que la CAN reste un tournoi où chaque match peut redistribuer les cartes.

Entre expérience et longévité

Cette journée a aussi été marquée par des symboles forts. Pierre-Emerick Aubameyang, en marquant pour le Gabon, est devenu l’un des joueurs les plus âgés à inscrire un but dans l’histoire de la compétition. À contre-courant d’un football souvent obsédé par la jeunesse, l’attaquant gabonais a rappelé que l’expérience et la longévité demeurent des atouts précieux.

Dans le même temps, le Gabon a vécu une soirée difficile en encaissant trois buts face au Mozambique, une situation inédite depuis la CAN 2000. Un rappel brutal que l’histoire ne protège pas des surprises et que chaque génération doit se battre pour maintenir son rang.

La CAN, moteur économique et commercial

La CAN 2025 ne se joue pas uniquement sur les pelouses. Elle dynamise aussi l’économie locale, notamment dans le secteur de l’électroménager. À Rabat et dans d’autres grandes villes, les téléviseurs ont retrouvé une place centrale dans les foyers. À l’approche du tournoi, de nombreux consommateurs ont profité de promotions attractives pour s’équiper de grands écrans, privilégiant le confort et la convivialité du visionnage collectif.

Les commerçants témoignent d’une affluence soutenue, alimentée par les campagnes promotionnelles des fournisseurs et par l’engouement populaire. Les modèles de grande taille, dotés des technologies les plus récentes, connaissent un succès particulier, aussi bien auprès des particuliers que des cafés et restaurants désireux d’offrir une expérience immersive à leur clientèle. La CAN devient ainsi une véritable fenêtre commerciale, confirmant son impact bien au-delà du strict cadre sportif.

La mode africaine à l’honneur

À Fès, la CAN a également inspiré une célébration culturelle originale. Les stagiaires de l’OFPPT ont organisé un défilé de mode intitulé Afrika Fashion Show, mettant à l’honneur la diversité et la richesse des cultures africaines. À travers plus de quarante créations, les jeunes stylistes ont revisité les codes vestimentaires du continent, mêlant traditions et modernité.

Chaque tenue racontait une histoire, incarnant l’identité d’un pays participant à la CAN. Ce projet, fruit de plusieurs mois de travail, a permis aux stagiaires de valoriser leur savoir-faire tout en affirmant l’ouverture de l’institution sur son environnement culturel et social. Une illustration supplémentaire de la manière dont la CAN irrigue les expressions artistiques et créatives.

La gent féminine au cœur de la ferveur

L’une des images fortes de cette CAN 2025 reste sans doute la présence massive et engagée des femmes marocaines. Dans les stades, les cafés et les foyers, elles suivent les matches avec passion, analysent le jeu et participent pleinement aux débats footballistiques. Cette évolution témoigne d’un changement profond dans le rapport des femmes au football, désormais vécu comme une passion partagée et assumée.

Dans les tribunes, les supportrices donnent une nouvelle âme aux enceintes sportives, créant une atmosphère festive et moderne. Dans les cafés, elles commentent les choix tactiques, discutent pressing, hors-jeu et animation offensive, rompant définitivement avec l’image de la spectatrice occasionnelle. Le football devient un espace de culture commune, de dialogue et d’émotions partagées.

Cette mobilisation féminine dépasse largement le cadre de la CAN. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large, nourrie par les succès récents des Lions et des Lionnes de l’Atlas sur la scène internationale. Pour beaucoup, soutenir l’équipe nationale est devenu un acte de fierté collective, une manière de participer à une aventure nationale qui transcende les générations et les genres.

Une compétition plus ouverte que jamais

À l’issue de cette deuxième journée, une certitude s’impose : la CAN 2025 est plus indécise que jamais. Les favoris assument leur statut, mais les outsiders refusent de se résigner. Chaque groupe conserve sa part de suspense, promettant une troisième journée décisive, faite de calculs, de tension et d’émotions.

Dans les stades comme en dehors, le Maroc vit pleinement sa CAN. Une compétition qui conjugue sport, économie, culture et société, et qui confirme, une fois encore, que le football africain est un miroir fidèle des dynamiques du continent : imprévisible, passionné et profondément vivant.

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